1/ En 1911 La Foye veut son Bureau de Poste
2/ 1913 -1915 La construction du nouveau Bureau
3/ 1916 - 1965 Les 50 ans de vie du bureau
4/ Le bureau Téléphonique
5/ Les porteurs de dépêches
6/ Petite Philatélie du bureau de La Foye
Les tout débuts du courrier
Avant la Révolution, presque aucun courrier ne circulait dans la région. Les seuls bureaux de Poste existants étaient celui de Niort ouvert en 1675, et celui de Mauzé ouvert en 1690 en tant que relais sur la route de La Rochelle. C'était l'époque de la Poste aux Lettres et aux Chevaux avec des diligences parcourant les routes, particulièrement en mauvais état à l'époque.
Les bureaux étaient la plupart du temps attenant à des auberges pouvant accueillir équipages et passagers. Mais pour envoyer une lettre, il fallait envoyer un porteur vers l’un de ces bureaux, ce qui à l’époque était compliqué et très long.
A chaque Relais l'on devait changer
les chevaux.
Instauration d'un premier relais de Diligences à Beauvoir
On
ne sais pas exactement quand ce premier relais fut créé, en tout cas il correspondait à la distance nécessaire pour
faire reposer chevaux et équipages au départ de Niort ou de Loulay.
C'est en
1708 que parait le premier « livre de Poste » qui donne la liste des routes
et des relais présents sur tout le territoire de France, la distance séparant ceux-ci exprimée en "Poste" (soit entre 10 et 16 kilomètres selon le relief), ainsi que le prix à payer au maître de Poste.
C'est ce mot de "Poste", signifiant la distance que parcourait en moyenne un équipage chaque jour, qui donnera le nom à l'institution que nous connaissons aujourd'hui.
Ce livre sera imprimé chaque
année.
Sur l'édition de 1782 on voir apparaître Beauvoir sur la route de Saintes.
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Livre de Poste de 1782 L'on peut y lire que Beauvoir se tien à peu près à équidistance de Niort et de Loulay, soit environ deux postes. |
Il
semble qu'a cette période le relais de poste se trouvait à coté de la
mairie actuelle, les bâtiments à l'arrière permettant d’accueillir
chevaux et Diligence. D’ailleurs à cet emplacement un restaurant a longtemps conservé le nom d' "Auberge des voyageurs".
Il est possible qu'à ces époques certains courriers de la Foye aient été acheminés et confiés à des cochers de Diligence passant par Beauvoir lorsque le destinataire se trouvait à Niort ou bien à Saint-Jean d'Angély, mais les délais étaient très aléatoire. A ce jour nous n'avons pas retrouvés de courriers de cette période originaires de La Foye.
Février 1807, un premier bureau est ouvert à Beauvoir.
Ce
sera le passage des troupes de Napoléon 1er en partance vers le sud et
les Pyrénées, puis plus tard pour l'Espagne pour y faire la guerre (De Novembre 1908 à Janvier
1909), qui rendra nécessaire l'ouverture du bureau. En effet le déplacement des convois était assez lent (soldats, matériels, vivres, etc), et à chaque étape il fallait organiser une communication rapide avec l'intendance restée à Paris.
Ce premier bureau ouvrira officiellement le 6 février 1807, Il servira principalement
pour le courrier militaire. Il est probable qu'il ait été installé dans les bâtiments du relais de Diligences, ou juste à coté.
Lettre du 4 Juin 1809 adressée par Pierre L'Evesque à son père qui est tonnelier à La Foye.
Alexis fait partie des troupes de Napoléon en partance pour l'Allemagne et l'Autriche. Il écrit de Colmar (Alsace) pour donner de ses nouvelles à ses parents.
Le bureau de Poste de Colmar a apposé son cachet au départ. Le courrier est passé par le bureau de Niort, puis acheminé par diligence au bureau de Beauvoir ou un porteur est venu le chercher.
