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Sous la Monarchie

 Le Poitou redevient Français !
En 1436, Charles VII réunit définitivement le Poitou à la couronne de France. Les Rois successifs confirmeront les privilèges des grandes villes environnantes (Niort, Saint-Maixent, Saintes, La Rochelle…).  En 1454, Charles VII dotera Niort de trois foires franches et royales (en novembre, février et mai). D'ailleurs Rabelais, dans son œuvre, fera mention des célèbres foires de Niort qui se tiendront sous la célèbre halle couverte.Toute la région retrouvera alors une période de calme et prospérité et La Foye en bénéficiera grandement.

Une grande période de prospérité a partir de la renaissance (1450)

Pendant la Renaissance, le village et la population se développeront, la plus grande partie des terres seront défrichées à l’exception du bois de La Foye. La vigne y est quasiment une monoculture. La terre caillouteuse s’y prêtait assez bien et les vins acquirent rapidement une bonne réputation. On cite le Clos de Limouillas « établi sur une groie calcaire ne montrant que des cailloux », comme étant apparenté à du Bordeaux de moyenne qualité.

Meilleur que la plupart des vins environnants (les écrits en attestent), la réputation du vignoble de La Foye était très étendue et on venait de loin pour acheter ses vins.

En 1440, le receveur des denrées de la ville de Niort achète deux « rondelles » de vin de la Foye pour les faire transporter à la Mothe-Saint-Heraye et les offrir au Sénéchal du Poitou.

Deux ans après son accession au trône, le roi François 1er (1514-1547) donne commission le 2 Septembre 1516, à Antoine Dubail, contrôleur des Officiers de l'hôtel, et à François de Caux, prévôt de l'artillerie de Bretagne, pour se rendre dans les vignobles de Chalosse, Gaillac, Grave, Matha et la Foye-Monjault, et y acheter trois cents pipes de vin qui seront menées au château  d`Amboise, pour provision de « l’hôtel du Roi ».

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 Un peu plus tard, lors de l’arrivée du sénéchal du Poitou à Niort le 14 juillet 1535, le corps de ville va au-devant de lui et lui fait présent de 6 barriques de vin vieux. On précise que « c'était habituellement du vin de la Foye-Monjault, renommé par sa bonne qualité ».

Le 26 Novembre 1535, on décide l’envoi de vin de La Foye au Sénéchal Jacques du Fou en son château de la Motte de Croutelle près de Poitiers. Le 19 Mars 1536, on renvoie 6 autres barriques, et en Octobre encore 6 barriques. Elles ont été « tâtées et choisies » par Macau, contrôleur. En Janvier 1537, trois nouvelles barriques.

En Juillet 1538, la compagnie du sieur de Saint-Pol, duc d’Estouteville, composée de cent hommes d’armes au complet est logée à Niort. Le  Duc de la Trémouille ordonne qu’il faut la nourrir et la défrayer des dépenses faites dans la ville. Le 12 Mars, on décide de faire présent au maréchal des logis de trois barriques de vins de la Foye Monjault, à cent sol la barrique, ou de cent sol s’il préférait.

En 1554, Charles Estienne mentionne le cru local dans son « Praedium Rusticum »

Le 26 Novembre 1556 après qu’un envoyé spécial était allé « tester et choisi » à La Foye, on décida l’envoi de 6 barriques au Sénéchal Jacques du Fou en ses châteaux de la Mothe de Croutelle (Ligugé) près de Poitiers et du Fou (Vouneille sur Vienne). Le 19 mars 1557 envoi de 6 nouvelles barriques, en octobre encore 6 barriques charriées par Macault, contrôleur, et en Janvier 1558 encore 6 nouvelles barriques.


La Foye participe à la coutume du poitou
 Dès 1454, une ordonnance de Charles VII demande aux provinces "que les coustumes, usages et stiles des pays du Royaume seroient redigés par escrit, pour estre gardés en pays dont ils seroient".

 

La première version "officielle" des Coutumes du Poitou sera rédigée en octobre 1509, puis révisée en octobre 1514.

