Au temps des Gaulois
Ils introduisent la charrue, la herse, la faucille, la faux, et pratiquent la chasse, la pèche, l’élevage, l’apiculture, la culture des céréales, du lin et du chanvre. Les habitants de la région travaillent l’or, le cuivre et le bronze de manière à obtenir des bijoux, des instruments et des armes de toutes sortes. Ils domestiquent les animaux, travaillent la terre et incinèrent leurs morts. Autour de -700, des populations celtes occupent la plaine et exploitent le sel autour de Lugon.
Durant deux siècles et demi, jusqu’à l’arrivée des Romains, le Poitou va connaitre une grande prospérité. Les « oppida » gaulois deviennent de belles agglomérations.
A Marigny on a retrouvé des haches celtiques en bronze.
Les Santons
La date d'installation des Santons (Santones) en Saintonge est inconnue. Il peut s'agir simplement des descendants des populations locales de l'âge du Bronze. Leur chef-lieu était l'oppidum de Pons jusqu'à la fin du IIe siècle avant J.-C. Ils font le commerce du sel qu'ils extraient en des sites côtiers maintenant loin dans les terres. Selon d’autres hypothèses, ils auraient pu s’établir seulement à la fin du IIème siècle av. J.‑C., venant du sud de l’Allemagne. Leur territoire est riche en blé. Ils seront assez riches et de très nombreux objets y seront retrouvés. Ils prendront pour capitale Saintes (Mediolanum), à laquelle ils donneront leur nom. César, dans ses « commentaires » en parle comme l’une des tribus les plus puissantes de Gaule.
La forêt d’Argenson au début de l’ère chrétienne Recherches sur l’étendue des forêts formant
les marches communes entre les Santons et le Pictons avant la conquête romaine |
Les voies « gauloises »
En 60 avant Jésus-Christ, les Santons acceptent de recevoir l'ensemble du peuple des Helvètes qui sont sous la menace d'une invasion par les Germains, et projettent de les installer à l’embouchure de la Gironde, qu’ils dominent alors.
Vers 58 av J.-C, les Romains qui occupaient la région méditerranéenne de la Gaule, décident d'entamer la conquête du nord. A la tète de ses légions, César mesure le double danger de ce déplacement de population et de la menace pour Toulouse, lié au renforcement des Santons. Il les envahit et les annexe en 58 av. J.-C., sans rencontrer de résistance.
C'est le début de la Guerre des Gaules. Le Bas-Poitou et la Bretagne voient arriver les légions de César en 57 av. J.-C.
Guerriers, les Pictons regroupent derrière eux de nombreux clients. Marins réputes, ils tirent profit du commerce avec les Iles Britanniques. Leur puissance maritime gène les Vénetes qui vont fédérer les peuples armoricains avec eux, brisant l’ancienne alliance picto-namnete dont les traces sont visibles sur les monnaies celtiques trouvées en Loire-Atlantique, en Vendée et en Deux- Sèvres. Une fois allies aux Santons, les Pictons domineront totalement ce commerce, par la Gironde et par la Loire. César va se servir de ce conflit pour attaquer.
En l'an 56 av. J.-C., les légions romaines de Crassus, lieutenant de César, envahirent le pays et le chef picte, Desratius, qui perçoit le peu de chances de victoire vu les nombreuses divisions des tribus, se rend pour éviter la destruction, lors du siège de Durinum (Saint-Georges-de-Montaigu). César pactise avec les Pictes et commande à ces marins des bateaux pour lutter contre les Celtes du nord, les Vénètes, bateaux qui seront construits à Sidunum et, en échange, les exonère d'impôts.
La position du roi Picte est donc claire, mais les autres chefs de guerre pictes demeurent très hostiles aux Romains. Les armées pictes, menées par le chef Ande Dumnacus, continuent de lutter pour leur indépendance et assiègent leur roi et les armées romaines de Caninius refugies dans Limonum (Poitiers).
Apres une première victoire, ils sont défaits et massacres au Ponts-de-Cé, par les armées de Caius Fabius venues en renfort. Sous la conduite de Vercingetorix, les Pictons se coalisèrent avec les Santons en l`an 52, et fournissent le plus gros contingent pour libérer Alesia, (20 000 picto-santones), mais l’armée de secours ne put débloquer et les derniers partisans de l'indépendance gauloise succombèrent à Uxellodunum. Au regard de la vaillance du grand peuple et en souvenir de Duratios, les Pictons ne durent pas verser tribu à Rome. Sous Auguste et durant la "Paix Romaine", Limonum (Poitiers) fut la métropole administrative et militaire tandis que Mediolanum Santonum (Saintes) devint la métropole religieuse et économique, du centre-ouest.
A Deuil on retrouvera les vestiges d’un vaste camp Romain.
Les Romains occuperont notre sol pendant plus de quatre siècles.
Période de prospérité à l'époque Gallo-Romaine
En ce début de notre ère beaucoup de Romains (anciens militaires, affranchis, colons..) cherchent à s’enrichir à travers l’exploitation de terres, et la région est fertile. Ils seront très nombreux à s’y établir.
