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La "Sylve d'Argenson" et la fondation du Prieuré

 La Sylve d'Argenson

Pour faire vivre une Abbaye, il lui faut des revenus réguliers, et à cette époque ils proviennent essentiellement de l'exploitation agricole, et donc, les puissants vont doter les abbayes d'un certain nombre de terres. A charge aux moines de les faire fructifier et d'y établir des Prieurés afin d'en assurer la gestion.
Dans la seconde moitié du XIIe siècle, on considère généralement que l'ordre de Cluny compta plus de 1000 établissements grands ou petits,.
 
Au sud de Poitiers, Guillaume possédait une vaste forêt, la Sylve d'Argenson qui servait essentiellement de territoire de chasse pour lui et ses vassaux. L'essentiel était recouvert d'épais taillis et d'arbres de taille moyenne. L'on ne pouvait y pénétrer qui difficilement et le gibier y abondait. Sur une largeur de 7 à 15 kilomètres, la Forêt d’Argenson s’étendait sur une longueur de près de 120 kilomètres,  de l'ancien Golfe des Pictons (au bord du Marais Poitevin au sud ouest de Niort) jusqu’à la Vallée de la Charente 
Son nom s'écrira différemment selon les époques : Cette foret porte le nom de Sylva Argenconium, dans une charte de 1107, par laquelle Guillaume X, duc d’aquitaine, et comte de Poitou, confirme à l’abbaye de Montierneuf le droit d’usage qu’elle avait dans cette forêt, et ces droits, ce monastère les possédait encore à la révolution. 
On retrouve le nom de Sylva de Ariacon, dans un jugement rendu, vers 1135, au profit de l’abbaye de Montierneuf, par des délégués du Saint-Siège, au sujet du prieuré de la Foye-Montjault et des droits qui en dépendaient.

 
En plusieurs endroit, essentiellement au bord de rivières, cette forêt avait été défrichée plus de mille ans auparavant par les différentes tribus gauloises : Pictons et Santons, qui s'y étaient établis, comme par exemple à Doeuil, Usseau ou Priaires, au bord du Mignon. Ils succédaient aux néolithiques qui y avaient construit des Tumulus 4000 ans auparavant.
 
Empreinte de la foret d'Argenson et délimitation des territoires des tribus gauloises des Santons et Pictons. A priori, le territoire de La Foye est situé juste sur la limite. 
 
A l'Est du village d'Usseau, il y avait un massif boisé couvert de hêtres (dont le nom latin est  "Faia"). Comme sur ce massif il n'y avait pas de communauté établie, Guillaume décida de le donner  à l'Abbaye de Montierneuf tout en laissant le contrôle militaire à son vassal, le seigneur de Chizé.. 
Ce massif boisé se situe sur une grande colline allongée orientée est-ouest, délimitée par deux rivières : la Courance au nord et le Mignon au sud [1]

Jusqu'au XIe siècle, la commune était entièrement recouverte d'arbres.
Ceux-ci étaient malingres, peu développés, favorisant le développement
de broussailles et rendant le franchissement difficile. Il ne subsiste aujourd’hui
que quelques parties de la forêt originelle, telles que le bois de La Foye,
la forêt de Chizé ou celle de Benon.

Le don de la revestiture de La Foye
En fondant l’Abbaye de Montierneuf, le Comte du Poitou, Guy-Geoffroy-Guillaume VIII, souhaitait "bâtir pour l‘éternité" afin de s'attirer la grâce divine. Afin de lui permettre de survivre et de prospérer, il décide de doter l’abbaye, dès la création, de nombreux biens fonciers en sa possession
Dans la longue liste des terres qu’il donne en « Saintonge », figure une zone à défricher (revestiture) dans la forêt d’Argenson, la « revestiture de Faia ». Ce qui confirme qu’à l’époque toute la région de la Foye était couverte de bois, principalement de hêtres (Faia), et elle portait le nom de cet arbre. Ce mot « Faïa » deviendra ensuite « Faya Monacalis », la « hétraie des moines », puis bien plus tard la « Foye-Monjault ». 
Cette zone comprend le bois de la Foye, et toutes les terres au sud de Vallans, et délimitées à l’ouest par Usseau et au sud par la route de la Charrière. Mais elle ne comprend pas les terres du Grand-Bois, celles-ci dépendant du domaine de Prissé. Il faudra attendre 1888 pour que ce petit village lui soit rattaché. Par compte, le village du Cormenier sera rattaché au prieuré de La Foye jusqu’à la Révolution. 
 
La Charte de Guillaume
Voici ce que nous lisons dans la charte de sa fondation (du 28 janvier 1077), par Guillaume VIII, duc d’Aquitaine, comte de Poitou :  

 

Cette charte, relatée par Dom Fonteneau, reçut les sceaux de Guy-Geoffroy-Guillaume d'Aquitaine, d'Oddon, abbé de Cluny, d'Hugues de Lusignan, de Borelli de Montreuil-Bonnin et de Gerbert de Saint-Jean. Notons qu’il existe une autre charte de donation écrite à la même date, mais beaucoup plus "détaillée". Cependant, il est difficile d'en tenir compte car l'original a disparu, et plusieurs auteurs l'ont qualifiée de faux ou d'acte refait.
Cette charte cite des lieux très dispersés géographiquement : Loulay, Montroy, La Foye-Monjault, Jard-sur-Mer...