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 En exécution des lettres patentes de février 1558, et celle de François 1er du 24 Juillet 1559, Christophe de Thou président, Barthelemy Faye et jacques Viole, conseillers au parlement à Paris, arrivent à Poitiers le 15 Octobre 1559, en qualité de commissaires pour rédiger et réformer le «  Vieux Coustumier de Poictou ».

La position de La Foye est alors suffisamment importante pour que son prieur, Jean Goullard, soit en octobre 1559, l’une des 10 personnalités qui se rassemblèrent à Poitiers au coté de l’évêque, afin d’y rédiger la coutume du Poitou.

On peut y lire : « Voici le cas d'une de ces assemblées sises en Bas-Poitou, la foire ou « fête baladoire » de la Foye-Monjault, se tient le jour de la Trinité. Les habitants de cette province sont presque tous ouvriers ... »

1565 : Le Roi Charles IX visite l'Angoumois, la Saintonge et le Poitou

Sans battre le record absolu de 33 mois détenu par François 1er, c’est tout de même un voyage de 27 mois (du 24 janvier 1564 au 1er mai 1566) que le jeune roi Charles IX, âgé de 14 ans, et sa mère Catherine de Médicis font à travers les provinces du royaume. Le but de ce voyage est de faire découvrir la France au Jeune Roi. Après avoir visité le sud-ouest et remonté par Angoulême, Saintes, puis La Rochelle, le cortège arrive à La Rochelle le 14 Septembre 1565.  Ils passent par Benon, puis Mauzé, Frontenay, et enfin Niort, avant de remonter sur Paris.

Partout les notables locaux font bon accueil, et l’on s’émerveille devant les beautés du territoire. « Le jeudi 16. jour dudict mois, le roy alla disner à la Thouvre, qui est un village et chasteau près d’Angouléme, auquel lieu y a grande abondance de fontaines, abysmes desquelles on ne peut trouver le fonds; et d’icelles sort si grande abondance d’eau, que dès le même lieu se faict une grosse rivière qui s’appelle la Thouvre, et va tomber en la Charente deux lieues audessoubs, laquelle est toute couverte de cignes, bordée d escrivisses, et pavée de truittes les meilleures que l’on sçauroit manger, et y a des gardes pour les garder comme aux forests du roy ».

La troupe passera près de La Foye

On peut lire dans le récit d’Abel Jouan : « Le roy séjourna en ladicte ville de la Rochelle trois jours; puis en partit le mardi 18. jour dudict mois, pour aller disner à Benon, qui est un pauvre village & chasteau, & coucher à Mozé, beau & grand village & chasteau. Pour ce jour : 7 lieues"

" Le mercredi 19. jour dudict mois, disner à Fontenay-le-Battu, qui est un petit village & chasteau, & le commencement du pays de Poictou. Cedict jour coucher à Nyort , qui est une belle & bonne ville, première ville de Poictou, en laquelle le roy feit ce dict jour son entrée. Pour ce jour : 4 lieues ».

Dévastations lors des guerres de Religion (Voir chapitre dédié) 

La vie à La Foye jusqu'à la révolution
Après les Guerres de Religion, la province est extrêmement pauvre et désolée. De très nombreux habitants des environs fuiront vers l'Amérique du Nord, à partir de La Rochelle, de Rochefort ou de Brouage. Ils créeront l'Acadie en Nouvelle-France (Québec), mais seront déporté par les troupes britanniques vers la Louisiane. C'est le Grand Dérangement. Certains reviendront en Poitou (dans les Brandes) et en Bretagne (à Belle-Ile).

On a retrouvé un habitant de La Foye ayant émigré vers le Québec à cette époque. Dans la généalogie de « la belle province », on trouve en décembre 1727, un René Beaumont dit « La Violette », natif de la paroisse de Foimageau, diocèse de Poitiers, âgé de 70 ans, qui avait été soldat sous « M. de L'Eïoat ».

