Exemptions et réformes


Liste des conscrits réformés pour l'an IX et X (1799-1800)

Les motifs de réforme pouvaient être :

La taille

La taille moyenne à cette époque est d'1.62m. Les paysans de l'ouest sont souvent plus petits, et nombreux sont ceux qui sont réformés pour cette raison. C'est d'ailleurs l'un des principaux motifs de réforme pour les Fayais.

Il faut aussi mesurer entre 1.65m et 1.75m pour être admis dans certains corps comme les cuirassiers, les dragons, les hussards, l'artillerie, la garde, etc. Pour l'infanterie de ligne, la taille minimum avait été fixée à 1.59m en 1800, elle sera revue à la baisse à 1.54m en 1804, puis à 1.49m en 1811.

  • Simon ALLAIN. Conscrit de 1812. Réformé pour faible taille et faiblesse des reins, renvoyé à la classe de 1813. Taille reconsidérée : 1.57m. Apte au service. Incorporé dans le 5e régiment d'infanterie légère.
  • François ARNAUD, dit Bordelais. Conscrit de 1805. Taille 1.52m. Réformé gratuitement. 
  • Hilaire ARNAUD, dit Bordelais. Conscrit de 1809. Réformé gratuitement (ajourné : sa taille est évaluée à 1.51m d'après le registre de recrutement, sans doute par erreur, puisqu'elle est dite d'1.64m trois ans plus tard). Incorporé comme fusilier dans le 44e de ligne le 19 mai 1813. 
  • Louis Alexis ARNAUD, dit Cul de Plomb. Conscrit de 1801, mentionné sur la liste du cahier de recensement municipal. Réformé dans un premier temps par le docteur Jacques RABETH en raison de sa taille. À la réserve par la suite (reçoit un salaire de 6 francs de l'armée).
  • Pierre Thomas ARNAUD, dit Bordelais. Conscrit de 1808. Taille : 1.54m. Réformé gratuitement avant la revue de départ.
  • Jean BARBAUD. Conscrit de 1800, mentionné sur la liste du cahier de recensement municipal. À la réserve en 1801 (reçoit un salaire de 9 francs de l'armée). Réformé peu après par le docteur Jacques RABETH pour faible taille.
  • François BARREAU. Conscrit de 1814. Taille : 1.45m. Réformé pour défaut de taille.
  • Jean BERNARD, dit Louzard. Conscrit de 1805. Taille : 1.52m. Réformé gratuitement.
  • Jacques CAULT. Conscrit de 1807. Taille : 1.56m. Réformé gratuitement avant la revue de départ.
  • Jacques CLOUZEAU, dit Rossignol. Conscrit de 1808. Taille : 1.54m.  Réformé gratuitement avant la revue de départ. 
  • Jean CLOUZEAU. Conscrit de 1803. Mentionné sur la liste des conscrits du cahier de recensement municipal de l'an XII. Taille : 1.51m. Réformé gratuitement.
  • Pierre DELAGE, dit Bachaud. Conscrit de 1803. Mentionné sur la liste des conscrits du cahier de recensement municipal de l'an XII. Taille : 1.52m. Réformé gratuitement.
  • Jean MENON. Conscrit de 1809. Taille : 1.44m. Au dépôt.
  • François René PÉRÉ, dit Biscuit. Conscrit de 1811. Célibataire, représenté par son frère. Vue courte. Ajourné en raison de sa taille (1.51m), renvoyé à la classe de 1812. Réformé pour défaut de taille, pour la somme de 6.11 francs.
  • Pierre RÉ. Conscrit de 1815. Taille : 1.42m. Réformé pour faible taille.
  • François ROCHER. Conscrit de 1815. Taille : 1.45m. Réformé pour faible taille.

