C’est à Claude Dupin, premier préfet des Deux-Sèvres de 1800 à 1813, que revient la tâche de pacification et de redressement économique. Dès lors, l'histoire du département des Deux-Sèvres suit celle du pays.
Toute la période suivante sera faste pour les habitants de La Foye dont certains s’enrichiront grâce au commerce du vin, mais les générations successives de jeunes paieront un lourd tribut aux différentes guerres qui se succèderont et priveront de bras les vignerons et agriculteurs de la commune. Ce seront les Guerres coloniales, et surtout l’épisode douloureux de la guerre Franco-prussienne de 1870, qui feront beaucoup de morts parmi les conscrits de La Foye. La liste est impressionnante.
Sous la Restauration
Après la fin du premier Empire et l’épopée Napoléonienne, c’est le retour de la monarchie (la Restauration).
Trois Rois se succéderont (Louis XVIII (Juillet 1815-Septembre 1824), Charles X (Septembre 1824-août 1830), Louis-Philippe (Août 1830 – Février 1848).
La commune compte environ 1000 habitants. Il y a un certain nombre de grands propriétaires, et de nombreux métayers, tâcherons appelés « Journaliers ». Les plus aisés ont des domestiques et femmes de ménage. Tous les métiers nécessaires à la vie de la population (Boulangers, Bouchers, Tisserands…) mais aussi au commerce du vin et Agriculture y sont représentés (Vignerons, Tonneliers, Bourreliers, Forgerons.) Le vin se vend bien et celui de La Foye continue à avoir une bonne réputation dans la région. Il ne s’exporte plus à l’étranger mais dans tout le nord des Deux-Sèvres. Les foires de La Foye ont grande réputation et il y a beaucoup de monde.
Les notaires
C’est un métier en vogue à La Foye. Ils seront nombreux à s’y succéder, en charge de dresser les actes et contrats passés entre particuliers.
Au XVIIIème siècle ce sont des notaires royaux. On note André-Augustin VIEN. Puis c’est la famille Delavaud qui y exerce depuis le XVIIème siècle (par exemple Amable-Bernard Delavaud (1773-1832). Vient ensuite Fréderic Theodore Marchesseau qui sera également maire de la commune. Et ensuite LEFEVRE, notaire à La Foye-Monjault.
Sous Louis XVIII l’ordonnance royale de 1821, laissa dans le canton de Beauvoir, deux résidences royales. L’une à Beauvoir, l’autre à La Foye Monjault. Cette dernière sera supprimée par décret présidentiel le 4 mai 1903.
Sous le second Empire
En 1848, Louis-Napoléon Bonaparte se fait élire président de la République. Trois ans plus tard il se proclame Empereur sous le nom de Napoléon III.
A La Foye le commerce du vin est à son apogée. C’est à cette époque que les grands propriétaires vignerons se font construire de grandes maisons bourgeoises dans le village. Pour marquer leur différence, certaines se font couvrir d’ardoise. Toutes ont sur le coté de grands chais munis de pressoirs, et à coté des écuries pour les chevaux. Le personnel y est nombreux et pour les vendanges on fait appels aux journaliers.
On conserve dans des fûts l’eau de vie au « goût de violette » qui se conserve plusieurs centaines d’années. D’ailleurs plus tard la commune de La Foye sera intégrée dans la zone d’appellation contrôlée Cognac. De nombreuses parcelles de vignes, alors très morcelées, passent souvent de mains au gré des successions.
Le temps des grandes épidémies
Plusieurs épidémies séviront et à cette époque on ne sait pas encore les combattre et il y aura des ravages parmi la population. Dans les registres il y a beaucoup de morts du Choléra et Fièvre Typhoïde, ou quand ils sont trop vieux, de « caducité ».
Le 13 janvier 1855, c’est Augustin Brulay, curé de La Foye qui décède à l’âge de 37 ans de fièvre Typhoïde au presbytère de La Foye. Déclaration de Jacques Moreau, sacristain de La Foye.
Hommage à Napoléon III
A priori le conseil municipal de La Foye appréciera Napoléon III car après sa défaite et son exil en Angleterre, il enverra une lettre de félicitation pour l’anniversaire du Prince Impérial. Et ce sera notaire de la Foye Monjault, Mr Bernuchon qui avec une délégation des Deux-Sèvres, participera à la célébration de la majorité du Prince impérial à Chislehurst (Angleterre) le 16 mars 1874.
3/ La IIIème République
Les progrès seront sensibles surtout dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Le développement du réseau routier et ferroviaire et l'introduction de nouvelles activités agricoles et industrielles contribueront à l'essor du commerce et des foires, ainsi qu'au développement de quelques industries (sucrerie à Melle, industrie agro-alimentaire, ganterie, construction automobile à Niort ou dans le nord du département). La Foye profitera de cet essor, mais subira de plein fouet l’impact de Phylloxéra qui réduira à néant son vignoble. S’ensuivra une longue période de déclin, et une nouvelle vie agricole au XXème siècle.
3/ L’âge d’or du Vignoble
Jusqu’en 1875, les vignes occupaient la plus grande partie du territoire communal. Les superficies y avaient doublé, étant passées de 486 ha à 900 ha. Le vin avait une bonne réputation régionale et viellissait bien, jusqu’à 15 ou 20 ans en bouteille selon certains auteurs. Négociants, marchands, courtiers, viticulteurs y faisaient vivre de nombreux métiers. Les foires aux vins de La Foye Monjault étaient très fréquentées. Les transactions duraient 8 jours.