On répare l’église pour la seconde fois

Après les guerres de religions, les prêtres séculiers remplacent les prêtres réguliers. La possession d’un bénéfice entrainait pour son titulaire de lourdes charges. En dehors du service religieux ils doivent pourvoir à la construction et à l’entretien de l’église, au service gratuit de l’école, et des soins.

Mais les fonds manquent. L’église de La Foye mettra de nombreuses années avant d’être remise en état. Une fois achevée, elle sera bénie par Joseph Ourry (ou Durry), le 1er Janvier 1680.

En 1681 on construit une chapelle au cimetière qui longe l’église.

Le 12 octobre 1687, la cloche est bénie à la gloire de Dieu.

Le 1er Juin 1690, l’église est bénie à la gloire de Dieu par Saint Jude et Saint Simon, par Joseph Favier, prieur « par qui elle a été  rétablie ».

Découverte d’un trésor

En 1894, on trouvera des pièces de monnaies du XVIème siècle, à l’effigie de Jean II (Portugal), Pierre II d’Aragon (Espagne), et Henri III (Angleterre).

Le village se développe

Après cet épisode douloureux, La Foye connaîtra plus d’un siècle de calme et prospérité avant l’épisode troublé de la Révolution. La population augmentera régulièrement jusqu'à arriver aux environ de 800 habitants.

Le défrichage est terminé. On a conservé un bois dit le « le Bois de La Foye », d’une superficie de 330 hectares. On rapporte que seul l’élevage des moutons y est pratiqué.

En 1750, la plupart des paysans sont vignerons. On y compte vingt-quatre petites métairies « à deux bœufs ».

La Foye est aussi réputée par ses sécheresses endémiques qui poussent ses habitants, à descendre sur Péré pour se ravitailler en eau.  Léo Desaivre, rapporte qu’à la veille de la Révolution, une partie des terres étaient couvertes de vignes et d’un peu de blé, avoine, orge, seigle et méteil. Il précise aussi que reste était en friches et servait à nourrir le bétail, troupeaux de moutons, qui constituaient le principal revenu du pays…

Les différents personnages

Seigneurs et notables

Plusieurs familles de seigneurs locaux dominent la vie de La Foye. Ils possèdent des biens et emploient des domestiques. Dans les registres on les appelle: honorable homme, ou honorable dame.

Les grandes dynasties

Début 1600, on note qu’un « noble homme, maître Pierre Langevin, possède les fiefs du pas David et du Clion à La Faye-Monjau. En 1609, celui-ci deviendra échevin de la ville de Niort.

En janvier 1677, on note l’honorable Pierre Pastureau, homme de grande maison.

En 1678, c’est l’honorable Pierre Bomier, seigneur du fief chevalier, qui épouse dame Marguerite Chanson à La Foye.

En septembre 1704, décède Louis Garroteau, seigneur de Beaumont, et le 28 Septembre 1705, Jean Papilleau, seigneur du moulin.

En 1714, on note un certain Hautier, seigneur du Bail.

En 1718, c’est Nicolas Gaultier, seigneur de la Revlinière, notaire et procureur de La Foye.

La saga des Récapé

Vers 1670 on cite Louis Racapé, seigneur du Poral. En mai 1680, a lieu le partage de la succession de la famille Racapé.

Le 15 Juin 1690, son fils, Pierre Racapé, seigneur de La Noüe se marie à La Foye avec  Marie Gautreau.

En 1718, Louis Racapé est greffier de La Foye, et sieur de la Chaussée. Il décèdera en 1741, à l’âge de 60 ans. Un de ses fils René Racapé, sera avocat au parlement de Paris. En 1741 apparaitra la famille Mestadier dont un fils s’illustrera à la Révolution. Cette année là, Guillaume Mestadier, procureur d’office, se mariera avec Jeanne Racapé.

Notaires et procureurs

Les métiers de notaires sont fort lucratifs. A La Foye ils seront nombreux jusque dans les années 1900.

Il faut savoir qu’à cette époque la vigne est divisée en d’innombrables parcelles qui changent souvent de propriétaires. De plus lors des mariages, les parents doivent assurer une « dot » qui doit être actée par un notaire.

