Pages

Gaulois et Romains

Au temps des Gaulois

A partir de -1500 Les Celtes viennent de l'Asie: les Grecs déjà installés sur le pourtour méditerranéen les nomment Galates, et les Romains les appellent race gallique d'où le nom de Gaulois: les populations se répartissent tout autour du vaste golfe des Pictons, dans de nombreux villages juchés sur des îlots calcaires.

Ils introduisent la charrue, la herse, la faucille, la faux, et pratiquent la chasse, la pèche, l’élevage, l’apiculture, la culture des céréales, du lin et du chanvre. Les habitants de la région travaillent l’or, le cuivre et le bronze de manière à obtenir des bijoux, des instruments et des armes de toutes sortes. Ils domestiquent les animaux, travaillent la terre et incinèrent leurs morts. Autour de -700, des populations celtes occupent la plaine et exploitent le sel autour de Lugon.

Durant deux siècles et demi, jusqu’à l’arrivée des Romains, le Poitou va connaitre une grande prospérité. Les « oppida » gaulois deviennent de belles agglomérations.

A Marigny on a retrouvé des haches celtiques en bronze.


Les Pictons
La tribu des Pictons (Pictes ou Pictones), se fixe entre la  Loire au nord, la Sèvre niortaise au sud, l’océan à l’ouest. Ces territoires correspondent approximativement à l’actuel Poitou auquel ils ont laissé  leur nom.  Le nom de Pictavi ou Pictones donné aux habitants, viendrait, comme celui des Pictes d'Ecosse, de leur caractère avisé plutôt que de l`habitude de se tatouer, comme certains l'ont prétendu.
Les tribus pictes vont s'installer sur tout le territoire allant de la Loire au nord jusqu'à la Charente au sud, et du Massif-central à l'est, jusqu'a l'océan. Leur territoire avait 2 oppida sur ses extrémités: Limonum (Poitiers, à laquelle ils donneront le nom) qui atteint 50 000 habitants et Ratiatum (Rezé).

Les Santons

La date d'installation des Santons (Santones) en Saintonge est inconnue. Il peut s'agir simplement des descendants des populations locales de l'âge du Bronze. Leur chef-lieu était l'oppidum de Pons jusqu'à la fin du IIe siècle avant J.-C. Ils font le commerce du sel qu'ils extraient en des sites côtiers maintenant loin dans les terres. Selon d’autres hypothèses, ils auraient pu s’établir seulement à la fin du IIème siècle av. J.‑C., venant du sud de l’Allemagne.  Leur territoire est riche en blé. Ils seront assez riches et de très nombreux objets y seront retrouvés. Ils prendront pour capitale Saintes (Mediolanum), à laquelle ils donneront leur nom. César, dans ses « commentaires » en parle comme l’une des tribus les plus puissantes de Gaule.

 

La Foye, située sur la frontière entre les deux tribus
La  bande forestière de la Sylve d’Argenson, longue de près de 100 kilomètres, formait une sorte de frontière entre les Pictons au Nord et les Santons au sud. Cette frontière se délimite à l’est par la Boutonne.
Frontieres gauloises.png

 

La Foye se situait à la limite nord du territoire Santon, mais il est probable que les deux tribus gauloises venaient chasser sur ses terres.
 
La forêt d’Argenson au début de l’ère chrétienne
Recherches sur l’étendue des forêts formant les marches communes
entre les Santons et le Pictons avant la conquête romaine

Les voies « gauloises »

Pour se déplacer les gaulois tracent un certain nombre de voies dont la plupart seront reprises par la suite par les Romains. Une voie sera tracée entre la forêt de Chizé et Usseau. Elle passe par le Raclis, Boisserolles et le Chêne Grelet (Fief du Chêne aux Chiens au sud de La Foye).

Conquête par les Romains

En 60 avant Jésus-Christ, les Santons acceptent de recevoir l'ensemble du peuple des Helvètes qui sont sous la menace d'une invasion par les Germains, et projettent de les installer à l’embouchure de la Gironde, qu’ils dominent alors.

 

Vers 58 av J.-C, les Romains qui occupaient la région méditerranéenne de la Gaule, décident d'entamer la conquête du nord.  A la tète de ses légions, César mesure le double danger de ce déplacement de population et de la menace pour Toulouse, lié au renforcement des Santons. Il les envahit et les annexe en 58 av. J.-C., sans rencontrer de résistance.

C'est le début de la Guerre des Gaules. Le Bas-Poitou et la Bretagne voient arriver les légions de César en 57 av. J.-C.

Guerriers, les Pictons regroupent derrière eux de nombreux clients. Marins réputes, ils tirent profit du commerce avec les Iles Britanniques. Leur puissance maritime gène les Vénetes qui vont fédérer les peuples armoricains avec eux, brisant l’ancienne alliance picto-namnete dont les traces sont visibles sur les monnaies celtiques trouvées en Loire-Atlantique, en Vendée et en Deux- Sèvres. Une fois allies aux Santons, les Pictons domineront totalement ce commerce, par la Gironde et par la Loire. César va   se servir de ce conflit pour attaquer.

