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Supplique au juge sénéchal de la Foye-Monjault adressée par les soeurs Louise et Madeleine LÉVESQUE.
Avec la contribution de Thierry PERONNET et Jacques DAMOUR
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Contexte
Sous l'Ancien régime la justice seigneuriale était chargée d'arbitrer les conflits entre paysans, ou entre ces derniers et le seigneur. Vers 1718 le châtelain du village était un abbé commendataire (peut être le Dom Pierre d'HAUTEVILLE ou le Dom POIRIER). Il ne demeurait pas à la Foye, mais comme de toute façon depuis le XVIe siècle le seigneur ne jugeait plus personnellement, on nommait à cette fin un juge.
Dans cette lettre, Louise et Madeleine LÉVESQUE s'adressent à lui pour une raison que nous ignorons, en rapport avec des domaines qui auraient appartenu à leur père, Antoine LÉVESQUE. Cette démarche fait suite à son décès.
En 1718, Louise a 28 ans et sa soeur Madeleine 36 (celle-ci avait épousé Laurent GUILLEBOT en 1703). Elles étaient les filles d'Antoine et de Jeanne MANGOU, sa seconde épouse.
Sa première femme avait été Catherine NOURRIGEON, dont il est question, décédée à la Foye en 1681. Ils avaient formé une communauté de biens, laquelle comprenait des terrains qu'il avait acquis à cette époque, selon un acte passé chez ROCHETEAU le 15 mai 1677.
ROCHETEAU fait partie des notaires dont les archives ont disparus (tous les actes notariés devaient être enregistrés par le contrôleur fiscal et consignés dans les registres de contrôle des actes. Ces registres constituent la série 2C, allant de 1693 à 1792).
Le recours est fait alors que Louise est mariée à André, mais cela ne signifie pas que le décès d'Antoine soit récent. La liquidation de communauté pouvait être faite plusieurs années après le décès des parents. Le litige porte peut-être sur ce partage. La veuve a pu récupérer aux yeux des filles trop d'argent, plus particulièrement l'argent venant des ventes faite avant d'avoir passé un contrat de mariage avec sa dernière épouse.
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Texte
À monsieur le juge sénéchal de la châtellenie de la Foye-Monjault
Supplie humblement Louise LÉVESQUE, femme d’André GABORIT et Madeleine LÉVESQUE, femme de Laurent GUILLEBOT, laboureur demeurant au présent bourg de la Foye, lesdites Lévesque héritières d’Antoine LÉVESQUE, leur père, procédant sous l’autorité desdits GABORIT et GUILLEBOT, leurs maris, disant que dès le 15 de mai 1677, pour tenir lieu de récompense audit Antoine LÉVESQUE, leur père, de plusieurs domaines qu’il avait vendu des ses propres, dont il en aurait porté les sommes dans la communauté de lui et de Catherine NOURRIGEON, sa femme, ladite NOURRIGEON par contrat passé par devant ROCHETEAU, notaire à Gript, dudit jour 15 de mai 1677 …
[fin de la page, suite manquante]
Supplie humblement Louise LÉVESQUE, femme d’André GABORIT et Madeleine LÉVESQUE, femme de Laurent GUILLEBOT, laboureur demeurant au présent bourg de la Foye, lesdites Lévesque héritières d’Antoine LÉVESQUE, leur père, procédant sous l’autorité desdits GABORIT et GUILLEBOT, leurs maris, disant que dès le 15 de mai 1677, pour tenir lieu de récompense audit Antoine LÉVESQUE, leur père, de plusieurs domaines qu’il avait vendu des ses propres, dont il en aurait porté les sommes dans la communauté de lui et de Catherine NOURRIGEON, sa femme, ladite NOURRIGEON par contrat passé par devant ROCHETEAU, notaire à Gript, dudit jour 15 de mai 1677 …
[fin de la page, suite manquante]
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