On relève les nombreux noms de ceux qui se sont succédé, et à certaines périodes il y en avait plus de trois à la fois.

En 1719 André Gaultier est notaire et procureur de la Foye.

En 1720, c’est son fils, Nicolas Gaultier, qui est notaire et procureur de La Châtellenie de La Foye.

En 1725, Jean-René Mangou, notaire Royal.

En 1726, Nicolas Jacob, notaire royal, substitut du procureur fiscal.

En 1743, Charles Bellot, notaire et procureur du duché-pairie de Rohan-Rohan, demeurant à Vallans, s’installe comme notaire et procureur dans l'étendue de la chatellenie de la Foye-Montjault, en vertu des lettres de provisions qui lui ont été délivrées.

Dans la seconde moitié du XVIIIème siècle, ce seront les Marchesseau et les Delavaud qui exerceront des fonctions notariales à La Foye, en particulier François-Amable-Bernard Delavaud (1773-1832).

Fermiers et journaliers

A la fin des années 1600, Dans les registres on commence à noter la profession des habitants. La plupart sont journaliers, certains fermier.

Les grandes familles de cette époque sont les Charruyer, Poirier, Rousseau, Guilbot, Guitteau, Missebert, Hérissé, Cuit, Nourrigeon, Vallet, Alleau, Brossard, Morin, Bernard, Barbeau, Giraudeau, Baudin, Rhé, Bigot, Gerbier, Mousnier, Méloche, David, Tessier, Gaborit, Levesque, Moreau, Vinatier, Foubert, Laidet

La plupart ne savent ni lire ni écrire. Dans les registres la plupart des enregistrements se terminent par : « ont déclaré ne savoir signer… ».

Pour chaque acte de baptême, mariage ou décès, on doit payer un droit d’enregistrement d’un sol, matérialisé par un sceau de la généralité de Poitiers. Sa forme a variée au cours du temps.

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Les sages-femmes

Ce sont elles qui sont en charge des accouchements. La mortalité infantile est très fréquente et il y a beaucoup de mort-nés, c’est pourquoi les sages-femmes ont délégation pour donner le premier sacrément de baptême. Le nom de l’enfant sera étant donné plus tard lors d’une cérémonie avec le prêtre à l’église « pour acquérir le nom et les saintes onctions ».

Dans les registres on écrit « Garçons nay de ce jour, ou filles naye de ce jour ».

En 1677, on relève le nom d’ Antoinette Missebert, sage femme, qui baptise les enfants à la naissance. Cette même année, son père Eutrope Misebert, sera enterré à l’âge de cent ans.

En 1678, c’est  Marie Nourrigeon, sage femme qui a donné le baptême.

Le 6 mars 1687, c’et Marie Garret, sage femme, qui baptise un enfant illégitime, que Jean Gellé a eu avec sa servante Marie Philippy.

Les Foires de La Foye

Elles joueront un grand rôle dans le commerce du vin mais aussi des bestiaux. « Des assemblées foraines ont succédé aux fêtes patronales qui s’y faisaient le lundi de la pentecôte et le 25 Octobre. Cette dernière était l’époque du vin nouveau qui y conserve un rôle important ».

On y vend aussi quelques gros bestiaux, et beaucoup de brebis.

Les marchands et les artisans s’y rendent nombreux. On y fixe le prix du vin. Une mention particulière est donnée à ses vins blancs.

Les vins achetés à La Foye seront acheminés les nombreux « rouliers » qui parcourent les foires et campagnes.


La Foye sur les cartes
Louis XV sera à l’initiative de la première carte générale et particulière du royaume de France. Les relevés seront effectués  par Cassini de Thury à partir de 1650, et entre 1683 et 1744, il dressera la carte ou l’on peut voir les principales agglomérations de cette époque.

La Foye Mongeault y figure, ainsi que les villages de Limouillar et Treil Bois. On n’y voit un seul moulin à vent, mais on sait qu’à l’époque il en existait trois. Ceci est confirmé par Fontanes dans le récit de ses études à La Foye vers 1765.