Durant deux siècles et demi, la région va connaitre une grande prospérité. Les oppida gaulois deviennent de belles agglomérations. Limonum (Poitiers) atteint 50000 habitants. Six grandes voies romaines en partaient en direction de Nantes, Angers, Tours, Lyon par Bourges, Bordeaux par Saintes et Toulouse par Limoges.
Les voies romaines
La Sylve D’Argenson représente alors une frontière. Ils décident de la traverser en construisant deux routes au départ de Saintes.
A l’est, Ils créent une importante voie reliant Saintes et Bordeaux à Poitiers. Elle passe par Brioux et franchit la forêt près de Chizé, en séparant les actuelles forêts de Chizé et d’Aulnay.
A l’ouest, une autre voie reliant Saintes à Nantes. Elle longe l’ancienne ligne de rivage du golfe des pictons. Partant de Malevault, la route passait en ligne droite par la Chaussée, commune de Saint-Félix; la petite Chaussée, commune de Marsais, à Usseau, d’ou elle se dirigeait par le bois de la Chapelle-Ferrée, sur la chaussée d’Epannes, dite le pont de Cese (pons Caesaris) d’ou elle rejoignait Coulon, Benêt, et enfin Nantes.
Plus tard au début de l’ère chrétienne une autre voie sera construite reliant directement Saintes à Niort. Elle traversera la forêt D’Argenson au centre en isolant la forêt de Chizé de la forêt de La Foye.
La création des voies romaines favorisera la création d’un certain nombre de stations pour le repos et l’approvisionnement. Sur la voie reliant Saint-Jean d’Angély et Coulon un relais sera établi à Ussellum (Usseau), au passage du Mignon. Ce sera le départ d’un petit village qui prendra peu à peu son essor jusqu’au Xème siècle.
Les villas gallo-romaines
On retrouve trace de plusieurs villas Gallo-romaines, à Deuil (Villa Daolli), Prissé (Priscanum ou villa Priscii), Mauzé (Mauzacum), Frontenay (Frontinum)... Près d’Usseau on note la trace d’exploitations agricoles isolées (Villae) au lieu dit « fief de Bellevue » à l’ouest, et aux environs de « la Marzelle » au sud, au bord de la petite rivière du Mignon.
En général elles portent le nom de leur premier propriétaire. Par exemple Prissé s’est développé à partir du domaine de « Priscius », un riche propriétaire terrien (Dans les documents on trouve « Priscacum » ou villa « priscii »).
Mais les grand propriétaires préfèrent habiter habitent les grandes cités, dédaignant les champs, et sur leur domaine rural la « Villa » n‘est qu'un grand corps d'exploitation ou sont renfermés les colons qui cultivent la terre et le régisseur ou intendant qui les surveille. Ces Villas emploient beaucoup d’esclaves appelés « mancipiis ». A l’époque ils sont vendus avec la propriété.
Il y a aussi quelques petits propriétaires qui possèdent de petites surfaces. Ils habitent villages gallo-romains, et forment au milieu des campagnes une population libre assez nombreuse, mais sans importance, et dans un état très voisin de la servitude.
A l’époque gallo-romaine l’agriculture est prospère dans la région. La récolte du blé est assez abondante pour permettre des exportations au midi de la Gaule. Et les romains amèneront avec eux les premiers plants de vignes, qu’il ont apportés avec eux. Dès le IVème siècle, durant le règne de l’empereur Julien, le commerce de ces villas deviendra florissant grâce aux échanges avec l’Angleterre (vin, sel…)
Usseau, un village très ancien
Le long de cette grande voie, se dressaient des mansions: c'étaient des sortes d'hôtelleries, des lieux de repos plus particulièrement destines à servir d‘étapes aux corps de troupes en mouvement, mais ou les simples voyageurs trouvaient aussi des bâtiments pour se reposer et prendre la nourriture.
Les traces de Peuplement à Usseau sont nombreuses pour les 1er et 2ème siècles, puis disparaissent pour les 3èmes et 4èmes siècles, sans doute lie à la crise de l’Empire Romain au 3ème siècle, mais plus précisément au déclin de Saintes et son influence sur son territoire. Saintes est la première capitale de l’Aquitaine Romaine, on lui préféra Poitiers au 2éme siècle. Au 4ème siècle la ville nouvelle d’Angoulême éclipse durablement la cite de Saintes en détournant les voies commerciales reliant L’Espagne et la Méditerranée au nord de la Loire.
Cette déviation a peut-être valu à la région d’être un peu à l’écart des grands mouvements d’invasion. Pendant toute cette période, Usseau semble avoir conserve son rôle de petit relais économique.
Des sondages archéologiques récents mettront en évidence ce peuplement du 1er siècle au 3ème siècle. Un très beau musée y est consacré au centre culturel.
De plusieurs dizaines d’habitants au début, le village d’Usseau acquerra une certaine importance aux cours des siècles suivantes et atteindra probablement quelques centaines d’habitants.
(Source : documents fouilles P.H.Mitard, archéologue du CNRS et C.Scuiller, archéo-antropologue)
La période gallo-romaine
Dans un terrain du bourg, on retrouvera en 1966 un bâtiment antique, de la céramique, de la monnaie du 1er siècle.
La période Mérovingienne
La nécropole du fief Dampierre
Usseau à la période médiévale
On retrouvera également des fragments de poteries datables des XIème et XIIIème siècles.
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