Guerres napoléoniennes (1800 - 1815)


Cambronne et la Vieille Garde, qui compta André Chevillon.

Les guerres napoléoniennes firent 1 800 000 morts parmi les troupes françaises et alliées. On estime qu'il y eut 371 000 tués au combat, 800 000 morts de maladie ou de froid, principalement lors de la désastreuse campagne de Russie et 600 000 civils.

La liste qui suit est celle des soldats de la Foye, qui inclue les médaillés de Sainte-Hélène (vétérans survivants en 1857). Pour ceux qui moururent au combat ou des suites de maladies, les familles n'étaient souvent notifiées que des années plus tard, voir jamais, comme pour beaucoup de soldats tombés lors de la campagne de Russie (et dont certains ne sont pas sur cette liste) :


  • François ALLAIN, 26e régiment d’infanterie légère, 1er bataillon, 4e compagnie. Il meurt à 22 ans de la fièvre ataxique, à l’hôpital de Berg op Zoom (Hollande) le 26 décembre 1810.
  • Jean ARNAUD, 2e régiment d'artillerie, en 1814. Sans doute celui né vers 1771 dont le surnom est « canonnier ». (dossier Méd.S.H. No.289982)
  • Pierre ARNAUD, 26e régiment de ligne, de 1806 à 1815. (dossier Méd.S.H. No.65267)
  • Jean BARBAUD, 79e régiment de ligne, 4e bataillon, 8e compagnie. Conscrit de 1806, il décède de la fièvre à 22 ans à l’hôpital de Venise, le 29 Janvier 1808. Dit natif de la Foye dans son acte de décès (acte non filiatif). [Sep. p57/260]
  • Jean BARREAU, 24e régiment de ligne. Il meurt de la fièvre à 24 ans, à Vienne (Autriche) le 21 mai 1809.
  • Louis François BASTARD, fils de François Bastard de Crinay. Entre au service dans le 3e régiment de dragons en juillet 1808. Il participe aux combats en Espagne et meurt des suites de ses blessures le 25 septembre 1809.
  • François BONNEAU, 79e régiment de ligne. Classe de 1808 mais conscrit de 18/19 ans ou engagé volontaire, il décède de la fièvre à 19 ans à l’hôpital militaire de Vicence (Italie) le 29 octobre 1807.
  • François BONNEAU26e régiment de ligne, de 1811 à 1815. (dossier Méd.S.H. No.65269)
  • Pierre BONNEAU, entré au service dans le 14e régiment de dragons le 26 février 1807, passé dans le 1er régiment de dragons le 21 juin 1814. Fait chevalier de l'ordre royal de la légion d'honneur le 13 mars 1814 [voir les pièces du dossier].  L'autre arrière grand père de Maxime ARNAUD à avoir servi sous Bonaparte. Il fut garde champêtre après la guerre, puis maire-adjoint de la Foye. (dossier Méd.S.H. No.65260).
Bataille d'Albuera, en Espagne, le 16 mai 1811.
Avec le 14e de dragons, Pierre Bonneau participa aux campagnes militaires de 1808 à 1814, en Espagne, en Allemagne et en France. Le 8 mai 1811, en Espagne, il prit part à la bataille d'Albuera sous le commandement du maréchal Soult, où il fut blessé aux reins. Son régiment était intégré à la brigade Bouvier avec le 17e et 27e de dragons.

  • Louis BOUHIER (BOYER), 6e régiment d'artillerie à pied,
    de 1812 à 1815. (dossier Méd.S.H. No.289980)
  • Jean CANTIN, charpentier au port de Rochefort, de 1798 à 1812. (dossier Méd.S.H. No.65261)
  • François CHAIGNON, 14e régiment de ligne, qui s’illustre à Tortosa et Tarragone sous le commandement du général Suchet. Conscrit de 1807, il meurt au combat le 9 Décembre 1811, à Tuixent en Catalogne.
La ville de Tortosa se rend aux troupes du général Suchet le 2 janvier 1811
– Jean-Charles-Joseph Rémond (1837).