Le temps des grandes fermes

Depuis la fin du moyen âge, la plupart des prieurs n’habitent plus la Foye. Ils ont placé des laïcs à la tête du prieuré qui en font la gestion. Les prieurs préféreront vendre, ou bien louer les terres à des nobliaux locaux, qui en contrepartie leur reverseront la dîme. Ceux-ci auront aussi à payer le cens au représentant du Roi.

En 1733 c’est un Louis Marchereau, qui est valet journalier au prieuré.

En Juillet 1747, on trouve dans les registres un François Pellerin, fermier du prieuré de La Foye, qui marie l’un de ses domestiques, Philippe Burgault, avec une fille d’Aiffres.

Dans les archives on note qu’en 1777, les religieux consentent à Jean Fradin, un « Bail à ferme des dimes de La Foye ».   Dans un autre document : François Maboul tient du prieur de la Faye Monjau un fief…. à cause de sa femme....

A la fin du XVIème siècle, apparaîtront plusieurs grandes fermes, et aussi de grands propriétaires, tel Louis Isaac Bastard de Crinay, qui fut marchand au bourg, et fermier général du Château de Gript, de 1701 à 1761. En 1761, il s’installe à La Foye, et reprend une grande ferme, qu’il gardera jusqu'à sa mort en 1787. En outre il possède en propre deux maisons à La Foye-Monjault où il habite, le Petit Logis, et une maison d'exploitation ...

La ferme générale du prieuré, fleuron de La Foye, sera entre les mains de  Jacques Joussaume, né à Mauzé le 1er octobre 1679.

Au total il y aura 6 (ou 8, selon les sources), grandes fermes… qui seront vendues à la Révolution. Parmi ces fermes il y a la grande ferme de Sainte Geneviève. En septembre 1704 on note le décès d’Antoine Viaud, laboureur à bœufs, dans sa métairie de Sainte-Geneviève à La Foye.

Les impôts sont toujours aussi lourds

Au début du XIIème siècle, Les droits féodaux et les droits seigneuriaux évoluent. Le cens est remplacé par la taille, un impôt sur les revenus. La taille était un impôt complexe qui différait selon l'activité du contribuable, le nombre de ses enfants, son état de santé.

Mais on paie aussi Le terrage. Prélevé sur les terres, il s’exprime en sixièmes, huitièmes ou dixièmes de  la récolte d’une parcelle de terre labourable ou d’une vigne. En mai 1749, Machault d'Arnouville créera le vingtième pour combler la dette royale.

Mais il y a aussi bien d’autres taxes comme le Fourrage, ou un impôt par tête: la Capitation.

Sous l'Ancien Régime, les recensements n'étaient pas réguliers. De plus, ils étaient toujours guidés par la nécessité de bien percevoir des impôts comme la taille et la capitation. On y relève également le nombre de « feux », c’est à dire les personnes composant un même foyer (père, mère, enfants…). Certains multiplient ce chiffre par quatre pour en déduire le nombre d’habitants. On peut voir que la population s’est fortement accrue sur la période.

 
Dans les rôles de l’élection de Niort, concernant La Foye on relève :
En 1631: Taille : 330 Livres. 80 Feux.
En 1650: le six et le douze à Fontenille, le six et le huit à La Foye-Monjault.
En 1716: « La Foye-Montjault est une paroisse composée de cent douze feux, dont il y a vingt-quatre petits dommaines, scituée au midy de Nyort à la distance de trois lieues dans une plaine ou les terres sont seiches et arides raportant peu de bledz. La pluspart sont plantées en vignes, les vins sont estimés les plus excellents de la province. Il y a un buisson d’environ sept cent arpens de bois. On y élève des brebis et on y nourrist des bœufs pour la culture des terres.

Le commerce des habitans est sur le vin et sur le bois. Son revenu consiste en vin, peu de bled, bois et dans les profits sur les brebis. Sa diminution est de quatorze feux depuis 1686.

La moyenne de l’imposition est: Taille 1,712 livres, Fourrage: 102, Capitation: 400, Dixiesme: 418 12 s.