Notes:

Revestitura : le rédacteur précise que le domaine de La Foye est une revestiture, c'est-à-dire une terre à reconquérir sur la friche, à déboiser.

Carretam (la Charrière): Cette voie était encore fréquentée au XIème siècle ; On voit en effet dans la charte de fondation de l’abbaye de Montierneuf, que Guillaume VIII limite la donation qu’il fait à ce monastère à « via quae transit per Carretam » (la Charrière) « usque ad viam quae transit per Ussel » (Usseau). Quant à cette voie passant, par la Charrière, elle n’a pas encore été étudiée, mais nous pensons qu’elle devait, partant d’Angoulins, point important sur l’Océan à l’époque romaine, se diriger sur Melle, et mettre ainsi Poitiers en communication directe avec les côtes.
 
Le grand défrichement
 

Avant l’an mil, la Forêt d’Argenson etait entièrement couverte de bois, avec de-ci de-là quelques clairières ou zones de friches. Mais elle n’était pas occupée de façon homogène. Au dela d'un vaste territoire de chasse elle était aussi utilisée pour le bois et le pacage des animaux.

Elle avait déjà été attaquée dès 1059 : A l’est pour créer la seigneurie de Chizé, au milieu pour établir une route entre Saint-Jean d’Angély et Niort, sur laquelle sera établi un relais qui deviendra plus tard le village de Beauvoir (c’est vers cette date que le bois de la Foye se détache de la forêt de Chizé), et plus au sud, lors de la création de nouveaux villages tels Villeneuve, Belleville..

Du Serf au Vilain

La majorité des terres sont des « alleux », c'est-à-dire des terres sans seigneurs. Et il y a parfois des « manses », terres concédées aussi bien à des paysans libres qu’à des esclaves. A partir de l’an mil, le statut des paysans se modifie avec l’apparition des nombreux seigneurs. L’esclavage disparait peu à peu, Ils deviennent des « serfs », c'est-à-dire dépendants d’un seigneur dont ils exploitent la terre. Le servage se transmet héréditairement et l’on est serf de père en fils. Ils demeurent non-libres mais peuvent posséder des biens propres. Leur seigneur et maître leur doit protection, mais peut les vendre, les échanger ou les donner.

Apparaitront aussi les colons, ni totalement libres, ni serfs, qui seront proposés à la mise en culture de terres à défricher, en échange d’une partie des récoltes (le Cens), qui sera dû au seigneur, ou prieur en cas de possession religieuse.

 

Au début du XIIIème siècle le mot de serf ou colon disparaitra pour devenir paysan ou vilain (villani).

Une vie difficile

Jusqu’à l’an mil, les serfs possédaient peu de terre arable. Les terrains aptes à être ensemencés sont très rares parce que les bois occupent une vaste surface. Les difficultés pour subsister sont immenses; aussi recourent-il à l'essartage.
II ne s'agit pas d'un simple défrichement, mais plutôt de la mise en culture périodique, pour un an ou deux, d'une portion de terrain boisée ou broussailleuse que l’on coupait et brulait, et qui retournait ensuite à l'état de bois ou de bruyère.

La vie de paysan n’était pas facile. Essartage, semailles, moissons, corvées d’eau, élevage d’animaux, rien n’est épargné. Comme partout à cette époque, la mortalité infantile était très élevée. Seuls les plus résistants, les plus chanceux, survivaient et arrivent à l’âge adulte. Les familles de trois à quatre enfants semblent être la norme.



Cartulaire de l'abbaye de Moissac

Sur cette carte de  notre région vers l'an Mil on voit qu'entre Chizé et Usseau, la forêt est continue.  Il faut noter que Doeuil, Usseau existe depuis les Gaulois.
 
 4/ La Foye est créée en 1077
En fondant l’Abbaye de Montierneuf, le Comte du Poitou, Guy-Geoffroy-Guillaume VIII, souhaite "bâtir pour l‘éternité" afin de s'attirer la grâce divine. Afin de lui permettre de survivre et de prospérer, il décide de doter l’abbaye, dès la création, de nombreux biens fonciers en sa possession, parmi lesquels le domaine de La Foye.