En l'an 56 av. J.-C., les légions romaines de Crassus, lieutenant de César, envahirent le pays et le chef picte, Desratius, qui perçoit le peu de chances de victoire vu les nombreuses divisions des tribus, se rend pour éviter la destruction, lors du siège de Durinum (Saint-Georges-de-Montaigu). César pactise avec les Pictes et commande à ces marins des bateaux pour lutter contre les Celtes du nord, les Vénètes, bateaux qui seront construits à Sidunum et, en échange, les exonère d'impôts.

La position du roi Picte est donc claire, mais les autres chefs de guerre pictes demeurent très hostiles aux Romains. Les armées pictes, menées par le chef Ande Dumnacus, continuent de lutter pour leur indépendance et assiègent leur roi et les armées romaines de Caninius refugies dans Limonum (Poitiers).

Apres une première victoire, ils sont défaits et massacres au Ponts-de-Cé, par les armées de Caius Fabius venues en renfort. Sous la conduite de Vercingetorix, les Pictons se coalisèrent avec les Santons en l`an 52, et fournissent le plus gros contingent pour libérer Alesia, (20 000 picto-santones), mais l’armée de secours ne put débloquer et les derniers partisans de l'indépendance gauloise succombèrent à Uxellodunum.  Au regard de la vaillance du grand peuple et en souvenir de Duratios, les Pictons ne durent pas verser tribu à Rome. Sous Auguste et durant la "Paix Romaine", Limonum (Poitiers) fut la métropole administrative et militaire tandis que Mediolanum Santonum (Saintes) devint la métropole religieuse et économique, du centre-ouest.

A Deuil on retrouvera les vestiges d’un vaste camp Romain.

Les Romains occuperont notre sol pendant plus de quatre siècles.

Période de prospérité à l'époque Gallo-Romaine

Cinquante ans après la conquête, sous l'empereur Auguste, les Romains emploient pour le Poitou la politique habile qu‘ils appliquaient partout. La confédération celtique à laquelle appartenait le Poitou est démembrée et divisée. Les Pictons sont séparés de la grande famille celtique ou le vieil esprit n'était pas encore éteint. Réunis à l'Aquitaine, ils devaient peu à peu subir l'influence de cette portion de la Gaule promptement devenue une province romaine.

En ce début de notre ère beaucoup de Romains (anciens militaires, affranchis, colons..) cherchent à s’enrichir à travers l’exploitation de terres, et la région est fertile. Ils seront très nombreux à s’y établir.

Durant deux siècles et demi, la région va connaitre une grande prospérité. Les oppida gaulois deviennent de belles agglomérations. Limonum (Poitiers) atteint 50000 habitants. Six grandes voies romaines en partaient en direction de Nantes, Angers, Tours, Lyon par Bourges, Bordeaux par Saintes et Toulouse par Limoges.

La Gaule romaine au temps de César.jpg

Les voies romaines

Au début de notre ère, les romains entreprennent une série de grands travaux, comme la construction de routes afin de faciliter les déplacements dans leur nouveau territoire, et mettre en rapport direct et facile les principales cités.

La Sylve D’Argenson représente alors une frontière. Ils décident de la traverser en construisant deux routes au départ de Saintes.

A l’est, Ils créent une importante voie reliant Saintes et Bordeaux à Poitiers. Elle passe par Brioux et franchit la forêt près de Chizé, en séparant les actuelles forêts de Chizé et d’Aulnay.

A l’ouest, une autre voie reliant Saintes à Nantes. Elle longe l’ancienne ligne de rivage du golfe des pictons. Partant de Malevault, la route passait en ligne droite par la Chaussée, commune de Saint-Félix; la petite Chaussée, commune de Marsais, à Usseau, d’ou elle se dirigeait par le bois de la Chapelle-Ferrée, sur la chaussée d’Epannes, dite le pont de Cese (pons Caesaris) d’ou elle rejoignait Coulon, Benêt, et enfin Nantes.

Plus tard au début de l’ère chrétienne une autre voie sera construite reliant directement Saintes à Niort. Elle traversera la forêt D’Argenson au centre en isolant la forêt de Chizé de la forêt de La Foye.

La création des voies romaines favorisera la création d’un certain nombre de stations pour le repos et l’approvisionnement.  Sur la voie reliant Saint-Jean d’Angély et Coulon un relais sera établi à Ussellum (Usseau), au passage du Mignon. Ce sera le départ d’un petit village qui prendra peu à peu son essor jusqu’au Xème siècle. 