L’âge d’or
Pendant quelques années les vins de La Foye continuèrent à s’exporter. En 1879, les prix de l’hectare de vigne varient suivant la qualité du vin : 2500 livres à Beauvoir, 3000 livres à Marigny, 3200 livres au Cormenier, 5000 livres à La Foye Monjault et en comparaison 2000 livres à Pamproux. En plein essor, le canton totalise 4100 hectares de vignes dont 900 à La-Foye-Monjault, 700 à Marigny et 300 à La Charrière.
Un habitant de la Région, Justin Arnaud (Cultivateur à La Foye Monjault en 1868-1874), raconta dans un livre (livre de bord et comptabilité), toute cette époque douloureuse pour les habitants de la région.
Les 23, 24, 25 Avril 1873, nos vignes sont toutes gelé, très peu de sauvé. J’ai fait deux barriques.
A la Maisonneuve, le 1er Mai de l’année 1873, beaucoup de foin, très peu de blé.
Le 25 Octobre 1865, j’ai vendu à Monsieur Riffeaut, deux barriques dont une de vin et une de boisson pour 45 francs, payé.
1865. Mr Bernard. Le 30 Novembre je lui ai vendu six barriques de vin, dont notre frère en a fourni une, pour un total de 254 francs. Je dois à Mathé deux charretées de fumier, un tour de fumier à la jument, une autre a deux juments. Je lui ai vendu de vin 45 francs.
Le 22 août 1872, j’ai acheté ma jument à l’âge de 2 ans et demi pour 500 francs.
Mon beau-père Nourrigeon me re-doit 50 francs après notre arrangement du 13 mai 1873.
Récolte de 1874. J’ai vendu une barrique de vin à Sauvaget, facteur à Niort, pour 50 francs.
J’ai vendu des barriques de vin à Piots pour 125 francs, avec les frais.
Nourrigeon. Je lui ai fait vendre ses fagots. Je re-dois 1 franc pour mes fagots de javelle, un tour de fumier au champ du bois, 3 barriques de vin à Niort. Je re-dois 3 demi journées, trois tours de sable, du fumier au champ du bois.
La mort des vignes à partir de 1875
Malheureusement, après la crise de l’oïdium en 1845-1850, le phylloxera, l’Attila des pucerons, originaire des Amériques, apparaît en 1875, introduit par des plants de vignes importés par bateau, progressant à une vitesse vertigineuse (20 Km par an).
Ce fut un coup de tonnerre. De 1878 à 1885, l’invasion du phylloxéra, détruisit 21700 hectares de vigne dans les Deux-Sèvres. A ces pertes s’ajoutèrent celles occasionnées par le terrible hiver de 1891 et la désastreuse sécheresse de 1883
Les premières taches firent leur apparition dans le Fief de la Brousse entre Limouillas et Treillebois. Au départ, on attribuait cette grande tache jaune, à un coup d’orage. En 1881, cependant, la récolte avait été excellente, mais la maladie gagna rapidement du terrain. Le domaine est totalement infesté. La surface régresse de 4100 hectares à 294 hectares en 1904. Ce mal, qui s’attaque aux racines des ceps, causa des dégâts dans tous les vignobles de France. Les conséquences humaines et économiques furent considérables. Le prix de la terre baissa dans des proportions énormes : De 5000 francs l’hectare de vigne à La Foye en 1879, il passe à 500 francs en 1884. Les viticulteurs ruinés partent : Beauvoir perd, en un quart de siècle, 22% de sa population (Le canton perd 1333 habitants).
Des tentatives de replantation, avec des cépages américains, ne furent guère encourageantes en Poitou. En effet, les traitements chimiques, consistant à injecter du sulfure de carbone dans le sol, ne suffirent pas à enrayer le mal, les plants américains résistant au parasite ne s’accommodèrent pas des sols de la région. Ce n’est qu’en 1890 que la solution est trouvée : Greffer des plants français sur les ceps américains. Dès lors la reconstitution est possible là où les propriétaires ont encore les moyens d’investir. Ailleurs, comme dans notre région, on évitera désormais les risques d’une quasi monoculture en diversifiant la production. La surface replantée en vigne dans notre département resta dérisoire par rapport à ce qu’il était avant la crise.
Ce déclin se trouva légèrement compensé par l’arrivée d’éleveurs vendéens, qui trouvèrent là de terres à un prix dérisoire. Cette mutation de population, ainsi que la naissance et le développement des laiteries-coopératives, permet une transformation radicale de l’économie de cette région : Désormais, le lait remplace le vin.
Cet épisode fut relaté par Maxime Arnaud, grand père de Marcel ARNAUD, agriculteur habitant à la Maison Neuve dans la commune de La Rochénard dans un petit livre : « Souvenirs d’un vieux paysan » et sous titré " De la chandelle de résine à l'ampoule électrique » (Maxime ARNAUD est né le 18 avril 1875 et est décédé le 8 novembre 1961).
Dans le Sud des Deux- Sèvres, beaucoup de propriétaires furent ruinés. La crise viticole entraîna une émigration et la diminution du nombre des propriétaires fonciers : La Foye-Monjault en recense 405 en 1860, 324 en 1930 et 225 en 1975. La grande propriété devint éphémère…
A la fin du XIXème siècle, après la crise du phylloxéra, commencent à naître les premières laiteries coopératives, qui vont devenir l'une des spécificités du département. D'abord présentes autour de Surgères, puis de Mauzé, elles atteignent leur apogée à la veille de la Première guerre mondiale.
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