La « revestiture » de La Foye
C’est par une charte établie le 28 janvier 1077, que Guy-Geoffroy-Guillaume officialise ces donations.
Dans la longue liste des terres qu’il donne en « Saintonge », figure une zone à défricher (revestiture) dans la forêt d’Argenson, la « revestiture de Faia ». Ce qui confirme qu’à l’époque toute la région de la Foye était couverte de bois, principalement de hêtres (Faia), et elle portait le nom de cet arbre. Ce mot « Faïa » deviendra ensuite « Faya Monacalis », la « hétraie des moines », puis bien plus tard la « Foye-Monjault ».
Cette zone comprend le bois de la Foye, alors détaché de la forêt de Chizé, et toutes les terres au sud de Vallans, et délimitées à l’ouest par Usseau et au sud par la route de la Charrière. Mais elle ne comprend pas les terres du Grand-Bois, celles-ci dépendant du domaine de Prissé. Il faudra attendre 1888 pour que ce petit village lui soit rattaché. Par compte, le village du Cormenier sera rattaché au prieuré de La Foye jusqu’à la Révolution. 
Pour en savoir plus… La charte de Guillaume 



 
Mais en cette fin du XIème siècle, les terres de La Foye restent recouvertes de bois, ce qui explique qu’il était certainement plus facile de les céder, aucun paysan n’y étant vraiment établi pour les cultiver.
Peu de temps après la donation en 1077, Hugues, l'abbé de Cluny, souhaite mettre en valeur ce nouveau domaine.  Dés les années 1080, il envoie quelques moines de Montierneuf pour recruter des paysans sur place et commencer le défrichage pour en faire des terres cultivables.
Ce défrichement est effectué par des « serfs » qui recherchent des terres de labour et aussi un lieu pour établir leur famille. Dans les textes, les terres défrichées se disent « essarts » ou « revetisons », des termes que l’on rencontre souvent dans les environs.
Les religieux participent eux-même au défrichage et se réservent « le gros bois » dont ils ont besoin pour leurs charpentes et leurs meubles. C’est la « dîme des essarts ». 
Le reste du bois est utilisé par les défricheurs pour leurs constructions, alors rudimentaires, et pour le chauffage. Un écrit de la fin du XIème siècle précise que personne n’a le droit de vendre ce bois, ni le donner, ni l’accepter, ni en vert, ni en sec (« Ut in bosco nullam potestatem haberet nec vendendi, nec donandi, nec accipiendi, nec in viridi, nec in sicco », Gallia christiana)

Ce déboisement aura pour effet de grignoter les lisières de la forêt d’Argenson partout où la qualité du sol s’avérera suffisante pour porter des cultures. Une partie subsistera, le « Bois de La Foye », peut-être parce qu’elle est trop caillouteuse.

Dès le début, sous l’impulsion des moines, on favorise la culture de céréales mais aussi la plantation de vignes car la terre y est favorable. On élève également quelques animaux, le bois servant de clôture aux pacages. 

Le modèle imposée par les moines de Cluny, représenté par le prieur, est partout le même à cette époque: Ils confient l’exploitation des terres à ceux qui les défrichent. En échange ces derniers doivent verser chaque année la « dîme », c'est-à-dire une partie de leurs récoltes. En ce qui concerne la vigne, pour laquelle il faut un certain nombre d’années avant de produire, un contrat spécifique est mis en place: le complant. Pendant les premières années, la récolte appartient entièrement au paysan. Ensuite la surface plantée est arpentée et la vendange est partagée entre le prieuré d’une part, et le paysan. 
Plus tard on parlera de deux envoyés de Cluny prieurs de La Foye : Aimardus et Guillermus, mais on a très peu d’écrits a leur sujet. 
Quelques décennies plus tard, l’abbé de Montierneuf envoie l’un de ses moines bâtisseurs, Petrus Erispelli, pour construire le prieuré et sa chapelle « a primo lapide » (les premières pierres). 

3/  En 1076, Guillaume fonde l’abbaye Saint-Jean de Montierneuf

En 1069, Guy-Geoffroy-Guillaume VIII, Comte du Poitou et Duc d’Aquitaine, divorce de Mathéode, sa seconde femme pour épouser Audéarde de Bourgogne, sa cousine au 4ème degré dont il avait eu un fils naturel en 1071. Le pape Grégoire VII, qui jugeait cette union incestueuse, tenta à plusieurs reprises de la faire annuler. Furieux, le Duc fait attaquer l'abbaye de Maillezais où se tenait la réunion d'instruction du divorce. "La noblesse de sang s'altère et se corrompt bien fort quand les enfants mis au monde sont le mélange d`un mariage illégitime et défendu" écrivait le pape. "Donc que le Duc la fasse éloigner de lui afin que la soumission et obéissance qu`il offre à Dieu serve d’exemple et de miroir à chacun, et que le diable ne trouve invention de troubler son salut". 

Mais à l’époque il ne fait pas bon de s’aliéner la protection de l’église. Pour se réconcilier avec le Pape, Guillaume décide d'agrandir une modeste église qu'il avait fondée en 1069 en dehors des remparts Nord de Poitiers, et de la transformer en monastère. En fondant ce monastère ("monasteri novi"), dont le nom se transformera ensuite en "Montierneuf", le duc d'Aquitaine est donc censé "expier ses fautes". Finalement, l'affaire sera étouffée et Audéarde demeurera avec son mari.

