Le premier empire sera accueilli par les habitants comme un soulagement après la tourmente révolutionnaire.
Mais les guerres endeuilleront beaucoup de familles à La Foye. En 1815, la plupart applaudiront l’effondrement de l’empire, devenu trop impopulaire.
Le premier Préfet des Deux-Sèvres fut Claude Dupin. Celui-ci a laissé dans son Département un souvenir impérissable. Nommé par décret du 16 Ventôse an 8 (6 mars 1800), cet ancien révolutionnaire (il avait été secrétaire général du département de la Seine depuis 1793 et avait épousé la veuve de DANTON), saura comprendre les populations qu’il eut à administrer.
En 1802 il fera dresser un inventaire du département. On peut y lire que La Foye a 839 habitants. Le bois de La Foye fait 329 hectares. « Il y a 3 moulins à vent et 19 carrières de moellons. Le principal commerce y est le vin, le bois, et quelques brebis ».
Le calme est revenu dans la commune et le conseil municipal se lancera progressivement dans la reconstruction des édifices publics.
Le 29 mai 1800, André-Auguste Vien, notaire et procureur, est nommé maire de La Foye par le préfet des Deux-Sèvres, le Baron Dupin. Il est aussi officier public de l’état civil. Vien est un franc-maçon, il le revendique, et ajoutera le symbole maçonnique à sa signature.
On ré-ouvre la maison commune et les bancs de mariage sont affichés sur la principale porte de cette maison commune.
François Benoit, propriétaire à La Foye, est adjoint au maire.
Jousseaume-Beaupré est greffier.
Charles Yseux, domicilié au Cormenier, devient garde du bois de la Foye. Et Pierre Geoffrieau, ancien sacristain, est garde-Champètre de la commune. Il sera remplacé vers 1820 par Pierre Bonneau.
Avec la proclamation de l’Empire, Vien devient « notaire impérial ». A la fin de l’Empire, en novembre 1815, il sera remplacé en tant que maire, par Marceau. Vien continuera a être notaire mais sera aussi géomètre.
En 1807, on abandonnera le calendrier Républicain dans les registres de La Foye.
Le premier septembre 1803, Claude-Martin-Desprès reprendra alors le sacerdoce et sera officialisé prêtre de la commune de La Foye et du Grand Prissé. Il décèdera à la Foye le 29 novembre 1816 à l’âge de 62 ans.
Pierre Baudin, est nommé sacristain.
En 1800 et 1801, se pose la question de la salubrité et l’exiguïté du cimetière qui jouxtait l’église. En 1801 on démolit la petite chapelle qui se situait au milieu. Après plusieurs états des lieux, on décidera le transfert vers un nouveau cimetière situé au bord du village sur le chemin d’Usseau.
Au cours des travaux, plusieurs tombes seront retrouvées. Sur l’une d’elle on peut lire les épigraphes suivantes: « Cy-git le corps de Michel Gaithier, notaire et receveur de ce lieu La Faye, âgé de 44 ans. Priez pour son âme. Amen ».
Sur une autre: « Cy-git le corps de demoiselle Anne-Appoline Gauthier, fille de Mr Nicolas Gauthier, et de défunte Renée Prévost, âgée de 36 ans, décédée le 11 Avril 1701. Priez Dieu pour son âme. Amen ».
Une partie des ossements du cimetière des moines qui était situé au lieu dit le « paradis », seront jetés dans une fosse dans le nouveau cimetière. Mystère: on n’a pas retrouvé les crânes.
Mais il subsistera des tombes au « paradis », et des ossements seront retrouvées un certain nombre d’années plus tard.
A son décès, le père Bory sera enterré dans ce nouveau cimetière, au milieu de la grande allée à droite près de l’emplacement de la « croix hosannière »
On ne sait pas ou ont eu lieu les messes à partir de 1800, mais il faudra attendre 1817 pour que les premiers travaux de réparation de l’église aient lieu. On reconsolidera les mûrs de l’église primitive qui sont encore debout. Très épais, ils étaient construits en gros moellons, avec des fenêtres en voûtes romanes. On achète un nouveau tabernacle, l’ancien ayant disparu. Le presbytère lui, sera reconstruit en 1826. Les habitants reviennent à la messe et l’église se révèle très vite trop petite. En 1829, un projet d’agrandissement voit le jour. En 1855 on construira une tribune.
Mais il faudra attendre 1886 pour que la nouvelle église soit finalisée et munie d’une nouvelle cloche. Reconstruite avec peu de moyens, l’église actuelle sera qu’un pâle reflet de l’église primitive. La cloche sera baptisée le 12 septembre 1886 par Monseigneur Delaballe, doyen de Beauvoir. On peut lire dans les archives de la paroisse: « Parrain : le commandant Bastard de Péré, officier de la légion d’honneur; La marraine: Marie-Thérèse de Bretagne, née Bastard (La cloche porte le nom de Marie-Thérèse). Sont présents: Mr le curé de La Charrière, de St-Etienne, de Marigny, du Cormenier, d’Usseau, de Granzay et de Vallans. Fondeur: Emile Vautier à Saint-Emilion. Maire de La Foye : François Martin. (Signé Rambaud, curé de La Foye Monjault) ».
