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La Sylve d’Argenson : une ancienne grande forêt défrichée

La Sylve d’Argenson était une chênaie-hêtraie qui s’étendait à perte vue durant l’antiquité. 
La forêt a été fragmentée une première fois par les romains au 1er siècle, avec pour objectif de relier les capitales régionales de Saintes et Poitiers.

Dès le Moyen-âge, la forêt est de plus en plus défrichée. A la fin du Moyen-âge, elle reste cependant la plus grande forêt du Poitou avec ses 5 000 hectares, contre 3 400 aujourd’hui. 

A chaque fois, la surface forestière disparaît au profit des surfaces agricoles, des espaces ecclésiastiques ou de l’étalement urbain. Certaines enclaves agricoles existent même toujours aujourd’hui, notamment à Villers-en-bois et à Virollet.

Au fur et à mesure, la forêt est devenue isolée entre les terres agricoles, et fragmentée par les constructions humaines.

 

On la trouve relatée sous le nom de Sylva Argenconium, dans une charte de 1107, par laquelle Guillaume X, Duc d’Aquitaine, et Comte de Poitou, ou il confirme à l’abbaye de Montierneuf le droit d’usage qu’elle avait dans cette forêt et ces droits, ce monastère les possédait encore à la révolution.

Et sous le nom de Sylva de Ariacon, dans un jugement rendu, vers 1135, au profit de l’Abbaye de Montierneuf, par des délégués du Saint-Siège, au sujet du prieuré de la Foye-Montjault et des droits qui en dépendaient

 

 Rappelons en passant que de la charte de fondation de l’Abbaye de Montierneuf, il ressort que toute la contrée environnant la Foye-Montjault n’était à cette époque qu’une vaste forêt, et en suivant sur la carte, on voit encore les prieurés de : Saint Georges-de-Rex, d’Amuré, de Mauzé-sur-le-Mignon, de Frontenay, de la Foye-Montjault, de Gript, de Granzay, de Fors, de Marigny, de Juillé, le domaine des Fosses, appartenant aux religieuses de Sainte-Croix de Poitiers, celui de Secondigné à l’abbaye de la Trinité de la même ville, l’hôpital de Chizé, les prieurés d’Availles et de Villiers-sur-Chizé, la Commanderie d’Ensigné (Ordre de Malte), etc.

La forêt d'Argenson entre Santons et Pictons, histoire d'une disparition
En 1875, dans une brillante démonstration, devant ses collègues de la Société de statistiques, sciences, lettres et arts du département des Deux-Sèvres, Henri Beauchet-Filleau fait revivre la forêt - aujourd’hui presque disparue - qui servait de frontière entre les Santons et les Pictons, avant la conquête romaine : la forêt d’Argenson.
 

Recherches sur l’étendue des forêts formant les marches communes
entre les Santons et le Pictons avant la conquête romaine

 Sur cette carte de qualité moyenne, on voit que Le territoire de la Foye est sur la frontière entre le domaine des tribus gauloises, santons et Pictons. 
Bien qu'elle ait été fortement défrichée au Moyn-âge, nous trouvons encore aujourd’hui, en allant vers l’est : Le bois de Ferrières, la forêt et le bois de Benon, le bois de la Foye-Monjault (Deux-Sèvres), les bois de Dœuil (Charente-Inférieure), les forêts  de Chizé, et les bois d’Availles-sur-Chîzé (Deux-Sèvres.
Le Bois de La Foye Monjault  n’est évidemment qu’un fragment détaché de la forêt primitive, dont le nom significatif indique que le hêtre y était l’essence dominante

Noms sous lesquels les bois et forêts formant la marche des Santons et des Pictons sont désignés dans les chartes.

Forêt de Benon.

1036. Sylva de Ariezhum
V. 1110. Sylva de Ariacum.
1135-36. Sylva de Arriazum.
V. 1170. Nemus de Argentonio
1233. Ecclesia S. Saturnini d’Argechon.
XIV° s. Forêt d’Argenton et d’Argenson.
1542-43. Prieuré de S. Bibien d’Argençon-lez-Benon.

Forêt de Chizé.

1069. Nemus Argenti.
V. 1128. Ariathonum nemus.
1550. Forêt de Chizé ou Dargenzon.

Forêt de la Foye-Monjault.

1107. Sylva Argenconium.
V. 1135. Sylva de Ariacon seu Arjacon.



Dans les documents on peut lire que les parties de la forêt d'Argenson peuplés de hêtres suivent une ligne presque toujours sur la lisière du sud, sous les noms de la faye, la foye, la. féolle, la fiolle, la fayolle et fiollet.

Le grand défrichement
Plusieurs causes sont à l'origine de cette vaste forêt dont il existe aujourd’hui quelques fragments : 
1/  L’établissement des Romains et l’ouverture de leurs voies ;
2/  Le grand nombre d’établissements religieux qui existaient dans son sein ou sur ses lisières. 
3/  Les travaux de l’agriculture et surtout la culture de la vigne ;
























































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