Ce premier bureau de Beauvoir fermera en septembre 1914 après l'abdication de l'Empereur (Mai 1814).
La lettre ci-dessous a été envoyée le 27 Juin 1814 par Louis Arnaud, curé de Beauvoir, à l’évêché à Poitiers. Elle a emprunté la diligence pour Niort, ou à l'arrivée elle a reçu le cachet du bureau. Elle a été envoyée en Port-Payé (P.P.) comme c'était la coutume à l'époque lorsque l'on écrivait à un notable. A noter que le département des Deux-Sèvres portait alors le numéro 75.
1814, Retour à la situation antérieure. Depuis cette fermeture, et jusqu'à l'organisation d'une vraie Poste dans la région, la quasi totalité du courrier restera local et sera acheminé par un "porteur", le plus souvent un domestique, au domicile du destinataire, comme on peut le voir ci-dessous dans ce courrier adressé en Août 1816 par André-Augustin Vien, ancien maire de La Foye à son successeur Gabriel Manceau.
A Monsieur, Monsieur…
Répété
deux fois en tête des lettres: C’est la survivance d’un usage de politesse du Moyen-Âge ou l’on donnait du «Monseigneur» aux personnages importants, voire
« Monsieur » au Roi
16 Septembre 1819. Lettre de Jean Savignac, habitant Niort acheminée par la diligence de Beauvoir, transmise par porteur au Maire de La Foye, Gabriel Manceau. |
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1829 : Création de la Poste Rurale en France
En ce début de XIXème siècle, seuls les bureaux principaux étaient
desservis. Le service de la Poste Rurale ne sera officialisé qu'en 1829 sous le roi Charles X, (loi
des 3 et 10 juin 1829), permettant à toutes les communes du Royaume
de France, jusqu'à la plus petite, de bénéficier de la levée et de la
distribution du courrier. Pour cela, cette loi prévoyait de lancer sur les chemins une armée d’agents afin
d’opérer la collecte et la distribution du courrier auprès de tous
les Français.
Cette réforme sera mise en œuvre dès le premier Avril 1830. Elle favorisera la création de nouveaux bureaux de distribution dans les cantons et
gros bourgs. Ce signifiera aussi l'installation de boîtes aux lettres
dans les quelques 35
000 communes encore dépourvues de service postal. Pour le service de ces
boîtes, 5 000 facteurs ruraux seront recrutés.
Août 1832, un nouveau bureau ouvre à Beauvoir
Il fera partie des nombreux bureaux ouverts dans les Canton des Deux-Sèvres, suite à la création de la Poste rurale.
La création du corps des facteurs ruraux sera une vraie révolution et désenclavera toute notre région. Enfin, le courrier pouvait arriver et partir du village avec une organisation dédiée à son transport !
D’abord bureau de distribution (ne pouvant pas effectuer de transactions financières), le bureau de Beauvoir deviendra bureau de direction en Novembre 1845 (capable de gérer toutes les opérations postales)
En
effet il desservait toutes les communes des alentours et peu à peu le
volume de courrier s'était développé, sans compter la correspondance de
plus en plus nombreuses des notaires, médecins et commerçants.
A
cette époque, il y avait trois départs par semaine vers
Saint-Jean-d’Angély : les mardi, vendredi et dimanche. Pour Niort
c’était les lundi, jeudi et samedi.
Il semble que ce bureau ait très peu
servi. A ce jour on n'a pas rencontré de courriers qui y aient été
postés dans cette période. Plus tard, l'on empierrera dans la forêt la route desservant Chizé à
partir de Beauvoir, ce bureau ayant été ouvert en avril 1861.
Le bureau de poste de Beauvoir déménagera à plusieurs reprises. Au
début des années 1900, il était situé sur la rue de Saint-Jean-d’Angély (alors route nationale).
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| Bureau de poste à Beauvoir, ca 1900 |
C'est donc à partir de mi-1832 que les habitants de la commune de La Foye pourront directement porter leur courrier au bureau de Beauvoir.
