En 1868, notre commune fut victime d'une affaire de fausse monnaie qui sera jugée le 9 Juin 1868 à la cour d'assise des Deux-Sèvres, sous la présidence de M. Aubugeois de la Villedubost, conseiller à la cour impériale de Poitiers. Sur le banc des accusés : Jacques Jolly, âgé de cinquante deux ans, jardinier, né à Maillezais (Vendée), accusé d'avoir le 25 janvier dernier, jour de foire à Beauvoir, émis et tenté d'émettre plusieurs pièces de 5 francs, sachant qu'elles étaient fausses.
Auparavant Jolly avait eu une vie dissolue. Jardinier chez le curé de Vix (Vendée), il lui avait dérobé un ostensoir, ce qui lui valut d'être traduit devant la cour d'assise. Ensuite il devint marchand de chevaux, puis à nouveau jardinier dans différents hospices, dont celui de Poitiers ou il se fit renvoyer pour avoir proposé à une sœur de se marier avec elle.
Jardinier à Niort, il viendra s'établir en 1865 dans le canton de Mauzé. A partir de cette date, de fausses pièces de 5 francs circulent dans le canton et aux alentours.
  |
| Faux du 5 francs Napoléon III, tête laurée |
Joly avait acheté une cabane dans un endroit isolé, à 400 mètres de toute habitation. Lors du procès il explique que c'est de cette cabane qu'il avait vu un homme et une femme, de petits marchands forains sans doute, qui enfouissaient quelque chose au bord de la grande route.
Ayant trouvé la cachette, il découvrit une certaine quantité de pièces qu'il estimait "étrangères" et il décida d'en tirer partie.
Le 25 janvier, il décide d'aller à la foire de Beauvoir. En route il laisse son char-à-banc et sa jument chez un aubergiste de La Foye : François Giraud (voir généalogie ci-dessous).
Il le paie en fausse monnaie, ce que l'aubergiste ne remarque pas immédiatement. Dans le char-à-banc Joly laissera quelques vêtements qui permettront de l'identifier plus tard.
Ensuite, il se rend à pied à Beauvoir, ou il arrive en pleine foire. Il attend le soir pour placer ses fausses pièces. Il se rend successivement chez Louis Bonneau pour lui acheter de l'eau de vie. Puis chez la dame Alleau pour lui acheter des bougies. puis chez la dame Gellé pour prendre un petit verre, chez le sieur Percheron pour acheter une savonnette. Puis il se présente chez le sieur Manifer pour lui acheter une bougie. Celui-ci observe la pièce de 5fr qui lui est offerte et la refuse. Joly retire bien vite la fausse pièce et solde avec une vraie pièce.
Ensuite il va au bureau de tabac tenu par le sieur Seyman, brigadier de la gendarmerie en retraite. Il s'adresse à la femme de ce dernier et lui présente une fausse pièce. Pendant que la bonne dame comptait la monnaie, le Brigadier, arrive, fait sauter la fausse pièce de 5fr qui fait un bruit d'étain, et dit à Jolly "Votre pièce est fausse, vous êtes un fripon, vous ne sortirez pas d'ici". Sa femme courre prévenir la gendarmerie. On trouve sur lui dix pièces de 5fr fausses dans son porte-monnaie, et deux autres dans les poches de son pantalon. Puis les gendarmes se déplacent vers les autres commerçants qu'il avait visité, et en découvrent encore d'autres.
C'est ce qui s'est dit à l'audience du tribunal ou Joly sera condamné à une peine de prison.

L'aubergiste Giraud.
Il s'agit de François Giraud, né le 5 ventôse an XIII (24 février 1805), En 1830, celui-ci était domicilié au Grand-Bois, appartenant alors au Grand-Prissé, ou il était cultivateur.
Le 18 Juillet 1830, il se mariera avec Agathe Louvrier à La Foye, Elle habitait une grande maison rue des Deux Puits, et assistait son
beau-frère François GIRAUD dans l'auberge que ce dernier tenait rue du
Centre (futur hôtel du Chêne Vert). En 1844 François Giraud reprendra la succession d' aubergiste, puis, au décès de son mari en 1868, Agathe prendra la suite.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire