Pages

Les tout débuts !

Depuis les tout débuts, e type de sol et la météorologie on façonné cette région et ses habitants.

Un vaste plateau calcaire

Source : BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) 

Les terrains situés au sud de Niort sont constitués pour l'essentiel par les assises du Jurassique supérieur: Oxfordien moyen à Kimméridgien inférieur. Ils affleurent du Nord au Sud en bandes régulières d'orientation Est-Ouest. Il s'agit de formations surtout calcaires qui donnent un paysage de plaines sèches.

Le village de La Foye est situé en haut d’un plateau, délimité à l’ouest par la terminaison Sud-Est du Marais Poitevin, recoupé au sud par la vallée du Mignon, et au nord par son affluent, la Courance, orientés Est-Ouest.

La couche de calcaire, le Lias, y atteint une cinquantaine de mètres d’épaisseur, parfois plus. La couche superficielle de calcaires dolomitiques, dite «caillebotine», se termine par une surface durcie, oxydée et ravinée, contenant de rares ammonites, témoin de la présence ancienne de la mer. Un certain nombre d'habitants du village ont orné leur façade de grandes ammonites trouvées lors des labours dan la plaine.

Carte geologie La Foye 3.jpg

Au sud de la Foye, à Bel-air, et vers Treillebois, au dessus du calcaire se situent de petites zones de Grèzes, formations constituées de graviers anguleux associés à une matrice terreuse fine. 

Le sol de surface, fait de petits cailloux et terre partiellement argileuse, s'appelle "la Groie", favorable à  la culture de la vigne, ce que les anciens mettront à profit.

Le calcaire est constitué en couches plus ou moins épaisses, nombreuses  et souvent fissurées, qui laissent s’infiltrer l’eau.  Il recèle souvent à faible profondeur une série de poches d’eau qui ont permis la création de puits, mais elles sont peu productives et souvent à sec pendant la période de sécheresse.

Sous la couche de calcaire, à plusieurs centaines de mètres, se situent des nappes d’eau plus importantes, souvent ferrugineuses, qui ont permis d’alimenter le village lors du forage de la vallée du Pérot. 

Ceci crée des coteaux en pente douce, d’un dénivelé maximum de 50 mètres, favorables sur le versant sud à la culture de la vigne et ailleurs à la culture des céréales et luzernes...

En surface, la couche de terre est très fine, quelques centimètres tout au plus au sommet du plateau, ce qui limite la croissance des arbres. La plupart des espèces endémiques ne dépassent pas 15 mètres: chêne, érable de Montpellier, hêtres, charmes, aliziers, ormes, mais aussi cerisiers, noisetiers, cornouillers, coudriers, genévriers, aubépines, sureaux…

Le golfe des Pictions
Sa formation est assez récente à l'échelle géologique. Elle commence avec le Quaternaire, il y à deux millions d'années, sous l'effet d'importantes variations du niveau de l'Océan liées au cycle des glaciations.

Il y a environ 100.000 ans, une brusque descente du niveau de la mer entraîne une forte augmentation de la puissance des cours d’eau. Le courant augmente alors fortement et produit par érosion un encaissement spectaculaire de leur lit. L'érosion cède alors le pas devant la sédimentation, colmatant l'espace précédemment dégagé… Jusqu'à la prochaine baisse du niveau marin. La mer envahira les fleuves, et l'érosion cèdera alors le pas devant la sédimentation, colmatant l'espace précédemment dégagé….

Tout autour de ce golfe borde par une steppe ne produisant qu’une herbe rare étouffée par les ronces, entourant quelques petits bois. Il y a vingt mille ans, l'homme de Cro-Magnon qui chassait dans les forêts de Monts ou de la Coubre ne voyait pas la mer... dont le niveau était inférieur de plus de 120 m au niveau actuel.

Formation Golfe Pictions.jpg

Sa formation est liée à une période de réchauffement climatique !

Quelque dix mille ans avant l'ère chrétienne, l'Océan entame une remontée spectaculaire, recouvrant partiellement les terres actuelles. Tous les marais vendéens et charentais forment alors de vastes baies. Ainsi, le golfe des Pictons (aussi appelé mer des Deux Corbeaux) recouvre la totalité de l'actuel Marais poitevin, et jusqu'à Niort dans les terres.
Le niveau de la mer est de 15 à 20m supérieur à celui d’aujourd’hui. Le Mignon est alors un fleuve côtier, beaucoup plus large que la petite rivière actuelle.  La Foye se situe au bord d’un bras de mer.

La Foye, station balnéaire ?

Enfin presque. Avec son altitude moyenne de 60m, La Foye n’avait pas les pieds dans l’eau, mais la mer n’était qu’à quelques kilomètres. En effet il y a 3000 ans toute la région était très proche de la mer qui s’étendait jusqu'a Niort en formant le Golfe des Pictons. Certains villages en gardent encore la trace dans leur nom (La Grève-sur-le-Mignon...). 

