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Le Corbillard

Dans l'angle gauche du cimetière, existe une petite construction. C'est là ou pendant plus d'un siècle, l'on entreposa le corbillard de la commune.

 

L'ancien corbillard du village, acquis en 1906

   

Il sera en service jusqu’à la fin des années 50, puis sera remplacé par un transport funéraire en camion, puis plus tard, par des services de pompes funèbres indépendants.
Le corbillard sera remisé définitivement dans son hangar en prenant la poussière (voir photo).
Finalement la municipalité décidera de le vendre, ce qui sera effectif en février 2021. Ce sera une association "les calèches d'Aquitaine" basée à Fontaines en Vendée qui en fera l'acquisition pour un montant de 370€. 
C'est donc lors de la séance du 17 Juin 1906 que la municipalité décide d'acquérir un corbillard. 
Dans le relevé ci-dessous on peut lire que le bâtiment destiné au corbillard mesure 4m de long sur 3 m de large, avec un portail de 2,35m. Le conseil précise que sa construction devra être attribuée aux charpentiers et maçons de la commune. 
Quant au corbillard, ce sont Mrs Rossignol et Sauvaget qui seront en charge de l'acquisition. 
  
Le budget alloué est de 1080fr et la commande sera passée à Mr Antoine, carrossier pour voitures à chevaux, à Niort.

Se pose à présent l'adjudication du poste de conducteur du corbillard.
Lors de la séance du 31 Janvier1906, le processus d'adjudication du "service des pompes funèbres" est lancé (voir ci-dessous). On précise que le coût annuel ne doit pas dépasser 100 francs.

Dans le document il est précisé que l'adjudicataire devra posséder un cheval, couvrir le corbillard, le nettoyer avant chaque sortie, le graisser, placer les tentures, le tenir en bon état de propreté et de conservation. Il sera responsable des détériorations du matériel qui lui est confié et des accidents occasionnés par maladresse ou négligence de sa part. En outre du montant forfaitaire annuel, il percevra une indemnité d'1fr par kilomètre, retour compris.

L'adjudication devra être renouvelée chaque année. 

Le conseil a l'unanimité décide que ce service funéraire sera gratuit pour les habitants de la commune. mais afin de limiter le coût du service, on précise que pour les personnes décédées hors de la commune, il sera demandé 1fr par kilomètre à partir du lieu de décès jusqu'à la limite de la commune. Et pour ceux n'habitant pas la commune, il leur sera demandé une somme de 10fr.
La séance du 12 février 1907 apprend qu'un seul a répondu à l'appel d'offre? C'est Stanislas Gaudard, mais celui-ci demande 150fr. Après négociation, on transige pour 125fr.
L'année suivante Gaudard sera reconduit.
Plusieurs conducteur de corbillard se succèderont. Au cours des années 50 ce sera un Arnaud. Ce sera le dernier. 
 
Les enterrements à La Foye au cours des siècles.
Pendant des siècles, et particulièrement au Moyen Âge et dans les villages ruraux, les morts gagnaient le cimetière sur les épaules des vivants. Le cercueil (ou une simple bière en bois) était porté par quatre à six hommes. Il s'agissait souvent de proches, de voisins. Parfois le corps était déposé déposé sur une civière, simplement enveloppé d'un linceul (le drap mortuaire), pour être transporté à bout de bras. 
Plus tard on utilisera  une charrette à bras : Une petite charrette en bois à deux roues que les hommes tiraient ou poussaient eux-mêmes jusqu'à l'église puis au cimetière. 
Toute la communauté suivait à pied en procession derrière le corps. Le convoi empruntait obligatoirement des sentiers précis, souvent appelés les « chemins des morts », dictés par la coutume. 

Jusqu'à la révolution, le cimetière de La Foye se situera juste à côté de l'église (voir article sur le cimetière). La plupart du temps la tombe était le plus souvent un lieu d’enfouissement sans marque distinctive. Seul les "notables" bénéficiaient d'une tombe en pierre. 

Le décret de 1804 imposera des tombes individuelles, qui deviennent « l’unité de base du calcul de la superficie du cimetière », et permet de placer sur ces tombes des signes distinctifs. Il permet aussi l’existence de concessions, alors que la norme est une durée d’inhumation de cinq ans pour permettre la décomposition des corps .(l’inhumation en terrain commun).  On demande également de les entourer de murs, d’interdire le creusage de puits à proximité pour des raisons de salubrité publique

Le cimetière de La Foye sera déménagé dans un terrain situé au début de la route d'Usseau. 

À partir du XVIIIe siècle, et surtout au XIXe siècle, l'usage du corbillard tracté par des chevaux s'était généralisé dans les villes, mais dans les villages c'était des charrettes empruntées à un paysan. A La Foye ce sera le cas jusqu'à l'acquisition d'un vrai corbillard en 1906.

A partir des années 1850, le monument qui était autrefois l’exception, va devenir la norme. Mais si l’égalité entre les morts est a priori la règle, les différenciations sociales franchiront  les portes du cimetière. On verra apparaitre des caveaux destinés à montrer l’aisance de la famille qui les bâtit. Miroir social, le monument funéraire se doit de refléter la position sociale, la notoriété, la culture du défunt et de sa famille. L’art funéraire va prendre une ampleur inconnue jusque là (voir article sur les chapelles funéraires)

Ce n'est qu'après la Première Guerre mondiale, dans les années 1920 à 1940, que les véhicules à moteur ont définitivement remplacé les chevaux et les porteurs pour le transport sur route. A La Foye il faudra attendre la fin des années 50.

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