  • François CHAIGNON, caporal, 9e léger, de 1812 à 1814. (dossier Méd.S.H. No.65262)
  • Pierre CHAMBON, 17e régiment d'infanterie de ligne, du 20 décembre 1811 au 4 mai 1813, puis 9e bataillon du train, 2e compagnie. Description physique : taille : 1.65m, visage ovale, front bas, yeux bruns, nez moyen, bouche petite, menton rond, cheveux et sourcils noirs. Décédé des suites de la fièvre à l'hôpital militaire de Torgau, Saxe, Allemagne, en janvier 1814. Sa mère ne fut informée de son décès que dix ans plus tard, en 1825. Comme Pierre était de la classe de 1803, il est possible que son père, décédé en 1807, ait vécu les cinq dernières années de sa vie sans revoir son fils.
  • André CHEVILLON, 3e régiment de la Vieille Garde, de 1812 à 1815, chevalier de l'ordre royal de la légion d'honneur (dossier Méd.S.H. No.309024), sous-officier en 1816, lors de son mariage avec Madeleine VIEN. Originaire de Loulay en Charente Maritime. Son beau-père, Jean-Baptiste RAVAN, est architecte à Avignon.
  • Jean DAVID, 2e régiment du génie, de 1811 à 1814.(dossier Méd.S.H. No.65268)
  • Jean DELAGE, conscrit de 1813,. Incorporé au 7e régiment de voltigeurs, provenant en 1812 de la garde nationale du département des Deux Sèvres. Arrivé au corps le 15 décembre 1812. Passé au 6e voltigeurs le 21 janvier 1813, puis aux dragons de la garde, 3e escadron de cavalerie, le 1er juin. Description physique : taille : 1.73m, visage rond, front couvert, yeux roux, nez gros, bouche moyenne, menton large, cheveux et sourcils châtains. Décédé à Reims le 29 mars 1814 des suites de ses blessures.
  • Thomas FABRE, classe de 1814 mais conscrit de 18 ans ou engagé volontaire, sans doute avec Pierre Méloche (voir ci-dessous). Fusilier, voltigeur au 70e régiment de ligne, 3e bataillon, du 9 décembre 1812 au 13 juillet 1813. Description physique : taille : 1.59m, visage oval, front étroit, yeux roux, nez moyen, bouche grande, menton large, cheveux et sourcils châtains foncés. Il décède de la fièvre à l’hôpital d’Erfurt (Allemagne), le 20 janvier 1814.
  • Pierre GÉOFFRIAU, fusilier du 19e régiment d'infanterie, 4e compagnie, 3e bataillon. Conscrit de 1812 entré en service le 3 avril, il meurt de la fièvre à 20 ans, à l’hôpital militaire de Dantzig (Pologne), le 3 septembre 1812.
  • Jean GIRAUDEAU, artilleur, 11e régiment d'artillerie, de 1804 à 1814 (dossier Méd.S.H. No.290039 – Domicilié à la Foye-Monjault pour la remise de Médaille, originaire de Frontenay).
  • Louis GUITTEAU, 72e régiment de ligne, 5e bataillon,
    2e compagnie. Il décède de la fièvre à l’hôpital de Malines (Belgique), le 12 mars 1810.
  • Louis GUITTEAU, 82e régiment de ligne, 7e  bataillon,
    2e compagnie. Il décède à l’âge de 25 ans à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris, le 28 février 1814. 
  • Pierre JUNIN, Classe de 1814 mais conscrit de 18 ans ou engagé volontaire, 70e régiment d'infanterie de ligne, du 9 décembre 1812 au 13 juillet 1813. Description physique : taille : 1.61m, visage oval, front rond, yeux gris, nez pointu, bouche moyenne, menton rond, cheveux et sourcils châtains clairs. Réformé le 11 mai 1814.
  • Elme Céleste LEFEVRE, capitaine en retraite (en 1857), sergent de la Garde, de 1806 à 1837. (dossier Méd.S.H. No.290265)
  • Pierre LÉVESQUE, 11e régiment de Cuirassés, de 1808 à 1812. Stationné à Colmar en Alsace, en 1809, d'où il écrit une lettre à ses parents. Il vient de terminer sa formation militaire. Le mois suivant, il prend part à la bataille de Wagram les 5 et 6 juillet, puis à celle de Znaïm le 10, sous les ordres du colonel Pierre DUCLAUX. En 1812, il participe à la campagne de Russie (bataille de la Moskova, et peut être celle de Winkowo), dont il ne reviendra pas.
  • Pierre MÉLOCHE, Classe de 1814 mais conscrit de 18 ans ou engagé volontaire, sans doute avec Thomas Fabre (voir ci-dessus). Fusilier au 70e régiment de ligne, 6e bataillon, 5e compagnie, du 9 décembre 1812 au 13 juillet 1813. Description physique : taille : 1.60m, visage rond, front étroit, yeux roux, nez gros, bouche grande, menton rond, cheveux et sourcils noirs. Il participe peut être à la campagne de Russie et décède de la fièvre à l’hôpital militaire d’Erfurt (Allemagne), le 27 novembre 1813.
La désastreuse campagne de Russie.