C'est ce que fera dès Octobre de cette même année un dénommé A. Lemont (?), habitant du hameau de la Mirauderie. Il écrit à sa mère habitant à Fontenay-le-Comte.
C'est le premier courrier retrouvé à ce jour pour cette période.
Cette lettre du 7 octobre 1832 a été postée à Beauvoir, où le facteur à apposé le cachet linéaire du bureau de poste du bourg. Elle arriva le lendemain à Niort où elle recevra le grand cachet circulaire du bureau. On y parle du début des vendanges…
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A l’époque, ni timbres ni
enveloppes, mais une simple feuille de papier pliée soigneusement, et le
postier avait inscrit à la main le prix à payer pour l’acheminement, ici le chiffre 2
(signifiant 2 décimes, soit 20
centimes). A noter que le département des Deux Sèvres portait alors le numéro 75.
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Le service de facteurs.
Il faudra attendre 1835,
pour qu'un premier service de facteur desserve le village de La Foye.
Au début ce sera tous les deux jours. Il se déplacera à pied, puis plus tard en bicyclette.
Avant
1830, il n'y a pas de facteur en milieu rural. Il faut aller chercher son courrier.
De
fait, plus de 260 000 lettres par an partent au rebut.
Début 1832 ils sont 5000. Ces
facteurs ruraux ont un métier éprouvant. Jusqu’en 1890, ils seront payés au
kilomètre parcouru.
On reconnaît les facteurs à leur
pantalon et guêtres de toile. Sur leur veste en drap au col droit rouge,
ils portent une plaque « facteur rural ».
L'installation des premières boites aux lettres
Conjointement avec le recrutement de facteurs faisant une tournée à partir du bureau, une première boite aux lettre sera installée au bourg, suivie de plusieurs autres, puis plus tard dans les autres villages de la commune..
Il faut noter que le recrutement et le salaire des facteurs étaient à la charge de la Poste, mais que l'installation des boites aux lettres et leur entretien état à la charge de la municipalité.
Plusieurs sociétés proposaient des modèles agréés. Leur apparence variera au fil des années.
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Boite aux lettres rurales en bois et métal peint. Serrure Delachenalà 2 indicateurs de levée vers 1880.
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Dans cette boite aux lettres un cachet avait été installé à l’intérieur. Il, qui devait être apposé sur le courrier lorsqu’il était ramassée, et qui permettait d’identifier le lieu. Ce cachet portait la lettre « F »., les lettres A à E étant réservés aux villages plus près de Beauvoir, dans l'ordre de la tournée effectuée par le facteur.
Exemple d'indicatif de boite "G"
Plusieurs autres boites seront installées par la suite, qui porteront d’autres lettres.
Dans le courrier ci-dessous, datant de février 1838, Anatole Marchand, charron à La Foye, écrit à un fournisseur de Fontenay-le-Comte. La lettre a été postée dans la boite « F » du bourg, où elle a été ramassée par le facteur. Elle sera ensuite remise au bureau de Beauvoir, avant d’être acheminée au bureau de Niort puis à Fontenay par la diligence des Postes.
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Lettre "F" identifiant la boite, dans le petit cercle noir en bas à gauche,
le cachet du bureau de Beauvoir en haut à gauche,
et celui circulaire et plus large du bureau de Niort en haut à droite | |
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Lors de sa tournée le facteur
passait à la mairie pour distribuer le courrier et collecter les lettres en
partance. Pas besoin d’apposer le cachet rond puisque à l’arrivée le postier de
Beauvoir apposerait son petit cachet à date, qu’il avait reçu en 1838.
Ci-dessous une lettre collectée en mairie et acheminée par le facteur au bureau de Beauvoir en Juin 1848.
Elle a été écrite par Frédéric Théodore Marchesseau, le Maire de La Foye à cette époque. Elle est destinée à Mr Beguier, un
Notaire de Niort, qui recherche un document concernant une certaine Mme Audain qui s'était mariée à La Foye.