Infirmité, maladie ou faible constitution

  • Pierre ALLEAU. Conscrit de 1812. Ajourné pour faible constitution le 27 février, renvoyé à la classe de 1813. Réformé pour faible constitution pour la somme de 33.60 francs. 
  • François BOYER. Conscrit de 1800, mentionné sur la liste du cahier de recensement municipal de l'an X. Présent lors de l'appel des conscrits. Blessé à la main droite. Réformé peu après par le docteur Jacques RABETH pour faible constitution.
  • François CHAIGNON, dit Prébin. Conscrit de 1812. Ajourné pour faible constitution le 27 février 1812. Se plaint de douleurs à la jambe gauche, mais jugé apte au service. Incorporé le 1er décembre 1812 dans le 5e régiment d'infanterie légère.
  • René COUHÉ. Conscrit de 1813. Réformé pour hernie inguinale du côté droit, pour la somme de 9 francs. 
  • François Décadi GÉOFFRIAU. Conscrit de 1814. Réformé pour ulcère à la jambe gauche avec carie de l'os (il sera ensuite le boulanger du village, marié en 1829).
  • Jean GÉOFFROY, dit la Ballade. Conscrit de 1815. Mauvaise vue, réformé pour conjonctivite à l'œil gauche.
  • Jacques GUITTEAU. Conscrit de 1812. Souffre de rhumatismes à la jambe droite. Réformé en avril 1812 pour faible constitution, pour la somme de 19.28 francs. Réforme maintenue en 1813.
  • Jacques Joseph HÉRISSÉ, dit le Postillon. Conscrit de 1812. Réformé en tant que fils aîné, puis définitivement pour une hernie au côté gauche.
  • Louis HÉRISSÉ. Conscrit de 1814. Douleurs aux bras suite à une fracture. Ajourné pour faible constitution en 1813.
  • Louis René NERVOIR. Conscrit de 1813. "Infirme, impotent et dans le marasme". Ajourné pour état maladif et faible constitution. Réformé pour claudication.
  • François NOLLEAU. Conscrit de 1810. Souffre de mal de poitrine. Renvoi devant le Conseil de recrutement qui le déclare apte au service le 11 avril 1811. Mais réformé le 18 pour faible constitution après un nouvel examen. Néanmoins incorporé par la suite au 7e bataillon du train des équipages, de 1813 à 1814.
  • Laurent NOURRIGEON. Conscrit de 1804. Au dépôt. Une note du maire associée à cette liste indique qu'il est handicapé mental et atteint de surdité.

Description par Vien des infirmités de deux conscrits de l'an XIII,
Pierre Giraudeau et Laurent Nourrigeon.
Lettre du maire de Saint-Maurice-de-Mairé décrivant à la préfecture
les infirmités de Louis Augier et Jean Arbouin.

Le mariage

Le mariage pouvait être une condition de réforme s'il ait lieu avant l'affectation vers un régiment :
  • François BENOIST. Conscrit de 1814. Fils aîné d'une veuve, grosseurs aux pieds. Ajourné mais apte au service. Appelé pour la levée de 120 000 hommes, exempté – marié.
Un courrier du préfet daté du 13 août 1800 informe la municipalité
que tous les soldats souhaitant se marier doivent désormais,
avant la publication de leurs bancs, présenter un certificat des autorités militaires.

Autres causes

Celui qui est l'aîné des fils d'une veuve :
  • François BENOIST. Conscrit de 1814. Fils aîné d'une veuve, grosseurs aux pieds. Ajourné mais apte au service. Appelé pour la levée de 120 000 hommes, exempté – marié.
  • Jacques Joseph HÉRISSÉ, dit le Postillon. Conscrit de 1812. Réformé en tant que fils aîné, puis définitivement pour une hernie au côté gauche.
  • Louis NOURRIGEON, dit Garnaud. Conscrit de 1810. Fils unique d'une veuve, provisoirement ajourné mais déclaré apte au service. Appelé pour la levée de 120 000 hommes. Incorporé comme fusilier dans le 82e régiment d'infanterie de ligne le 13 novembre 1813.

Être le frère d'un conscrit en service aux armées :
  • Michel DHIVER. Conscrit de 1810. À la fin du dépôt. Taille : 1.56m. Père et mère inconnus, date de naissance inconnue. À la fin du dépôt (frère d'un conscrit attesté [famille d'adoption ?]).
  • Jacques GIRAUDEAU. Conscrit de 1814. Frère d'un conscrit en service dans le 79e régiment d'infanterie de ligne (Louis, ci-dessous). Ajourné pour cette raison mais appelé pour la levée de 120 000 hommes. Incorporé comme fusilier au 82e régiment de ligne le 13 novembre 1813.
  • Louis Martin GUITTEAU. Conscrit de 1814. Souffrant de fréquents maux d'oreilles. Un frère en activité au service (Jean). Appelé pour la levée de 120 000 hommes. Incorporé comme fusilier dans le 82e régiment de ligne le 13 novembre 1813.
  • François PAPINEAU, dit Pérault. Conscrit de 1814. Frère de deux conscrits en activité (Louis et Pierre), apte au service. Appelé pour la levée de 120 000 hommes. Incorporé comme fusilier dans le 82e régiment d'infanterie le 30 novembre 1813.
  • Charles SERRIER. Conscrit de 1813. Ajourné car ayant un frère conscrit déjà incorporé au 72e de ligne (Pierre). Scrofuleux, réformé pour la somme de 9.69 francs. 

