16 juin 1793 : arrestation et libération de dix-sept déserteurs venus de Niort




Le 10 juin 1793, les Vendéens ont pris d'assaut la ville de Saumur, où ils se sont emparés de milliers de fusils et de dizaines de canons. Le 12, les officiers élisent Cathelineau généralissime de l'Armée catholique et royale. Se pose alors la question de savoir s'il faut marcher sur Nantes ou Paris, ou plutôt attaquer l'armée de Biron repliée sur Niort.

À Niort, craignant cette éventualité, les troupes désertent en masse. Un rapport du général Biron au Comité de salut public, le 1er juillet, indiquera : « Je compte 19 648 hommes à Niort, dont 2609 sans armes ; 6826 gardes nationaux requis et non armés ont quasiment disparu, le plus souvent par désertion. » [1]

Le 16 et le 17 juin, un groupe de dix-sept déserteurs arrive au village. Un seul d'entre eux n'est pas armé, ce sont donc probablement des soldats. La garde nationale de la commune, commandée par André Isaac BASTARD de CHATELIER, procède alors comme elle l'avait fait un mois plus tôt : elle arrête et désarme sur le champ les déserteurs. Le maire Pierre BODIN et l'officier municipal Jean Philippe CLERC du FIEFFRANC dressent ensuite une liste des prisonniers.

À cette époque, les conscrits forment selon leur lieu d'origine des régiments dans lesquels ils combattent ensembles. Tout comme en mai les rescapés venaient pour la plupart de la Vienne, ceux-ci sont tous originaires de Charente Maritime, des environs de Tonnay-Boutonne et Bernay-Saint-Martin.

Il semble qu'il ne sera pas tenu compte de leur désertion, puisque le 18,
sur requête de leur commune respective, tous seront réarmés et libérés.

Texte :
Aujourd’hui, le 16 juin 1793, l’an deuxième de la République française, nous maire et officiers municipaux avons arrêté et désarmé les citoyens ci-après dénommés, qui avaient déserté de Niort, à savoir :
  • Louis GUÉRIN, depuis leur canton de
    Tonnay-Boutonne (Charente Maritime)
  • Jean LECONTE, de Tonnay-Boutonne
  • François FAVREAU, de Tonnay-Boutonne
  • Jean FAVREAU, de Tonnay-Boutonne
  • Simon DUCLOUD, de Tonnay-Boutonne
  • Jean BOSSUET, de Saint-Laurent-de-la-Barrière (Charente Maritime)
  • Jean LECONTE, de Saint-Laurent-de-la-Barrière
  • François FOUBERT, de Saint-Laurent-de-la-Barrière, peut être celui-ci, ou celui-là.
  • François JOLLIET, de Belleville (Deux Sèvres), domestique chez Julien TELLERON, de Chervette (Charente Maritime), peut être celui-ci.
Lesquels nous ont remis chacun un fusil, à la réserve d’un
qui n’en avait point, et avons arrêté que lesdits fusils seraient envoyés au canton de Beauvoir aux mains des officiers
dudit lieu.
 
Signé : Bodin, maire, et Clerc du Fieffranc, officier municipal. 
Note en marge : Du 18 du présent mois, [avons] remis les armes aux citoyens ci-nommés sur un réquisitoire de leur municipalité signé PAILLER, maire, FAVRIOU, procureur
de la commune, ROCQUET, secrétaire-greffier. L’arme dudit JOLLIET est restée, [celui-ci] ne s’étant pas présenté par
devant nous.
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Le 17 juin 1793, l’an deuxième de la République française, nous maire et officiers municipaux avons arrêté et désarmé les citoyens ci-après dénommés, à savoir : 
  • Louis BERTIN, de Bernay (Bernay-Saint-Martin, en Charente Maritime), peut être celui-ci.
  • Jean NAUD, de Bernay
  • Jean BEZIAUD, de Bernay
  • Pierre RIFFAUD, de Bernay, peut être celui-ci,
    ou celui-là, et sur cette fiche.
  • Jean JOUSSEAUME, de Breuil (également Bernay-Saint-Martin, ou bien Breuil-la-Réorte, les deux en Charente Maritime), peut être le fils de
    celui-ci.
  • Louis RIVAUD, de Breuil, peut être le frère de celui-ci.
  • Pierre MARCHAND, de Breuil, peut être celui-ci, ou celui-là.
  • Pierre ROY, de Breuil 
Lesquels nous ont remis chacun un fusil, et avons arrêté que lesdits fusils seraient envoyés au canton de Beauvoir aux mains des officiers dudit lieu. 
Note en marge : Du 18 du présent mois, [avons] remis les armes aux citoyens ci-nommés sur un réquisitoire de leur municipalité signé MOURAUD, maire, et DELAUZAY. Les armes desdits MARCHAND et ROY n’ont pas été rendues,
[ceux-ci] ne s’étant pas présentés par devant nous.

Fin du texte


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Note
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[1] Archives de Vendée.


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