Le golfe des Pictons il y a 12000 ans

Carte golfe pictons 2.png

Puis au début de l’ère chrétienne, l’océan opère un vaste repli laissant apparaître des zones de marécages qui formeront le marais poitevin actuel. L'hiver, de vastes nappes d'eau mi-douce, mi-salée, couvrent encore les terrains bas entre les îles, mais en été, de nombreuses zones de terre se forment, au milieu desquels de petits fleuves côtiers se frayent un passage jusqu'à la mer. 

Le golfe des Pictons il y a 6000 ans 

Carte golfe pictons 3.jpg

Le golfe des Pictons fut habité sur ses îles et sur le pourtour, par des populations de races diverses. Il tire sont nom des Pictons, tribus Celtes qui peuplaient notre région vers 600 avant JC. Ils sont été les premiers à avoir conquis la terre sur la mer.

Au Moyen Âge, il se comble d'alluvions, en partie apportées par la Sèvre Niortaise, laissant place à de vastes zones marécageuses qui seront asséchées par les moines. Ce sera la naissance du marais Poitevin tel que nous le connaissons actuellement. 

Le golfe des Pictons au IIème siècle avant Jésus-Christ 

Golfe Pictions 2eme siècle AV JC.jpg


La Sylve d’Argenson : une ancienne grande forêt défrichée
Au quaternaire, les terres basses sont envahies par la mer, mais le plateau calcaire qui émerge est recouvert d’une vaste forêt, qui, selon André Debord, s'étendait alors sur 7 à 15 km de large et 80 km de long, de la rivière Charente au Marais Poitevin. La forêt de Benon, celle de Chizé, le bois de Poléon et de Surgères, ou les bois de la Foye-Monjault, ne sont aujourd’hui que les rescapés de cet immense massif forestier, appelé autrefois Sylva de Ariacon, forêt d'Ariarchum, Sylva Argenconium ou Sylve d’Argenson.

http://www.histoirepassion.eu/local/cache-vignettes/L500xH375/argenson_chize-b7aae.jpg

 

La Sylve d’Argenson était une chênaie-hêtraie qui s’étendait à perte vue durant l’antiquité.  

Vers la forêt de Chizé, les arbres sont assez grands, principalement des chênes. Du côté de La Foye, la faible couche de terre au dessus des couches calcaires, associée à des étés secs, ne permet pas à la végétation de s’épanouir. Les arbres y sont malingres, peu développés, ce qui favorise le développement de broussailles rendant le franchissement difficile.

 

Le bois de La Foye, réduit actuellement à 330 hectares, n’est qu’un fragment détaché de la forêt primitive. Le nom « Foye » est un dérivé du mot latin : Faia (Hêtre), signifiant qu’au début du moyen âge l’essence dominante y était alors le hêtre. Mais il semble que cet arbre disparut progressivement au profit du chêne car en 1800, le baron Dupin, dans sa remarquable statistique du département des Deux-Sèvres, précisait que la forêt de la Foye-Montjault se compose d’essence de chêne seulement.


Défrichée dés le début de notre ère
Cette immense forêt primaire ou forêt vierge n'a, jusqu'à l'antiquité, jamais été modifiée ou exploitée par l'homme. À la fin de la préhistoire, la sylve d'Argenson s'étendait probablement depuis l'Aunis et la rive sud du golfe des Pictons (actuel marais Poitevin), englobant la Forêt de Benon, jusqu'en Angoumois, de part et d'autre de la vallée de la Charente. Elle a servi  longtemps de refuge aux ours, loups, lynx et à de nombreux animaux.
 
La forêt a été fragmentée une première fois par les romains au 1er siècle, avec pour objectif de relier les capitales régionales de Saintes et Poitiers.Des forts romains assuraient la sécurité de la contrée et de la route, d'intérêt stratégique et militaire. Elle devait permettre le déplacement rapide des légions romaines en cas de menace ou de rébellion des populations nouvellement soumises. Ainsi s'explique la création d'Aulnay-de-Saintonge, l'antique Aunedonnacum, alors siège d'une garnison militaire. 
C'est à l'orée de cette forêt que s'est installé le castrum d'Aunedonnacum (composé de 2000 soldats) pour pacifier la région, au carrefour des voies romaines reliant Mediolanum Santonum (Saintes), Limonum (Poitiers) et Augustoritum (Limoges)

Dès le Moyen-âge, la forêt est de plus en plus défrichée. A la fin du Moyen-âge, elle reste cependant la plus grande forêt du Poitou avec ses 5 000 hectares, contre 3 400 aujourd’hui. A chaque fois, la surface forestière disparaît au profit des surfaces agricoles, des espaces ecclésiastiques ou de l’étalement urbain. Certaines enclaves agricoles existent même toujours aujourd’hui, notamment à Villers-en-bois et à Virollet.
Au fur et à mesure, la forêt est devenue isolée entre les terres agricoles, et fragmentée par les constructions humaines.
 
 
 
Cependant au fil des âges, ce vaste massif forestier a régulièrement servi de repaire pour organiser de nouvelles séditions populaires.

Aucun commentaire: