Boum !
C’est ainsi que ce coup de tonnerre tiré du champ de foire
(en face de la mairie) inaugurait les festivités du 14 Juillet 1913.
Peu après, l’on entendait sur le
parvis de la mairie « Garde à vous, repos », puis « en avant,
marche »
La colonne des sapeur pompiers de
la Foye, sous le commandement du Lieutenant Birard, prenait la direction de
l’église, précédée de la fanfare du village. Chacun avait revêtu son uniforme
et avait fait briller les cuivres de casques (Lire l’article sur les Pompiers) et des clairons et tuba.
Tout un cortège d’enfants les suivait, tout excités par cette
journée inaugurait une longue suite de jeux et de récompenses qui seraient,
pour chacun, un moment d’émerveillement. Et puis il y aurait le traditionnel
goûter et enfin le bal nocturne.
C’est à 9h00 pétante, qu’Augustin Dumaine, le garde champêtre,
avait allumé la mèche du canon, en demandant à chacun de s’écarter. Auparavant
il avait introduit la poudre puis une bourre de papier.
En ce début du XXème siècle, les antagonismes étaient au plus haut de part et d'autre du Rhin. La France pleurait l'Alsace et la Moselle qui avaient été annexés par l'Allemagne en 1870, et l'Allemagne s'armait à marche forcée. Le nationalisme était exacerbé, et on pouvait le lire dans les journaux.
Est-ce dans cette ambiance que la municipalité de La Foye avait voulu se doter d'un canon ?
Il sera acheté en début d'année 1913 comme on peu le voir dans le délibéré ci-dessous. On peut lire
qu’il avait couté 26fr40, acheté probablement d'occasion, et que c’était un Blast, ce qui signifie « bruit
d’explosion".
Il avait fallu aussi acheter de la poudre et des mèches, comme on peut le lire ci-dessous.

Qui se doutait alors que l'année suivante le canon tonnerait bien plus fort...
Ce petit canon est toujours visible dans un coin de la grande salle
de la Mairie. Tout rouillé, il mériterait un peu d’entretien.

Il sera en service chaque année jusqu’au milieu des années
60, puis les fêtes du 14 juillet perdront de leur intensité, se résumant
progressivement a un repas en commun et à un bal, la plupart du temps avec un
D.J.
La tradition du 14 juillet
C'est le le 8 juin 1880, qu'a l’initiative des députés de gauche, Benjamin Raspail propose de décréter le 14 juillet fête nationale.
Au Sénat, où le projet vient en discussion quelques jours après la Chambre, la droite marque une préférence pour le 4 août qui a engendré la fraternité alors que le 14 juillet n’a enfanté que la garde nationale. Les Républicains adoptent cette loi le 6 juillet.
C'est dans les campagnes, qu'après 1880, le 14 juillet revêtira un caractère simultanément national et municipal. Les édiles, des militants républicains, étaient mis à contribution. On célébrait la nation, la République, mais à l’échelle et dans le cadre de la commune, pour un public constitué des habitants de la localité.
La Foye bien sûr s'organisera pour fêter cet évènement. Dans un registre municipal on peut lire que les édiles publics devront être présents dés le matin.
A 8h00 il y aura une distribution de pain pour les indigents.
A 8h00 la fanfare jouera sur l'allée. Les pompiers devront s'y joindre, suivis par les autorités pour se rendre en corps à la Mairie.
Des jeux seront organisés sur le champ de foire. Il y aura des illuminations puis une retraite aux flambeaux.
En 1919, juste après la fin de la grande guerre, les esprits sont à la joie. La municipalité craint les débordements et rappelle que le bal public ne doit avoir lieu que dans la salle de la mairie. Le grade champêtre et les gendarmes y veillent.
C'est l'occasion d'organiser une multitude de jeux.
En général c'est a un conseiller municipal que l'on charge d'organiser les jeux de l'après midi.
L'objectif est que tout le monde s'amuse, sans que cela coûte beaucoup à la commune. Les jeux sont organisés avec les moyens du bord et l'organisateur se fait rembourser des menues fournitures.La plupart du temps il y a des épreuves pour les garçons et pour les filles comme le tir à la corde, la course au sac (dans un sac en toile de jute servant au grain), la course au œufs (Course avec une cuillère serrée entre les dents, contenant un œuf qu'il ne faut pas casser), la course au sac (dans un sac en toile de jute servant au grain ), le lancer d'anneau, etc..
Il y aura même l'installation d'un mot de cocagne avec des lots à gagner pour les meilleurs grimpeurs (voir document ci-dessus).
Dans les relevés ci-dessous on s'aperçoit qu'il y a une grande créativité.
La fête du 14 Juillet 1898 a été confiée à Arthur Birard. Félix Garnaud est alors maire.
On peut lire qu'il a prévu une course aux ânes, une course en sabots, un jeu de la ficelle et un jeu d'enfilade d'anneaux pour un coût de 16,75 francs.
La fête du 14 Juillet suivant en 1899 a été confiée au même Arthur Birard.
Dans le registre on peut lire qu'il a organisé une course plate, une course en sabot, un jeu de baquet, un concours de grimaces, une course en brouette et un jeu de bouchons pour un montant de 12f15.
Pour la fête de 1901, on peut lire que c'est Alix Barbaud qui est en charge de l'organisation.
Il a prévu le jeu du baquet, le concours de grimaces, le jeu du Pot, et s'est fait remboursé 4f50.

L'année suivante, en 1902, ce même Alix Barbaud est encore en charge de l'organisation.
Il a prévu le jeu du baquet, le jeu de la ficelle et le jeu des œufs.
Le tir à la corde.

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