 

La construction de ce monastère ayant été autorisée par le pape Grégoire VII en 1076, les travaux démarrent immédiatement. Ce sera une abbaye-monastère placée sous l’autorité de l’abbaye de Cluny et dès l’année suivante, Guillaume en confie la tutelle à l'abbé Hugues de Semur, abbé de Cluny, dont il était cousin par sa femme. Celui obtient la nomination des abbés de la nouvelle abbaye, Saint-Jean de Montierneuf. Bâtie sous le patronage de la Vierge, de saint Jean-Baptiste, des apôtres André, Simon et Jude, elle sera consacrée par le pape Urbain en 1096, lorsqu'il vint prêcher la Croisade en Poitou.

 

Dès 1076, Guy de Reynel, moine de Cluny sera détaché du grand monastère bourguignon et s'installera à Poitiers avec dix-huit moines et leurs serviteurs. Ce seront eux qui susciteront la création de plusieurs prieurés ruraux sur les terres concédées en Poitou, Aquitaine Saintonge et Aunis, dont le prieuré de La Foye.

 

Guillaume VIII, saisi d’une violente maladie lors d’un séjour au Château de Chizé, y décèdera le 24 septembre 1086. Son corps sera ramené à l’abbaye le 28 du mois, ou il sera enterré au milieu de la grande nef. Recueil des documents relatifs à l'abbaye de Montierneuf de Poitiers (1076-1319), publié par François VILLARD. Poitiers, (Archives historiques du Poitou). 

Pour en savoir plus…liste des abbés de Montierneuf

 


 

4/ La Foye est créée en 1077

En fondant l’Abbaye de Montierneuf, le Comte du Poitou, Guy-Geoffroy-Guillaume VIII, souhaite "bâtir pour l‘éternité" afin de s'attirer la grâce divine. Afin de lui permettre de survivre et de prospérer, il décide de doter l’abbaye, dès la création, de nombreux biens fonciers en sa possession, parmi lesquels le domaine de La Foye.

 

La « revestiture » de La Foye

C’est par une charte établie le 28 janvier 1077, que Guy-Geoffroy-Guillaume officialise ces donations.

Dans la longue liste des terres qu’il donne en « Saintonge », figure une zone à défricher (revestiture) dans la forêt d’Argenson, la « revestiture de Faia ». Ce qui confirme qu’à l’époque toute la région de la Foye était couverte de bois, principalement de hêtres (Faia), et elle portait le nom de cet arbre. Ce mot « Faïa » deviendra ensuite « Faya Monacalis », la « hétraie des moines », puis bien plus tard la « Foye-Monjault ».

Cette zone comprend le bois de la Foye, alors détaché de la forêt de Chizé, et toutes les terres au sud de Vallans, et délimitées à l’ouest par Usseau et au sud par la route de la Charrière. Mais elle ne comprend pas les terres du Grand-Bois, celles-ci dépendant du domaine de Prissé. Il faudra attendre 1888 pour que ce petit village lui soit rattaché. Par compte, le village du Cormenier sera rattaché au prieuré de La Foye jusqu’à la Révolution.

Pour en savoir plus… La charte de Guillaume


 

On peut indiquer la création d'un prieuré bénédictin de Montierneuf de Poitiers, à la Foye, qui ne tarda pas à s'appeler la Foye-Monjault (Faia Monachalis); le prieuré existe dès avant 1135 (39); la charte de fondation de Montierneuf paraît bien indiquer un massif boisé compris entre la Foye, Usseau, la Charrière et le Cormenier, massif très réduit aujourd'hui, surtout du côté de la Foye et d'Usseau ; l'action des moines a sans doute fort contribué à diminuer l'étendue de ce bois.

Au nord de la forêt de Chizé, l'abbaye de Montierneuf établira un autre prieuré, à Marigny (40). L'abbaye de Saint-Séverin est fondée, dans la forêt même de Chizé, nous dit la chronique de Maillezais (41) ; elle va repousser quelque peu la lisière méridionale de la forêt, tout en installant un prieuré en plein cœur de la forêt, à Villiers-en-Bois, et un autre, à l'ouest, à Saint-Martin-d'Augé (42).

La toponymie nous fournit d'ailleurs deux hameaux appelés les Essards, situés l'un dans la commune de Marigny, l'autre dans la commune de Villiers-en-Bois.

 
 

Par la charte du 28 janvier 1077, qui dresse l'état des privilèges et des biens concédés à la nouvelle abbaye, le duc-comte donne à Montierneuf d'importants domaines à la limite du Poitou et de la Saintonge, et le bois de la Foye, au nord-ouest de la forêt de Chizé, avec la Foye, le Cormenier, Usseau (18).

 C'est aussi au comte Guy-Geoffroy qu'il faut, semble-t-il, attribuer la donation, à l'abbaye de Sainte-Radegonde de Poitiers, du domaine des Fosses, attenant à la forêt de Chizé (19).

 

Guy-Geoffroy meurt en son château de Chizé, en septembre 1086.

 

La période des concessions d'usages dans la forêt à des églises ne paraît pas dépasser le XIIe siècle.