Celui dont le père a 71 ans ou plus :
  • Pierre BONNIN. Conscrit de 1815. Son père âgé de 76 ans. Fracture du bras droit. Réformé.

L'âge. Il faut avoir au moins 19 ans, à l'exception des engagés volontaires qui peuvent avoir 16 ans, mais doivent obtenir le consentement du tuteur légal :
  • Louis François BASTARD. Conscrit de 1812, mais engagé volontaire à l'âge de 16 ans. Admis dans le 3e régiment de dragons en juillet 1808. Il participe aux combats en Espagne et meurt des suites de ses blessures le 25 septembre 1809 âgé de 17 ans.
  • François Augustin VIEN, fils d'André Augustin, maire de la Foye-Monjault sous l'Empire. Conscrit de 1804. Engagé volontaire dans l'armée du Premier Consul dès 1801. Âgé de 17 ans, il s'embarque à Brest et débarque au Cap-Français le 2 février 1802, où il se battra contre les esclaves révoltés.

Le motif de la réforme n'est pas toujours indiqué dans les archives. Nous ne connaissons pas la cause de réforme des Fayais qui suivent :
  • Jacques BONNEAU, dit Bon Jean. Conscrit de 1809 mais noté dans une lettre du maire VIEN comme déjà parti en service aux armées en janvier 1807. Réformé gratuitement en 1809.

En 1800, alors que la loi prévoyait que sur 12 conscrits, un seul serait désigné pour l'armée d'active et un autre à la réserve, il était encore possible pour celui à la réserve de payer une indemnité afin de ne pas partir à l'armée :
  • Jean CHAIGNON. Conscrit de 1799. Ajourné. Une lettre du 20 août 1800 adressée par le préfet DUPIN au maire de la Foye, fait savoir à Jean qu'il doit payer 300 francs sous quinze jour, sans quoi il devra rejoindre l'armée.

Certaines réformes étaient purement et simplement annulées. Il se peut aussi que le conscrit ait souhaité s'engager malgré tout :
  • Louis BROTTIER. Conscrit de 1810. Réformé pour la somme de 65.08 francs mais néanmoins incorporé au 72e régiment de ligne, le 26 mars 1809.
  • Jacques GIRAUDEAU. Conscrit de 1814. Frère d'un conscrit en service dans le 79e régiment d'infanterie de ligne (Louis, ci-dessous). Ajourné pour cette raison mais appelé pour la levée de 120 000 hommes. Incorporé comme fusilier au 82e régiment de ligne le 13 novembre 1813.
  • Louis Martin GUITTEAU. Conscrit de 1814. Souffrant de fréquents maux d'oreilles. Un frère en activité au service (Jean). Appelé pour la levée de 120 000 hommes. Incorporé comme fusilier dans le 82e régiment de ligne le 13 novembre 1813.
  • Pierre LÉVESQUE. Conscrit de 1810. Réformé gratuitement en 1809, mais incorporé au 11e régiment de Cuirassés cette année-là.
  • Pierre Jean MISBERT, dit la Gazelle (ou Lazille). Conscrit de 1809. Réformé gratuitement, mais incorporé par la suite au 7e régiment de cuirassiers.
  • Louis NOURRIGEON. Conscrit de 1810. Réformé pour la somme de 73.25 francs mais incorporé par la suite au 72e régiment de ligne, le 26 mars 1809.
  • Louis NOURRIGEON, dit Garnaud. Conscrit de 1810. Fils unique d'une veuve, provisoirement ajourné mais déclaré apte au service. Appelé pour la levée de 120 000 hommes. Incorporé comme fusilier dans le 82e régiment d'infanterie de ligne le 13 novembre 1813.
  • François PAPINEAU, dit Pérault. Conscrit de 1814. Frère de deux conscrits en activité (Louis et Pierre), apte au service. Appelé pour la levée de 120 000 hommes. Incorporé comme fusilier dans le 82e régiment d'infanterie le 30 novembre 1813.