En 1744 : La Foye a 118 feux. Le montant de la Taille s’éleve pour la Paroisse à 56540 Livres.

En 1750 : 140 feux.
 
Les hauts et bas du vignoble

La grande période

Jusqu’au début du XVIème siècle, le vignoble de La Foye jouira d’une grande réputation.

« Les vins de Beauvoir, de la Foye-Monjault, les eaux-de-vie de Mauzé, trouvent de bons débouchés à travers la France et les pays étrangers, Angleterre, Pays-Bas, Scandinavie, grâce à l'axe fluvial de la Sèvre niortaise »

« Halés ou avironnés, des bateaux emportent vers Marans: barriques de vin du fameux « creu de La Foye-Monjault » cher à Rabelais, vendues à l'Angleterre… »

Tout au long de cette époque, viticulteurs et négociants font vivre de nombreux métiers: En particulier, les tonneliers qui fabriquaient les futailles pour loger les récoltes.

Le clos de Limouillas, établi sur une groie calcaire, sera le plus réputé, il est dit-on apparenté à du Bordeaux de moyenne qualité. La légende veut que François 1er l’aime beaucoup. Il possédait une vigne à Limouillas « près de la Motte de la Foye », datant du temps ou il courtisait Anne Poinsart et lui faisait construire son château de Fors.

Le grand tournant

Mais au cours du XVIème siècle, il subira de plein fouet la concurrence des vins de Bordeaux, plus qualitatifs et que préfèreront les Anglais. « Quoique surnommé le vin de la bouche des rois, il ne s'écoulait déjà plus guère à l'étranger, supportant mal, parait-il, le voyage maritime ».
 Cependant il continuera à être recherché et on l’offre en cadeau. En novembre 1535, on fait livrer du vin de La Foye au Sénéchal Jacques du Fou en son château de la Mothe de Croutelle près de Poitiers.

Plus tard, le 5 mars 1613, Henri-Bauclean de Parclailhan, fils de M. de Parabére, s’installe à Niort, comme  gouverneur du château de Niort, charge à lui confiée par le roi Louis XIII. Le maire va au-devant de lui jusqu’à Saint-Maixent; le corps de ville lui fait un présent dont la nature n`est pas indiquée (c'était ordinairement un tonneau de vin de la Foye-Monjault.

En 1664, sous Louis XIV, un document: l’Etat du Poitou, précise: Il n’y a que très peu de vignes dans le canton de Niort, mais la partie méridionale, du coté de  la Saintonge, comme la Foye Monjault, Beauvoir et autres paroisses, il se cueille beaucoup de vins et très bons, qui se consomment la plupart à Niort »

Mais le vignoble eut à souffrir des aléas climatiques à de nombreuses reprises.

En 1684, l’hiver fut très rigoureux et le vin gela dans les celliers.

En 1709, une abondante couche de neige était tombée dès le 28 octobre. Tous les noyers et beaucoup de chênes centenaires furent gelés. En Janvier il y eut un froid extraordinaire suivi de neige qui comblait les chemins. On ne pouvait plus se déplacer. Les vignes et cultures de céréales furent gelées, le prix des denrées s’envola. Ce fut une année de misères. En remplacement de l’ancien pineau peu productif, on replanta un mélange de folle blanche, folle noire, dégouttant, Othello. Ces nouveaux cépages ont formé le dernier vignoble de l’Aunis jusqu’à son extension dans le dernier quart du XIXème siècle, avant le phylloxéra.

En 1716, l’auteur du mémoire sur l’élection de Niort conteste ce jugement « c’est, écrit-il, le moins mauvais du Poitou, âcre et froid à l’estomac ».

Un relevé de 1723 montre qu’il se vend plus cher que dans les communes environnantes. Vin de La Foye-Monjault, 190 livres, 220 livres; plus le pot-de-vin, qui est d'une pistolle, soit 10 livres pour six barriques. 1723. Vin rouge, 130 livres, 125 livres; vin rouge de Benon, 125 livres; vin blanc pour domestiques, ...