Faut-il à propos de la forêt de Chizé, reprendre l'expression si usitée de « défrichement monastique »? Nous ne trouvons en fait aucune de ces grandes abbayes bénédictines ou cisterciennes qui, si souvent, firent à cette époque reculer la forêt.


L'exploitation de la forêt, jusque- là réservée essentiellement aux grands domaines ecclésiastiques, s'amplifie à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle, par la création de villes neuves.

La poussée démographique, si forte alors, provoque l'installation « d'hôtes », classe nouvelle de paysans, bénéficiant d'intéressants avantages destinés à les attirer en de nouveaux points de peuplement, sur des terroirs de valeur moindre que ceux plus anciennement exploités (44).

 

En un demi-siècle, plusieurs bourgs sont créés, au sud-ouest de la forêt de Chizé, le long de la grande voie qui mène de Niort à Saint-Jean-d'Angély : Belleville, la Cigogne, Villeneuve-la-Comtesse, et, vraisemblablement, la Croix-Comtesse.

Belleville est la première fondation, et c'est sans doute à Henri II et à Aliénor qu'il faut l'attribuer.

Dès le départ un certain nombre de libertés furent attribuées à la ville (45), et si nous ne connaissons pas la charte même de Belleville, nous pourrons du moins en avoir une idée valable lorsque nous analyserons la charte de Villeneuve, puisque cette dernière a été établie sur le modèle de celle de Belleville.

Située un peu au sud de Belleville, la Cigogne reçoit vers cette même époque, des « libertés » (47) qu'en 1190 le roi Richard confirme et développe, à l'occasion d'un conflit, en une cour solennelle tenue à Chinon (48).

Les privilèges accordés sont importants : les gens de la Cigogne prendront en la forêt feuillages et bois sec pour se chauffer, et tous les arbres nécessaires à leur usage (omne nemus per radicem ad omne necesse); ils pourront y trouver, pour leur bétail, et des pâturages et du foin; ils pourront chasser les lièvres, les lapins, les loups et toutes bêtes qu'ils pourront tuer avec une flèche; s'ils trouvent des essaims, ils se les approprieront ainsi que l'arbre où ils seront.

A côté de ces larges droits d'usage dans la forêt, les habitants de la Cigogne reçoivent un certain nombre d'autres privilèges : droit de tenir une cour pour juger des conflits qui pourraient surgir entre eux; en cas d'homicide ou de trahison, le coupable devrait se munir de lettres de l'évêque et se rendre auprès du pape pour solliciter son pardon; congé de vendre et d'acheter dans toute l'étendue du comté du Poitou sans payer de droits; libre possession et acquisition de biens meubles et immeubles; exemption de toutes obligations militaires. Les redevances sont minimes en contre-partie de leurs usages en la forêt (49) : un setier de froment chaque année, un repas tous les trois ans (50) au comte ou à son représentant, ainsi qu'à une suite de deux chevaliers, trois écuyers, trois pages, et de l'avoine pour dix chevaux, ce repas étant donné à l'occasion d'une grande chasse dans la forêt, le gibier devant alors revenir aux gens de la Cigogne; si la chasse ne devait pas avoir lieu, il y aurait, à sa place, une redevance de 20 sous; si les chasseurs dépassaient la dizaine, les frais supplémentaires seraient à la charge du comte; enfin si la maison où devait avoir lieu le repas venait à être détruite, le comte donnerait 60 s. t. pour aider à sa réédification.

La fin de la charte réglait un différent au sujet de la possession d'essarts, et on peut penser que ces essarts se situaient entre la Cigogne et la forêt, c'est-à-dire aux environs du village actuel de Boisserolles.

Un grand nombre de chartes du XVe siècle relatives à la Cigogne visent également Boisserolles (51), unissant les droits d'usage de ces deux villages et le premier règlement forestier donne pour Boisserolles les mêmes usages que pour la Cigogne.

Il est vraisemblable de penser à une union assez ancienne, sans doute même remontant à l'époque même de la charte de Richard Cœur de Lion.

 

Création de Villeneuve d’Argenson, par la suite nommée Villeneuve-la- Comtesse en souvenir d’Alix. 

Si, comme semble bien l'indiquer la teneur de la charte des privilèges de Villeneuve (Villam novam de Arganconio), cette ville a été fondée par Raoul avant son mariage, il faut admettre qu'au moins en 1194 ou avant cette date Raoul avait reçu le territoire où il créa Villeneuve, sinon l'ensemble de la seigneurie de Chizé.

Les libertés et coutumes de Villeneuve, calquées sur celles de Belleville (53), furent confirmées par Aélis, comtesse d'Eu, veuve de Raoul d'Exoudun, en novembre 1235 (54).

Moi, Aéliza, Comtesse d'Eu, je fais connaître à tous, pour le présent et le futur, ceci : lorsque j'ai reçu en legs Villeneuve d'Argençon,  située entre Belleville et Croix la Comtesse, j'ai trouvé dans ce village, les libertés et les coutumes suivantes, accordées à ce village et à ses habitants, sous serment par Raoul, jadis mon époux, lorsqu'il a fondé ce village sur les conseils de ses hommes.

