Les bénédictins

La Règle de Saint-Benoît se développe dès le VIIe siècle, avec de nombreux monastères construits en Europe. Ses moines ont le crâne rasé ou tonsuré à la romaine et portent une robe noire, avec scapulaire et ceinture. Au monastère, leur vie s'organise autour de la prière et du travail (ora et labora). La prière comprend la célébration des Heures liturgiques, pour laquelle ils se réunissent plusieurs fois par jour dans l'église, la prière solitaire et la lecture méditée des textes bibliques.

Selon Claire Lesegretain : « Le monastère, isolé par la clôture, reste ouvert au monde par la règle de l'hospitalité. Les décisions reviennent à l'abbé, mais seulement après consultation du chapitre de la communauté. Beaucoup de décisions sont prises en accord avec le conseil, composé du prieur (bras droit de l'abbé), du cellérier (chargé de l'intendance), de trois frères élus par la communauté et de trois autres frères choisis par l'abbé. »

À La Foye, les moines du prieuré officient sous l’autorité d'un moine-prieur désigné par l'abbé de Montierneuf. Toutefois, à partir du XVIe siècle, les prieurs sont devenus des abbés commendataires, dignitaires ecclésiastiques qu'ils ne voient que rarement.

Au village tout comme à l'abbaye, les moines se lèvent vers une heure du matin et se rendent à l'église pour y chanter l'office des Vigiles, suivi par les Matines à l'aube, les Vêpres en fin de journée, puis juste avant d'aller se coucher, les Complies. Le prieuré résonne souvent du chant des psaumes et des prières, pratiqué même en dehors des offices, lors des allées et venues ou lorsqu'ils travaillent. En plus de la messe solennelle, des messes « basses » accompagnent les prières pour les morts [11a]. Mais en dehors des chants et des prières, la Règle leur impose le silence et ils communiquent par signes.

Le temps de travail, souvent de quatre à six heures par jour, est très variable. Ils participent à l'entretien du prieuré et à l'accueil des hôtes, et prennent soin des pauvres.

Enluminure. Moine bénédictin buvant du vin provenant d'une barrique.
Livres dou Santé (Régime du corps), d'Aldebrandin de Sienne
(France, fin du XIIIe siècle)

Dans cette paroisse, les moines se spécialisent dans la culture de la vigne et veillent à l’entretien du cellier, assistés par les vignerons et les artisans locaux, ainsi que par des domestiques et des journaliers. Les vins de la paroisse ont une belle réputation qui parviendra jusqu'au roi.


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