Plus tard en 1744, un autre auteur écrira : « les vins de La Foye sont de qualité diverse. Un seul parait vraiment avoir une qualité plus qu’ordinaire, celui de Limouillas, établi sur une « groie calcaire » ou l’on n’aperçoit que des cailloux plats de la dimension de la main. Ce clos jouissait à la Foye même et dans la région d’une réputation particulière ».

On le célèbre dans la littérature

Rabelais dans Gargantua, fait dire: « Tripette Capitaine sur ce point accourut veoir que c'estoit. A luy Gymnaste offrit sa bouteille, disant : « Tenez, Capitaine, beuvez en hardiment, j'en ay faict l'essay; c'est vin de La Faye Monjau. Quoy, dist Tripet, ce Gautier icy se guabele de nous. Qui es-tu ? » 
Pour en savoir plus…Rabelais

Plus tard René Caillié écrira: « Eh! quoi, protestait alors un gros homme à la face épanouie, une fine bouteille de la Foye-Monjault n'a jamais fait de mal à personne ! Ne parle pas tant, Barthélemy, on sait bien que tu aimes chopiner, et il n'y a pas grand mal… »

Dans la Revue des deux mondes, on lit: « C'était un de ces Vendéens à tête dure, querelleurs, un peu braconniers, qu'un verre de vin de la Foye-Monjault met en joie. Paresseux, dépensier, mais malhonnête, rien de moins sûr. Tel quel, sa femme, Elisabeth Lépine l'aimait... »

Pour en savoir plus…Rabelais

Dans Gargantua, Rablelais écrit : « Adoncques il leur cria : Messieurs, je suis paovre diable, je vous requiers qu'ayez de nioy mercy. J'ay encores quelque escus nous le boyrons : car c'est aurum potabile, et ce cheval icy sera vendu pour payer nia bienvenue : cela faict, retenez moy des vostres, car jamais homme ne sceut mieulx prendre, larder, roustir et aprester, voyre, par dieu, demembrer et gourmander poulie "* que moy qui suis icy, et pour monproficiati, je boy a tous bonscompai- gnons. Lors descouvrit sa ferrier, et, sans mettre le nez dedans, Beuvoyt assez honnestement.

Les marroufles le reguardoyent, ouvrans la gueulle d'ung grand pied, et tirans les langues comme levriers, en attente de boyre apres : mais Tripet le capitaine sus ce poinct accourut veoir que c'estoyt. A luy Gymnaste offrit sa bouteille, disant: Tenez, capitaine, beuvez en hardiment, j'en ay faict l'essay, c'est vin de la Faye Moniau 1 ?. Quoy ! dist Tripet, ce gaultier icy se guabele de nous'8. Qui es-tu? Je suis, dist Gymnaste, paovre diable. Ah, dist Tripet, puisque tu es paovre diable, c'est raison que passes oultre, car tout paovre diable passe par tout sans peage ny guabelle : mais ce n'est de coustume que paovres diables soyent si bien montez; pourtant, monsieur le diable, descendez, que j'aye le roussin'; et, si bien il ne me porte, vous maistre diable, me porterez ; car j'aime fort qu'un diable tel m'emporte. »

 

Note : La Faye-Moniau, non pas Faye-Monjau, est une paroisse de l'élection et châtellenie de Niort. Il y croît de fort bons vins que Charles Etienne, pag. 4:2 de l'ancienne édition de son Prœdiwm rustlcum, appelle vina Faymongiana ; mais cela même prouve qu'il ignoroit l'origine du nom de ces vins, puisque le prieuré du lieu est appelé Faya-Monachalis, pag. io3 du Fouillé général des abbayes de France, imprimé l'an 1626. Aussi prononçoit-on anciennement la Faye-Moniau, comme les habitants de Parai dans le Charolois disent Parai-le-Moniau et non pas Monjau. Quelques uns qui croient mieux parler, disent Parai-le-Monial; mais Baudrand écrit le Moniau, à l'antique, et c'est aussi comme il faut parler. (L.) — Il est certain qu'on écrit et prononce aujourd'hui la Faye-Monjault .

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