Telles sont les libertés de ce village, imposées et concédées depuis le début ainsi que je l'ai appris de plusieurs, sous la foi du serment : ils furent présents personnellement à la fondation du village.

Il fut établit que quiconque viendra là serait tenancier et recevrait un domaine sur lequel il payerait chaque année à Noël deux sous de monnaie courante et six deniers, et tout autant à la fête de la Saint-Jean-Baptiste (24 juin) quatre chapons à la fête de la Toussaint, de toute terre qui sera donnée avec le domaine pour la cultiver, sera due la onzième gerbe en redevance foncière. Il a été de même établi que si par hasard le paiement était différé jusqu'au dimanche le plus proche après l'octave de Noël ou de Saint Jean Baptiste, pendant ce temps, personne ne pourrait être dégagé de sa dette en aucune manière.

Tous les hommes auront un plein usage de la forêt d'Argençon, à l'exception de trois arbres : le chêne, le hêtre et le frêne.

Quand quelqu'un voudra prendre du bois de construction, il le fera de tout arbre qu'il voudra sous la surveillance des gardes forestiers, sans lesquels les villageois ne pourront rien prendre comme bois de construction, mais si en dehors de toute surveillance, ils sont trouvés en train de couper ce qui est interdit, à moins d'être pris sur le fait, et si, en dehors de la forêt ils sont trouvés dans le même délit, ils ne payeront aucune amende parce qu'en dehors de la forêt, ils ne seront pas poursuivis, à l'intérieur ils seront taxés de cinq sous.

Personne du village ne sera cité en justice en dehors du village, par un seigneur du village, ni ne payera la taille, ni ne fera le service des armes, ni la chevauchée ou les chemins, ni ne payera quelque droit sur les porcs. Personne ne pourra être taxé pour un délit quelconque au-delà de cinq sous, sauf pour homicide, vol ou blessure entraînant la mort.

Si un habitant de ce village a fait des coupes dans les bosquets qui entourent le village et s'il est pris sur le fait, pour amende, il payera quinze sous et tout autant s'il a été trouvé en train de tendre des pièges aux lapins ou s'il les a chassé.

Si un boeuf, une vache, un cheval, un âne, une jument, une ânesse ou une autre bête a été trouvé faisant des dégâts dans les mêmes bosquets, l'amende sera de cinq sous.

Tous les hommes du village feront cuire leur pain à mes fours, selon les us et coutumes de Belle Ville, car ce village a été, en effet, fondé selon les us et coutumes de Belle Ville.

Moi, Aéliza, Comtesse, avec l'accord de la commune, j'ai ajouté ceci : les habitants du village ne pourront vendre à un autre seigneur du village, un chapon ou une poule, si ce n'est au prix sur lequel on s'est entendu dès le début, c'est à dire que pour chaque chapon, on ne perçoive que les six deniers de la monnaie courante du Seigneur du Village...

Quiconque du village vendra de la viande au village donnera en dîme au Seigneur du village, un boeuf pour douze deniers de revenu, un porc pour six deniers, un bélier pour quatre deniers.

Pour que tout ce qui est consigné ci-dessus ait plus de sureté pour l'avenir, j'ai apposé mon sceau sur la présente charte, l'an du Seigneur mille deux cent trente cinq, au mois de novembre.

Villeneuve avait en effet été donné en douaire à Aélis par son mari et, à la mort de celui-ci, elle en garda la jouissance à ce titre.

La charte de création de Villeneuve accorde des droits d'usage, des franchises, et fixe quelques redevances.

Tous les habitants de la ville auront leur plein usage dans la forêt, à l'exception de trois arbres, chêne, hêtre et frêne; toutefois, lorsqu'il s'agira de construire une nouvelle maison, n'importe quel arbre pourra être utilisé, à condition de se le faire

De la Restauration à la IIIème République

 

C’est à Claude Dupin, premier préfet des Deux-Sèvres de 1800 à 1813, que revient la tâche de pacification et de redressement économique. Dès lors, l'histoire du département des Deux-Sèvres suit celle du pays.

Toute la période suivante sera faste pour les habitants de La Foye dont certains s’enrichiront grâce au commerce du vin, mais les générations successives de jeunes paieront un lourd tribut aux différentes guerres qui se succèderont et priveront de bras les vignerons et agriculteurs de la commune. Ce seront les Guerres coloniales, et surtout l’épisode douloureux de la guerre Franco-prussienne de 1870, qui feront beaucoup de morts parmi les conscrits de La Foye. La liste est impressionnante.

 Sous la Restauration 

Après la fin du premier Empire et l’épopée Napoléonienne, c’est le retour de la monarchie (la Restauration).

Trois Rois se succéderont (Louis XVIII (Juillet 1815-Septembre 1824), Charles X (Septembre 1824-août 1830), Louis-Philippe (Août 1830 – Février 1848).