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Le tarif d'acheminement de l'époque est de 20 centimes, soit 2 décimes (chiffre manuscrit "2" )
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La
lettre sera acheminée le jour même à Beauvoir, (voir cachet circulaire), puis parviendra à Niort le lendemain.
Parfois la lettre n’était pas postée dans la boite mais remise directement au facteur lors de sa tournée. Dans ce cas, il apposait son petit cachet rond « OR » (Origine Rurale), qu’il avait au fond de sa sacoche.
Dans la lettre ci-dessous, datant de mai 1851, Jean Chevalier, habitant Rue des Artisans, passe une commande de fil à broder à un marchand du Puy-de-Dôme. Il remet directement sa lettre au facteur lors de son passage. Celui-ci a apposé le petit cachet « OR » qu'il avait au fond de sa sacoche, avant de la ramener à Beauvoir, où elle a reçue le cachet circulaire du bureau de Poste.
A droite, petit cachet OR dans son étui de cuivre appelé "Nénette".
Extension aux villages de la commune
Progressivement, des boites seront installées dans les hameaux rattachés à la commune, pour éviter aux expéditeurs de se rendre au bourg. De son coté, le
facteur allongera sa tournée.
Ces boites dites « supplémentaires »,
portaient la lettre de la boite principale du village, suivi d’un numéro
attribué au fur et à mesure de leur création.
Ci dessus indicatif G4
Dans un délibéré du conseil du 8 Avril 1871 (ci-dessous), on peut lire que le conseil municipal alloue un montant de 157 francs pour installer une boite aux lettres dans le village de Treillebois.
A cette époque, le Maire est Louis-François Martin (voir signature)
À
partir de 1875, on trouve une boite à
Treillebois, au Grand-Bois, puis au Puyroux.
Puis, vers 1900, apparaissent des boites en fonte, plus solide et plus étanches aux intempéries.
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| Modèle Delachénal 1900 |
Comme précédemment, le facteur doit
apposer le petit cachet présent à l’intérieur de la boite, lors du
relevage du courrier
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| 1911-Carte postée à la boite du Grand-Bois (Boite B/5) |
La tournée du facteur
Qu’il vente ou qu’il neige, été
comme hiver, le facteur marche par tous les temps.
Six jours sur sept, ils parcourent
près de 30 kilomètres, la plupart du temps à pied, parfois à cheval.
D’abord tous les deux jours, les
villages du canton ne recevront sa visite quotidiennement
qu’à partir de 1890.
Les premières tournées à bicyclette
ne seront réellement encouragées qu’à partir de 1902.
Chaque jour, le facteur fait un grand parcours, et hormis la commune de La Foye, il dessert aussi le Cormenier, ce qui fait que le courrier est distribué très tard au Bourg. En Décembre 1910, le Maire s'en plaint auprès du Directeur des Postes des Deux-Sèvres. Mais celui-ci ne veut pas faire de modification.
Deux mois plus tard, le 27 Janvier 1911, le Maire, Félix
Garnaud, réunit son conseil pour proposer une modification complète du circuit du facteur sur la commune.Se sentant lésés, trois conseillers de Treillebois et Limouillas (M Geoffroy, Eugène Arnaud, et Henri Izambard), votent contre, mais au final la résolution est adoptée.
Le lendemain, Félix Garnaud envoie un courrier au directeur des Postes :
" Monsieur le directeur,
J’ai l’honneur de vous exposer que le service des Postes, pour
la commune de La Foye Monjault, pourrait se faire d’une manière plus
avantageuse en desservant le bourg de La Foye en premier et
sans que la tournée du facteur ne fut augmentée.
Actuellement le village de Limouillas qui compte 127
habitants, et qui n’a aucun commerçant, est desservit le premier, de 8h00 à 8h00
et demi du matin
Le village de Treillebois qui compte 265 habitants n’a pas
un commerçant est desservi de 9h00 à 10h00.
