L'Église Saint-Simon et Saint-Jude



Église Saint-Simon et Saint-Jude de la Foye-Monjault.


Période et style

L’église est de style roman. Construite vers le début du XIIe siècle, elle est contemporaine de celles voisines du Cormenier, d’Usseau et de Vallans, et présente au départ un plan assez similaire. Mais les destructions successives en modifieront profondément l’aspect, ce qui lui donne aujourd’hui une forme beaucoup plus simple que les autres.

Place de l'église de la Foye-Monjault.
L'église Saint Pierre d'Usseau contient encore
plusieurs tombes de seigneurs locaux.
Église Notre-Dame de Vallans, que Saint-Louis visita
lors du siège de Frontenay en 1242.
Placée sous l’égide de Saint-Simon et Saint-Jude, saints patrons de l’abbaye de Montierneuf, c’est une église bénédictine liée à la règle que pratiqueront les différents prieurs et moines qui s’y succèderont. Ceci explique en partie son style dépouillé et l'absence de décorations.

L’église du Cormenier dépendait également de Montierneuf et du prieuré de La Foye jusqu’à la Révolution. Elle fut détruite aux deux tiers lors des guerres de Religion, et sa reconstruction au XVIIIe siècle en rend difficile la comparaison. Seul son chevet, la partie originelle subsistante avec ses chapiteaux typiques de l’école de sculpture de Saintonge et Angoumois, laisse imaginer ce que fut peut être l'église de la Foye.

L'église Saint-Eutrope du Cormenier,
malgré les destructions, a conservé son chevet d'origine.


Un édifice trop petit

D’un plan architectural simple, elle ne dispose que d'un seul corps de pierre, longiligne, orienté symboliquement en direction de Jérusalem, vers l'est, en direction du levant (la lumière). L’entrée est donc placée à l’ouest et le chevet, la partie la plus sacrée de l'édifice, à l'est.

Assez massive, elle fait partie des églises fortifiées que l’on rencontre fréquemment en Aunis et Saintonge. Ses murs sont épais et construits de gros moellons de calcaire issus des carrières environnantes, taillés soigneusement en forme rectangulaire.

Le mur nord est plein. Seules deux fenêtres hautes en plein cintre, au sud, laissent entrer la lumière. Un bâtiment dont on a retrouvé les fondations était autrefois accolé au mur nord de l’église, ce qui explique qu’elle n’ait pas de fenêtre de ce coté. Il est probable que le chevet initial possédait d’autres fenêtres et était voûté en forme de « cul-de-four », comme celui de l'église du Cormenier construite à la même époque.


[Observatoire du Patrimoine Religieux]
Deux vues du chevet de l'église du Cormenier. Des paires de colonnes
servent de contreforts. Les archivoltes au-dessus des fenêtres
possèdent plusieurs voussures, à l'intérieur comme à l'extérieur.
Des colonnes à chapiteaux encadrent également les fenêtres.
Une fenêtre du chevet de l'église de Saint-Rémy,
très similaire en style à celles du Cormenier.
Intérieur de l'église du Cormenier. Le chœur est surmonté d'une coupole,
au-dessus de laquelle se tenait autrefois un clocher. Le chevet est voûté en cul-de-four.
[Observatoire du Patrimoine Religieux]

Au XVe siècle, pendant la guerre de Cent ans, des contreforts de consolidation seront ajoutés aux angles de chaque coté.

La façade de l'église, flanquée de ses contreforts.

Construite avec peu de moyens, l’église de la Foye correspondait aux besoins du village qui, à ses débuts, n'avait qu'une population peu nombreuse. Mais avec la croissance du nombre des habitants, elle deviendra vite insuffisante. Les Fayais s’en plaindront souvent par la suite, notamment à l'approche de la Révolution :

« Quant aux édifices publics, nous aurons l’honneur de vous représenter messieurs que la nef de notre église est à peine capable de contenir la moitié des habitants qui se trouvent au nombre de 700, ne parlant que des communions, en outre, malgré que notre paroisse soit aussi considérable, nous n’avons point de vicaire, chose qui nous serait à tous d’une très grande utilité, et qui contribuerait pour peu à l’agrandissement de notre église, sans qu’il en couta beaucoup à toute la paroisse. »

En 1793, durant la Révolution, alors qu'il était de coutume pour les familles de notables de louer des bancs qui leur étaient réservés à l'église, le procureur de la commune exigera de les faire enlever. On louera à leur place des chaises que les habitants devaient eux-mêmes fournir. Cela permettra à un plus grand nombre de citoyens de se tenir à l'intérieur de l'édifice, afin de prendre connaissance des derniers décrets.

Par la suite au XIXe siècle, la municipalité et le Conseil de fabrique se plaindront à plusieurs reprise de la petite taille de l'église. Un projet d’agrandissement sera proposé en 1829 mais abandonné faute de moyens, et on construira finalement en 1857 une tribune avec escalier, toujours en place.

Évolution de la forme

Il est difficile de dire quelle était à l'origine sa forme précise, car l’église subira de nombreuses dégradations : durant la guerre de Cent ans, au cours des guerres de Religion, puis finalement lors du démantèlement du clocher, et peut être du chœur et du chevet durant la Révolution.

Des éléments d’architecture (pierres sculptées et arcs de pierre) ont été retrouvés intégrés aux murs de la grange située juste derrière, suggérant que l'église possédait autrefois un chevet similaire à celui de l'église du Cormenier. Des documents rapportent qu'elle avait aussi un clocher. Il était accolé au flanc du corps comme à Usseau, et son toit était couvert d’ardoises.

La partie du chœur et du chevet à droite (en marron sur le schéma ci-dessus),
montre à quoi devait ressembler l'église de La Foye avant leur destruction
ou leur démantèlement. Par la suite, faute de moyens, on a construit un mur plat
à la place du chœur, supprimant le chevet. Un petit renfoncement sera aménagé à gauche
pour y insérer le tabernacle, et à droite une porte permettra d'entrer dans la sacristie.

Plan de l'église voisine du Cormenier, construite à la même époque.
Elle a conservé son chevet original. Elle ne possède pas de transept,
mais son chœur était surmonté d'une coupole et d'un clocher.

Peut être y eut-il avant cela un premier clocher situé au centre de la structure, au dessus du chœur, comme celui que possédait autrefois l'église du Cormenier. Mais dès le XVe siècle, les architectes choisiront plutôt d'ériger de nouveaux clochers sur le côté sud des nefs.

Quelques exemples d'églises des Deux Sèvres :

Le clocher centré de Vançais
Celui accolé au côté de l'église de Sciecq
Soudan
Prin Deyrançon


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