La commune compte environ 1000 habitants. Il y a un certain nombre de grands propriétaires, et de nombreux métayers, tâcherons appelés « Journaliers ». Les plus aisés ont des domestiques et femmes de ménage. Tous les métiers nécessaires à la vie de la population (Boulangers, Bouchers, Tisserands…) mais aussi au commerce du vin et Agriculture y sont représentés (Vignerons, Tonneliers, Bourreliers, Forgerons.)  Le vin se vend bien et celui de La Foye continue à avoir une bonne réputation dans la région. Il ne s’exporte plus à l’étranger mais dans tout le nord des Deux-Sèvres. Les foires de La Foye ont grande réputation et il y a beaucoup de monde.

Les notaires

C’est un métier en vogue à La Foye.  Ils seront nombreux à s’y succéder, en charge de dresser les actes et contrats passés entre particuliers.

Au XVIIIème siècle ce sont des notaires royaux. On note André-Augustin VIEN. Puis c’est la famille Delavaud qui y exerce depuis le XVIIème siècle (par exemple Amable-Bernard Delavaud (1773-1832). Vient ensuite Fréderic Theodore Marchesseau qui sera également maire de la commune. Et ensuite LEFEVRE, notaire à La Foye-Monjault.

 

Sous Louis XVIII l’ordonnance royale de 1821, laissa dans le canton de Beauvoir, deux résidences royales. L’une à Beauvoir, l’autre à La Foye Monjault. Cette dernière sera supprimée par décret présidentiel le 4 mai 1903.

Sous le second Empire 

 

En 1848, Louis-Napoléon Bonaparte se fait élire président de la République. Trois ans plus tard il se proclame Empereur sous le nom de Napoléon III. 

A La Foye le commerce du vin est à son apogée. C’est à cette époque que les grands propriétaires vignerons se font construire de grandes maisons bourgeoises dans le village. Pour marquer leur différence, certaines se font couvrir d’ardoise. Toutes ont sur le coté de grands chais munis de pressoirs, et à coté des écuries pour les chevaux. Le personnel y est nombreux et pour les vendanges on fait appels aux journaliers.

On conserve dans des fûts l’eau de vie au « goût de violette » qui se conserve plusieurs centaines d’années. D’ailleurs plus tard la commune de La Foye sera intégrée dans la zone d’appellation contrôlée Cognac.   De nombreuses parcelles de vignes, alors très morcelées, passent souvent de mains au gré des successions.

Le temps des grandes épidémies

Plusieurs épidémies séviront et à cette époque on ne sait pas encore les combattre et il y aura des ravages parmi la population. Dans les registres il y a beaucoup de morts du Choléra et Fièvre Typhoïde, ou quand ils sont trop vieux, de « caducité ».

Le 13 janvier 1855, c’est Augustin Brulay, curé de La Foye qui décède à l’âge de 37 ans de fièvre Typhoïde au presbytère de La Foye.  Déclaration de Jacques Moreau, sacristain de La Foye.

 

Hommage à Napoléon III

A priori le conseil municipal de La Foye appréciera Napoléon III car après sa défaite et son exil en Angleterre, il enverra une lettre de félicitation pour l’anniversaire du Prince Impérial. Et ce sera notaire de la Foye Monjault, Mr Bernuchon qui avec une délégation des Deux-Sèvres, participera à la célébration de la majorité du Prince impérial à Chislehurst (Angleterre) le 16 mars 1874.

 

3/ La IIIème République

Les progrès seront sensibles surtout dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Le développement du réseau routier et ferroviaire et l'introduction de nouvelles activités agricoles et industrielles contribueront à l'essor du commerce et des foires, ainsi qu'au développement de quelques industries (sucrerie à Melle, industrie agro-alimentaire, ganterie, construction automobile à Niort ou dans le nord du département). La Foye profitera de cet essor, mais subira de plein fouet l’impact de Phylloxéra qui réduira à néant son vignoble. S’ensuivra une longue période de déclin, et une nouvelle vie agricole au XXème siècle.


3/ L’âge d’or du Vignoble

Jusqu’en 1875, les vignes occupaient la plus grande partie du territoire communal. Les superficies y avaient doublé, étant passées de 486 ha à 900 ha. Le vin avait une bonne réputation régionale et viellissait bien, jusqu’à 15 ou 20 ans en bouteille selon certains auteurs. Négociants, marchands, courtiers, viticulteurs y faisaient vivre de nombreux métiers. Les foires aux vins de La Foye Monjault étaient très fréquentées. Les transactions duraient 8 jours.

 

L’âge d’or

Pendant quelques années les vins de La Foye continuèrent à s’exporter. En 1879, les prix de l’hectare de vigne varient suivant la qualité du vin : 2500 livres à Beauvoir, 3000 livres à Marigny, 3200 livres au Cormenier, 5000 livres à La Foye Monjault et en comparaison 2000 livres à Pamproux. En plein essor, le canton totalise 4100 hectares de vignes dont 900 à La-Foye-Monjault, 700 à Marigny et 300 à La Charrière.