Selon les années et la pression du recrutement, il pouvait être plus difficile de se faire exempter. L'exemption était par exemple plus difficile à obtenir en 1812 et 1813, mais beaucoup facile en 1815 :
  • François CHAMBON. Conscrit de 1812. Mauvaise vue mais jugé apte au service. Incorporé comme fusilier au 19e régiment de ligne le 3 avril.
  • En 1812, François CHAIGNON, dit Prébin, est ajourné pour faible constitution le 27 février 1812. Il se plaint aussi de douleurs à la jambe gauche, mais il n'en est pas moins jugé apte au service et incorporé le 1er décembre 1812 dans le 5e régiment d'infanterie légère. 
  • Par comparaison, en 1815, Jean Maurice CLOUZEAU, qui souffre de la jambe droite, est aussitôt ajourné.
  • Louis CLOUZEAU, dit Rossignol. Conscrit de 1814. Se plaint de douleurs dans les reins mais jugé apte au service. Incorporé le 24 avril 1813 dans le 1er régiment d'artillerie de marine.
  • Thomas FABRE. Conscrit de 1814. Se plaint de douleurs à la jambe gauche mais jugé apte au service. Incorporé comme fusilier dans le 70e régiment de ligne le 23 avril 1813.
  • Louis FAUCHER. Conscrit de 1815. Se plaint de douleurs au côté droit. Taille : 1.52m. Ajourné pour faible taille (alors qu'à cette date, la taille minimale était de 1.49m).
  • Jean GÉOFFROY, dit la Ballade. Conscrit de 1815. Mauvaise vue, réformé pour conjonctivite à l'oeil gauche.
  • Pierre MÉLOCHE. Conscrit de 1814. Grosseur au pied droit mais jugé apte au service. Incorporé comme fusilier au 70e régiment de ligne le 23 avril 1813.
  • Charles NOLLEAU. Conscrit de 1812. De faible constitution mais jugé apte au service. Incorporé comme fusilier au 19e régiment de ligne le 3 avril.
  • François NOLLEAU. Conscrit de 1810. Souffre de mal de poitrine. Renvoi devant le Conseil de recrutement qui le déclare apte au service le 11 avril 1811. Mais réformé le 18 pour faible constitution après un nouvel examen. Néanmoins incorporé par la suite au 7e bataillon du train des équipages, de 1813 à 1814.
  • Louis Augustin RONDEAU. Conscrit de 1811. Faiblesse de poitrine et myopie mais apte au service. Incorporé le 7 mai 1811 dans les fusiliers de la garde.

Un soldat pouvait aussi être réformé après avoir servi dans l'armée, souvent parce qu'il avait été gravement blessé ou handicapé. Ce doit être le cas de Pierre :
  • Pierre JUNIN. Conscrit de 1814. Capable de ferrer. Incorporé comme fusilier dans le 70e régiment d'infanterie de ligne le 23 avril 1813. Réformé le 11 mai 1814.

En vue de l'obtention d'un congé de réforme, un officier de santé d'un hôpital militaire procédait à un examen et délivrait un certificat :

Certificat de santé du 17e RI, délivré après examen à Lille
à Jacques Léopold Guillemon, tambour du régiment,
qui souffrait d'une hernie.
Ledit Guillemon obtenait son congé de réforme.

Un conscrit réformé qui souhaitait circuler à l'intérieur du pays devait disposer d'un passeport en règle, sous peine d'être considéré comme un déserteur :

En 1812, Vien procurait un passeport
permettant à Pierre MILLARET, cordonnier de Corrèze,
conscrit réformé, de circuler à l'intérieur du pays.

Le remplacement

Le remplaçant doit être du même canton. Un contrat est passé devant notaire, pour une somme très variable selon les années (de 100 à 10 000 francs) :
  • Jean ALLEAU. Conscrit de 1808. Désigné pour son admission au 79e régiment d'infanterie le en juillet 1807 avec départ prévu début juin. Laisse sa place (sans doute en échange d'une indemnité convenue) à Jean ALLEAU ci-dessous, habitant comme lui au Grand-Prissé.
  • Jean ALLEAU. Absent des registres de conscription. Prend la place de Jean ALLEAU ci-dessus. Parti de Niort le 5 juin, incorporé comme fusilier dans le 79e régiment d'infanterie de ligne, le 31 juillet 1807. Il tombe malade alors que son régiment est stationné en Dalmatie (Croatie). Décédé le 23 janvier 1808 à l'âge de 19 ans, à l'hôpital de Stagno, situé dans la presqu'île de Sabioncello en Dalmatie sur le golfe de Venise.
  • Pierre CHAMBON. Conscrit de 1803. Incorporé comme fusilier au 17e régiment d'infanterie de ligne le 12 août 1812, en remplacement de Jean MONNERON, conscrit de 1811.

Parmi les familles aisées du bourg, il dû y avoir d'autres cas de remplacements (nous n'avons pas les actes notariés qui le prouverait). Par exemple :

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