  • Pierre MISBERT, dit Lavinette, incorporé le 26 mars 1809 au
    72e régiment de ligne. Passé au 7 régiment de cuirassiers,
    2e escadron, 7e compagnie. Il décède à l’âge de 24 ans, de la dysenterie, à l’hôpital de l'Hôtel Dieu de Valenciennes le
    6 Janvier 1814.
  • Charles NOLLEAU (NOLOT), 19e régiment de ligne, de 1813 à 1814. (dossier Méd.S.H. No.65265)
  • François NOLLEAU (NOLOT), 7e bataillon du train des équipages, de 1813 à 1814. Frère Charles ci-dessus. (dossier Méd.S.H. No.65264)
  • Jacques NOURRIGEON, 13e canonnier de la Jeune Garde (artillerie à pied), du 8 janvier au 30 mars 1814. Description physique : taille : 1.71m, visage oval, front couvert, yeux gris, nez moyen, bouche moyenne, menton rond, cheveux et sourcils châtains. (dossier Méd.S.H. No.289981)

Bataille de la Moskova en septembre 1812,
à laquelle Louis Papineau trouva la mort.
  • Louis PAPINEAU, 17e régiment d'infanterie de ligne, arrivé au corps le 17 avril 1811. Compris sur la liste de désignation du canton de Beauvoir sous le No.12. Description physique : taille : 1.61m, visage rond, front découvert, yeux bleus, nez haut, bouche moyenne, menton rond, cheveux et sourcils noirs. Tué au combat le 7 septembre 1812 à la bataille de la Moskova (Borodino, Russie).
  • François PAPINEAU, frère de Louis ci-dessus, non renseigné. (dossier Méd.S.H. No.289979)
  • Louis POMMIER, né à Marigny en 1771, militaire à la retraite et touchant une pension en 1810. Servit dans l'armée entre 1791 et 1808.
  • Pierre SAUVAGET, 8e escadron du train, de 1806 à 1815. C'est peut être celui du même nom qui est dit "canonnier licencié" lors de son mariage en 1816. (dossier Méd.S.H. No.65263)
  • François Augustin VIEN, fils d'André Augustin VIEN, maire de la Foye-Monjault sous l'Empire. Admis le 12 septembre 1806 dans la Grande Armée au 3e régiment de ligne, 1ère compagnie, 2e bataillon, puis passé le 13 juillet 1807 au 9e régiment d'infanterie légère, 2e régiment de ligne, 1ère compagnie, 2e bataillon, puis chasseur à pied au 36e régiment de ligne, 6e compagnie, 1er bataillon, lieutenant de la Garde Impériale en 1808 . Description physique : taille : 1.72m, visage oval, front couvert, yeux roux, nez petit, bouche petite, menton rond, cheveux et sourcils noirs. (dossier Méd.S.H. No.289825 – Domicilié à Brieul-sur-Chizé lors de la remise de la médaille en 1857, aveugle, originaire de la Foye-Monjault).