 

Un habitant de la Région, Justin Arnaud (Cultivateur à La Foye Monjault en 1868-1874), raconta dans un livre (livre de bord et comptabilité), toute cette époque douloureuse pour les habitants de la région.

Les 23, 24, 25 Avril 1873, nos vignes sont toutes gelé, très peu de sauvé. J’ai fait deux barriques.

A la Maisonneuve, le 1er Mai de l’année 1873, beaucoup de foin, très peu de blé.

Le 25 Octobre 1865, j’ai vendu à Monsieur Riffeaut, deux barriques dont une de vin et une de boisson pour 45 francs, payé.

1865. Mr Bernard. Le 30 Novembre je lui ai vendu six barriques de vin, dont notre frère en a fourni une, pour un total de 254 francs. Je dois à Mathé deux charretées de fumier, un tour de fumier à la jument, une autre a deux juments. Je lui ai vendu de vin 45 francs.

Le 22 août 1872, j’ai acheté ma jument à l’âge de 2 ans et demi pour 500 francs.

Mon beau-père Nourrigeon me re-doit 50 francs après notre arrangement du 13 mai 1873.

Récolte de 1874. J’ai vendu une barrique de vin à Sauvaget, facteur à Niort, pour 50 francs.

J’ai vendu des barriques de vin à Piots pour 125 francs, avec les frais.

Nourrigeon. Je lui ai fait vendre ses fagots. Je re-dois 1 franc pour mes fagots de javelle, un tour de fumier au champ du bois, 3 barriques de vin à Niort. Je re-dois 3 demi journées, trois tours de sable, du fumier au champ du bois.

 

La mort des vignes à partir de 1875

Malheureusement, après la crise de l’oïdium en 1845-1850, le phylloxera, l’Attila des pucerons, originaire des Amériques, apparaît en 1875, introduit par des plants de vignes importés par bateau, progressant à une vitesse vertigineuse (20 Km par an).

 

Ce fut un coup de tonnerre. De 1878 à 1885, l’invasion du phylloxéra, détruisit 21700 hectares de vigne dans les Deux-Sèvres. A ces pertes s’ajoutèrent celles occasionnées par le terrible hiver de 1891 et la désastreuse sécheresse de 1883

 

Les premières taches firent leur apparition dans le Fief de la Brousse entre Limouillas et Treillebois. Au départ, on attribuait cette grande tache jaune, à un coup d’orage. En 1881, cependant, la récolte avait été excellente, mais la maladie gagna rapidement du terrain. Le domaine est totalement infesté. La surface régresse de 4100 hectares à 294 hectares en 1904. Ce mal, qui s’attaque aux racines des ceps, causa des dégâts dans tous les vignobles de France. Les conséquences humaines et économiques furent considérables. Le prix de la terre baissa dans des proportions énormes : De 5000 francs l’hectare de vigne à La Foye en 1879, il passe à 500 francs en 1884. Les viticulteurs ruinés partent : Beauvoir perd, en un quart de siècle, 22% de sa population (Le canton perd 1333 habitants).  

 

Des tentatives de replantation, avec des cépages américains, ne furent guère encourageantes en Poitou. En effet, les traitements chimiques, consistant à injecter du sulfure de carbone dans le sol, ne suffirent pas à enrayer le mal, les plants américains résistant au parasite ne s’accommodèrent pas des sols de la région. Ce n’est qu’en 1890 que la solution est trouvée : Greffer des plants français sur les ceps américains. Dès lors la reconstitution est possible là où les propriétaires ont encore les moyens d’investir. Ailleurs, comme dans notre région, on évitera désormais les risques d’une quasi monoculture en diversifiant la production. La surface replantée en vigne dans notre département resta dérisoire par rapport à ce qu’il était avant la crise.

 

Ce déclin se trouva légèrement compensé par l’arrivée d’éleveurs vendéens, qui trouvèrent là de terres à un prix dérisoire. Cette mutation de population, ainsi que la naissance et le développement des laiteries-coopératives, permet une transformation radicale de l’économie de cette région : Désormais, le lait remplace le vin.

 

Cet épisode fut relaté par Maxime Arnaud, grand père de Marcel ARNAUD, agriculteur habitant à la Maison Neuve dans la commune de La Rochénard dans un petit livre : « Souvenirs d’un vieux paysan » et sous titré " De la chandelle de résine à l'ampoule électrique » (Maxime ARNAUD est né le 18 avril 1875 et est décédé le 8 novembre 1961).

 

 

Dans le Sud des Deux- Sèvres, beaucoup de propriétaires furent ruinés. La crise viticole entraîna une émigration et la diminution du nombre des propriétaires fonciers : La Foye-Monjault en recense 405 en 1860, 324 en 1930 et 225 en 1975. La grande propriété devint éphémère…

 

A la fin du XIXème siècle, après la crise du phylloxéra, commencent à naître les premières laiteries coopératives, qui vont devenir l'une des spécificités du département. D'abord présentes autour de Surgères, puis de Mauzé, elles atteignent leur apogée à la veille de la Première guerre mondiale.