Et enfin, le 1er Juin 1890, l’Eglise est bénite à la gloire de Dieu par Saint Jude et Saint Simon.
Le 25 fructidor an IX (12 septembre 1801), le maire : André-Auguste Vien, écrira au commissariat de la révolution:
« La seule foire annuelle ayant lieu le 9 brumaire de chaque année (30 octobre), époque à laquelle la saison est presque toujours pluvieuse et le temps et les chemins si mauvais que souvent la foire est nulle… que de raison jointe à une infinité d’autres, a toujours fait désirer aux habitants de la commune une foire dans les beaux temps. Considérant qu’une seconde foire, en procurant aux habitants de cette commune et de celles des environs les moyens de vendre leurs vins et boissons, leur unique récolte et ressources… Considérant qu’il existe dans cette commune une ballade très renommée dans les environs pour accueillir les domestiques, et qu’elle a lieu le jour du dimanche de la Trinité,.. Considérant enfin qu’il paroit plus avantageux pour la commune que la seconde foire soit fixée dans le courant du mois de prairial, époque de la tenue ordinaire de la Balade, et qu’elle soit expressément réunie, tel a toujours été le vœu de nos concitoyens »
Cette demande sera accordée. La nouvelle foire sera officialisée au 14 prairial (3 juin), ce qui sera acté par bulletin des lois de la république, du 18 thermidor an X (6 aout 1802), signé par le premier consul : Bonaparte.
En 1808, paraitra un nouveau décret relatif à la tenue et l’établissement des foires de La Foye Montjault.
Dix ans plus tard, la sécheresse frappe à nouveau et la mare est presque à sec. Cela pose problème pour les animaux, mais aussi pour les femmes du village qui s’en servent comme lavoir.
Le 18 vendémiaire an XI (10 octobre 1802), le conseil municipal conduit par André-Auguste Vien décide de la recreuser.
« Considérant que le seul endroit ou les habitants du bourg puissent abreuver leurs bestiaux est la mare, qui se trouve près de l’église, et qu’elle devient leur unique ressource presque en cas d’incendie… Considérant que cette mare n’est fermée que des eaux pluviales et n’est alimentée que par elles… que les eaux, en y arrivant avec abondance entrainent nécessairement avec elles une grande quantité de graviers, pierres et autres immondices qui diminuent d’autant plus la nappe des eaux et contribuent dès lors au prompt dessèchement de la mare ».
2/ Les lavandières qui dégradoient les murs auprès la mare, ou qui n’enlevoient pas les pierres lorsqu’elles avoient lavé leur linge. Une crue d’eau venant elles pourroient occasionner des accidents en faisant tomber les citoyens qui amenoient boire leurs bestiaux, ce qui étoit déjà arrivé »
Les cultivateurs et bouviers du village, assistés des habitants, retirèrent donc la boue, et la déposèrent sur le champ de la Balade, ou à coté de l’église.
Malgré cela la situation restera précaire. Surtout l’été. En 1808, le conseil municipal, via son maire envoie une supplique à l’Empereur pour « remédier aux maux de la commune et faire disparaître les besoins ». On ne sait pas quelle suite y sera donnée.
Tous les ans les jeunes gens âgés de 20 ans sont recensés dans chaque commune, ce qui donne lieu à des tableaux de recensement. Les conscrits sont ensuite convoqués au chef-lieu de canton et tirent au sort un numéro. L'effort physique exigé des soldats en campagne obligeait les « majors » à ne prendre que les conscrits les plus robustes. Chacun essayait tous les subterfuges pour éviter de partir. En payant une forte somme on pouvait être exemptés, mais la plupart des jeunes de La Foye ne pouvaient se le permettre et furent « tirés ».
Pour les Deux-Sèvres, le Baron Dupin fera du zèle et lèvera plus de conscrits que ce qui lui était demandé. De 1800 à 1813, le département fournira plus de 9.000 hommes à la conscription, auxquels il convient d'ajouter à peu près 2.000 soldats pour les années 1814-1815. Et en 1810, il faudra faire un effort supplémentaire pour la guerre d’Espagne qui fut très meurtrière.
Les jeunes de La Foye ont participé à la plupart des campagnes: la plupart en tant que fusiliers dans les régiments d’infanterie. Chacune apportera son lot de décès, certains au combat, mais ils mourront le plus souvent de fièvres dans des hôpitaux; la fatigue et les longues marches dans le froid venant à bout des plus courageux. Certains ne furent jamais retrouvés sur les champs de bataille. Pour les autres, les hôpitaux ou commissaires des guerres envoyaient simplement une notification au maire, avec parfois plusieurs années de retard.
Après l’épisode des cent jours, viendra la période de la restauration puis le second Empire qui verront la renaissance du vignoble et une grande prospérité au village, avant le désastre du Phylloxéra.
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