Le meurtre de Pierre Arnault dit Bernuchon.
Nous sommes en juillet 1785 à la
Foye-Monjault, quatre ans avant la Révolution.
Cette année là l'été est brûlant. La sécheresse accable
les paysans et les force à vendre une partie de leur bétail. Dans de telles conditions, les esprits s'échauffent
facilement.
Au village, on vient de retrouver le corps de laboureur âgé de 39 ans, tué par balle.
C’est le 18 Juillet que l’on découvre le corps de Pierre
Arnault, dit
Bernuchon, laboureur âgé de 39 ans. Il semble qu’il soit mort d’un coup de fusil, et la « voix publique » murmure que c’est son frère Louis qui l’a tué.
Il
sera exhumé le 21 Juillet par ordonnance du Sénéchal du Poitou, et
autopsié par le médecin et le chirurgien de Niort qui ont fait leur
rapport. Quelle suite sera donnée ? L’on ne le sait pas.
Ce fait divers ne fera pas parler très au-delà de la paroisse. Mais dans les registres, sous
l'ancien régime, il arrive parfois qu'un curé disert ne s'en tienne pas aux
déclarations usuelles et nous fasse part d'anecdotes de son temps.
Ce sera le célèbre père Bory, curé de la paroisse alors âgé de 68 ans, qui rédigera l'acte d'inhumation dans les registres paroissiaux: "Le 18 Juillet 1785 a été inhumé dans le cimetière de ce lieu le corps de Pierre Arnaud, dit Bernuchon, âgé d'environ 45 ans, tué et mort d'un coup de fusil (dont la voix publique accuse son frère même, Louis),
exhumé le 21 par ordonnance de M. le Sénéchal, et ouvert par un médecin
et un chirurgien de Niort qui ont fait leur rapport. Ont assisté à ses
funérailles Pierre Delage, beau-frère, Jacques Arnaud dit le Fillacier, beau-frère, Jacques Arnaud dit Berthelot, etc., qui ont déclaré ne savoir signer".
À ce qu'il semble, Louis ne fut jamais formellement accusé du meurtre de
son frère. Sans doute par manque de preuves, les soupçons de Bory et de
l'opinion publique ne faisant pas force de loi. Mais les ragots des paroissiens
permettent d'imaginer les querelles ouvertes qui devaient nécessairement
prévaloir parmi cette fratrie de huit enfants.
Louis résidera à la
Foye-Monjault (sans doute à Limouillas) avec sa femme et ses
cinq enfants, René, Louise-Françoise, Marie, Anne et Louis-Aléxis, jusqu'à sa
mort en septembre 1804. Sa fille Anne (1781-1853), mon
aïeule, y résidera elle-même toute sa vie.
De
temps en temps, au cours du XXème siècle, il y aura d'autres affaires
de violence, ou des meurtres comme ce règlement de compte à coup de
fusil entre gens de voyage qui a eu lieu au milieu des années 1990 et
dont beaucoup se souviennent.
Notes :
A la Foye, les homonymes sont légions. Pour se départager, les familles, utilisaient des surnoms, la plupart du temps un sobriquet. En l'occurrence, la branche des
"Bernuchon" naissait avec le couple Jean Arnault et Catherine Bernard, parents de la victime et du suspect, une modeste
famille de paysans qui eut au moins neuf enfants.
Généalogie de Pierre Arnault
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