Médaille de Sainte-Hélène, remise en 1857 aux survivants
des guerres napoléoniennes par Napoléon III, neveu de Bonaparte.
À cette date, il en restait encore près de 400 000,
certains faisant partie des grandes levées de 1805 à 1815
(grande armée), d'autres qui s'étaient engagés dès 1792.



À PROPOS



Qui partait à la guerre ?

L'article de Martine Hautot, Guillaume Alexis Quilan, soldat de l’empire [1], nous donne le parcours d'un jeune français en 1811. En particulier, concernant sa conscription :

La loi du 19 fructidor an VI (5 septembre 1798), dite Loi Jourdan, a établi le principe de la conscription. Des instructions en ont précisé les modalités. Voici comment les choses se passent en 1811 alors que Guillaume a atteint ses vingt ans : 
Une fois que le nombre de nouveaux soldats dont le pays a besoin a été fixé au plan national, une répartition est effectuée entre départements, puis entre arrondissements à l’intérieur du département et enfin entre cantons. De leur côtés les maires établissent une liste alphabétique des jeunes gens ayant atteint l’âge de 20 ans et résidant dans leur commune. A partir de là une liste cantonale est dressée. Puis on procède, toujours au niveau du canton, à un tirage au sort : Si vous tirez un numéro élevé, vous avez de bonnes chances de rester au pays mais si vous tirez un numéro petit, vous êtes bon pour l’armée, à moins que vous disposiez de quelque échappatoire ! Le conseil de recrutement, sous l’autorité du préfet, peut en effet vous exempter, vous réformer ou vous ajourner. Ou encore il se trouve que vous avez les moyens de vous payer un remplaçant : mais ce n’est pas donné à tout le monde, c’est très cher de 2 à 10 ans du salaire d’un ouvrier agricole. Guillaume a tiré le numéro 132 sur une liste de 146, il devrait ne pas partir mais il y en a beaucoup qui ne sont pas propres à servir l’armée : lui n’est pas estropié, de constitution faible, myope ou encore aîné d’orphelins ou soutien de veuve et il n’a pas davantage les moyens de se payer un remplaçant. Le voici déclaré « Bon pour le service ».


L'industrie de la chamoiserie de Niort, 

fournisseur de l'armée

Le baron Claude Dupin, préfet des Deux-Sèvres, dans ses Mémoire sur la statistique du département des Deux-Sèvres, rapportait que « Niort était le centre de l'industrie de la chamoiserie ; elle possédait plusieurs chamoiseries, occupant 286 ouvriers. Les maîtres gantiers occupaient 300 ouvriers et 1050 femmes et enfants produisant 168 700 paires de gants d'une valeur de 763 500 livres. Les chamoiseries de Niort fournissaient, avant la Révolution, les culottes et les gants à plus de trente régiments de cavalerie et de dragons. »


Louis-Victor Baillot, le dernier survivant
de la bataille de Waterloo

Louis-Victor Baillot est né le 9 avril 1793 à Percey et mort le 3 février 1898 à Carisey, à l'âge de 105 ans. Soldat des guerres napoléoniennes de 1812 à 1815, il est considéré comme le dernier survivant de la bataille de Waterloo.



Témoignage par l'image

Le site Mashable a publié en ligne une série de photographies remarquables. Chaque année à Paris, le 5 mai, anniversaire de la mort de Bonaparte, les vétérans des guerres napoléoniennes revêtaient leur uniforme afin de défiler place Vendôme. L'apparition de la photographie au cours du XIXe siècle a permis d'immortaliser certains d'entre eux [2].

Sergent Taria, grenadier de la Garde

Les autres photos de cette série peuvent être vues ici.


Le sort des prisonniers

Si la liste ci-dessus donne une petite idée du nombre des français qui eurent à combattre sous l'Empire, ce billet sur le blog du Général Desaix, nous apporte un autre témoignage : le sort tragique de ceux qui étaient fait prisonniers. À lire : une page sombre au coeur de l'épopée napoléonienne.


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Notes
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[1] Publié sur le site Histoire-Généalogie.

[2] La remise des médailles de Sainte-Hélène eut lieu en août 1857. Les vétérans la portent sur ces photos, qui furent probablement prises l'année suivant, lors du défilé de mai 1858.




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