Le bourg de la Foye Monjault qui compte 551 habitants, est desservi de
10h00 à midi,
Le Grand-Bois et le Puiroux (200 habitants environ) sont
desservis de midi à deux heures.
Enfin la deuxième levée se fait à La Foye de 2h00 à 3h00.
Si le facteur en partant de Beauvoir venait directement à La
Foye Monjault, le chef-lieu serait desservi le premier, de 8h00 à 10h00
du matin, les villages du Grand-Bois et du Puyroux recevraient leur
correspondance vers 11h00 à midi, la deuxième levée se ferait à La Foye, de
midi à 1h00 et demi, puis Treillebois serait desservi, enfin la tournée se
terminerait à Limouillas vers 3 heures.
Je viens vous faire remarquer monsieur le directeur :
1 – Que le bourg de La Foye est le point central de la
tournée du facteur, la population y est plus nombreuse, il y a des foires, des
marchés, un notaire, la Mairie, les écoles et plusieurs commerçants, les 4/5èmes
des correspondances sont destinées pour cette localité.
2 – Que le village du Grand-Bois est le
chef-lieu de la commune du grand-Prissé, et possède une école, la Mairie. Ce
changement lui serait donc favorable.
3 – Que le village de Treillebois situé à un kilomètre de La
Foye, ne compte pas un seul commerçant
4 – Que le village de Limouillas, situé à quatre kilomètres
de La Foye, ne pourrait en aucun compte se plaindre de ce changement, car la boite
est souvent vide.
J’ai l’honneur de vous soumettre cette combinaison, Mr le
Directeur, et en même temps vous demander ce changement, j’ai lieu de croire,
qu’après l’avoir examiné, vous l’accueillerez favorablement. "
Cette demande sera accordée.

Facteur avec sa bicyclette dans les rues du village
La Foye veut son bureau !
Au début de l’année 1911, Arthur Birard est conseiller municipal. Son commerce de vins et alcools installé dans ses chais en face du cimetière, nécessitait de nombreux courriers, et pour lui, la liaison avec Beauvoir n’était pas pratique. Sachant que plusieurs bureaux étaient déjà ouverts dans les villages environnants, il soumit au conseil la demande d’ouverture d'un bureau de poste au bourg. Le conseil fut d’accord sur le principe mais voulut d'abord en connaître le coût. Une demande fut adressée à la direction des postes ainsi qu'à la préfecture.
Le 16 juillet 1913 le ministère des postes, via le préfet, donne son aval pour la création d’un établissement de facteur-receveur.
Birard, à présent élu Maire, convoque aussitôt une séance extraordinaire pour le 31 juillet. Il ne reste plus qu'à trouver un local correspondant aux normes réglementaires. Le choix du maire se porte sur une partie des locaux de la maison de Mlle Boyer, située à l’intersection de la rue du centre en direction d’Usseau et de celle vers Vallans. Mais avant de pouvoir l'occuper, il faut y faire d’importants travaux d'aménagement,.
À la réunion du 26 Octobre 1913, le montant de ces travaux, estimé à 3 000 francs, est jugé excessif par le conseil, sachant que le projet final le projet était de faire construire un nouveau bâtiment dès que son financement serait accordé.
En attendant, un autre local sera trouvé. Cette fois, c'était la maison de Ferdinand Châtain près du champ de foire, moyennant un loyer de 200 francs et la signature d'un bail de neuf ans.
L’administration des postes validera le local après avoir ordonné quelques modifications. C’est donc dans un bâtiment provisoire que le premier bureau de poste ouvrira ses portes, le 15 novembre 1913.
Pour l'occasion la poste dotera ce bureau d'un cachet postal : «Foye-Monjault», devant être apposé par le nouveau postier sur chaque lettre au départ.
Le bureau sera une « recette-distribution », c'est-à-dire qu’il ne pourra pas, dans un premier temps, effectuer d'opérations commerciales.
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Carte Postale de mai 1914, quelques mois après l’ouverture du premier bureau.
À l’époque, on envoyait des courriers de La Foye vers le Grand-Bois.
Le cachet du bureau de La Foye comportait un cercle extérieur en pointillés, ceci indiquant que c'était une recette-distribution. |
Il semble que le premier postier fut Émile Bonneau. Dans les registres on note que celui était en permanence insatisfait de son salaire et effectuait régulièrement des réclamations.
La construction du nouveau bureau sera entreprise à la veille de la grande guerre.
Selon le modèle imposé par l'administration, le bureau devait être une maison avec au rez-de-chaussée le local de poste, et à l’étage un logement pour le facteur-receveur et sa famille. Après validation du plan et devis de l’architecte, la municipalité contractera un emprunt de 12 000 francs, remboursable sous trente ans. Il fallut aussi déplacer la bascule communale, ce qui coûtera 1 400 francs.
Le 4 février 1914, après plusieurs discussions sur l’emplacement soit en haut ou en bas du champ de foire, le conseil lança un appel d'offres afin d'organiser les travaux. Hélas, quelques mois plus tard, la guerre mettrait un terme au projet. Il y avait d'autres priorités !
En juillet 1915, le conseil décidera de relancer les travaux en régie. Au cours des deux années qui suivront, il faudra financer des suppléments. La construction du bâtiment sera finalement achevée fin 1915, et c'est donc en Janvier 1916 qu'il ouvrira.
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| Lettre de Jean Béziau, vétérinaire à La Foye, en août 1918. |
Le facteur dans sa tournée.
Le poste téléphonique
Début 1913, un premier poste téléphonique avait été installé au bourg. Le 23 novembre, le conseil décidera de le transférer au bureau de poste.
Pour ce service supplémentaire incluant le portage des dépêches. le receveur du bureau demanda à être payé 150 francs de plus par an, Mais de son côté, le forgeron Arsène Marchand proposa d'assurer le même service pour 130 francs. C'est lui qui obtiendra le poste, la municipalité étant soucieuse des coûts.
Hélas, Arsène Marchand sera imobilisé en 1915. Après délibération, le conseil municipal décidera de le remplacer par un dénommé Octave Migaud qui, profitant de la pénurie d'hommes, réussira à obtenir une rémunération de 200 francs par an.
Le télégraphe
Aussitôt inauguré, le nouveau bureau possèdera son télégraphe, ce qui lui permettra d'émettre des mandats, c'est-à-dire effectuer des ordres de virement.
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| Coupons de télégraphe émis au bureau de La Foye. |
De la tournée en vélo à la tournée en voiture.
Dans les années 1940 le bureau sera tenu par la famille Aubry, En effet, l'administration privilégiait l'installation de couples, la femme pouvant tenir le bureau pendant la tourné du mari.
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| Bureau de poste de La Foye, ca 1940-50. |
Le postier possédait une voiture pour ses tournées qu'il effectuait l'après-midi dans toute la commune, le matin étant gérer a trier le courrier reçu, et gérer le bureau.
Jacky Aubry posant devant la voiture de son père.
L'après-guerre
Le bureau vivra son âge d'or entre 1950 et 1970.
Ce sera la famille Baranger qui reprendra la suite au bureau.
Le bureau et l'allée de tilleuls
Quelques courriers de cette époque:
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| Courrier d'octobre 1945 à destination de Paris. | | | | | | |
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| Courrier de novembre 1953. |
Mais comme dans la plupart des villages, le volume de courrier se révélera insuffisant, le téléphone prenant de plus en plus d'importance pour la communication.
Soumis aux contraintes de rentabilité, le bureau fermera ses portes en 1965.
Il sera remplacé dans un premier temps par le passage hebdomadaire d’un fourgon ambulant, puis dans les années 1990 par un facteur en camionnette.
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Bon de recouvrement des années 60
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Désormais les courriers ne porteront plus que le cachet du bureau de Beauvoir-sur-Niort.
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