Les villas gallo-romaines

Près des voies romaines, des « villae » ou grosses exploitations agricoles sont élevées dans les zones les plus fertiles. Elles formeront plus tard de petits villages. Néanmoins elles sont peu nombreuses dans la région car elles étaient situées au bord de cours d’eau ou fontaines, lesquels sont assez rares. .

On retrouve trace de plusieurs villas Gallo-romaines, à Deuil (Villa Daolli), Prissé (Priscanum ou villa Priscii), Mauzé (Mauzacum), Frontenay (Frontinum)... Près d’Usseau on note la trace d’exploitations agricoles isolées (Villae) au lieu dit « fief de Bellevue » à l’ouest, et aux environs de « la Marzelle » au sud, au bord de la petite rivière du Mignon.

En général elles portent le nom de leur premier propriétaire. Par exemple Prissé s’est développé à partir du domaine de « Priscius », un riche propriétaire terrien (Dans les documents on trouve « Priscacum » ou villa « priscii »).

Mais les grand propriétaires préfèrent habiter habitent les grandes cités, dédaignant les champs, et sur leur domaine rural la « Villa » n‘est qu'un grand corps d'exploitation ou sont renfermés les colons qui cultivent la terre et le régisseur ou intendant qui les surveille. Ces Villas emploient beaucoup d’esclaves appelés « mancipiis ». A l’époque ils sont vendus avec la propriété. 

Il y a aussi quelques petits propriétaires qui possèdent de petites surfaces. Ils habitent villages gallo-romains, et forment au milieu des campagnes une population libre assez nombreuse, mais sans importance, et dans un état très voisin de la servitude.

A l’époque gallo-romaine l’agriculture est prospère dans la région. La récolte du blé est assez abondante pour permettre des exportations au midi de la Gaule. Et les romains amèneront avec eux les premiers plants de vignes,  qu’il ont apportés avec eux. Dès le IVème siècle, durant le règne de l’empereur Julien, le commerce de ces villas deviendra florissant grâce aux échanges avec l’Angleterre (vin, sel…)

Usseau, un village très ancien

Il semble que l’occupation humaine à Usseau soit très ancienne ainsi qu’en témoigne un fossé circulaire probablement de l’âge du bronze, observé au lieu dit « les Crouzilles » sur la route de Mauzé.   Le nom « Ussellum » est d’origine Celtique. Les Santons s’y serait implantée vers le 6ème siècle avant JC, mais il faut attendre la création de la voie romaine pour que s’y développe au 1er siècle une station routière, devenant progressivement « Vicus » (village), nommé Uxellum, situé de part et d’autre de cette voie à la sortie du gué sur le Mignon, sur les hauteurs.

Le long de cette grande voie, se dressaient des mansions: c'étaient des sortes d'hôtelleries, des lieux de repos plus particulièrement destines à servir d‘étapes aux corps de troupes en mouvement, mais ou les simples voyageurs trouvaient aussi des bâtiments pour se reposer et prendre la nourriture.

Les traces de Peuplement à Usseau sont nombreuses pour les 1er et 2ème siècles, puis disparaissent pour les 3èmes et 4èmes siècles, sans doute lie à la crise de l’Empire Romain au 3ème siècle, mais plus précisément au déclin de Saintes et son influence sur son territoire. Saintes est la première capitale de l’Aquitaine Romaine, on lui préféra Poitiers au 2éme siècle. Au 4ème siècle la ville nouvelle d’Angoulême éclipse durablement la cite de Saintes en détournant les voies commerciales reliant L’Espagne et la Méditerranée au nord de la Loire.

Cette déviation a peut-être valu à la région d’être un peu à l’écart des grands mouvements d’invasion. Pendant toute cette période, Usseau semble avoir conserve son rôle de petit relais économique.

Des sondages archéologiques récents mettront en évidence ce peuplement du 1er siècle au 3ème siècle.  Un très beau musée y est consacré au centre culturel. 

De plusieurs dizaines d’habitants au début, le village d’Usseau acquerra une certaine importance aux cours des siècles suivantes et atteindra probablement quelques centaines d’habitants.


Pour en savoir plus… Usseau

 (Source : documents fouilles P.H.Mitard, archéologue du CNRS et C.Scuiller, archéo-antropologue)

La période gallo-romaine

Situé sur la voie romaine venant de Saintes, le bourg d’Uxellum était dès le 1er siècle un Vicus (village) routier. On a retrouvé des monnaies romaines, aux noms des empereurs, et des fragments de poteries. A cette époque le village avait une centaine de mètres à l’est et à l’ouest de la voie. Au niveau de l’emplacement de l’église actuelle, il devait y avoir un temple auquel aurait appartenu la colonne romaine dont une partie a été réutilisée pour confectionner un sarcophage d’enfant. De 55cm de diamètre, cette colonne pouvait atteindre une hauteur de 4 à 5 m. Un sondage dans l’église a permis de recueillir un petit fragment sculpté de facture romaine, une section de jambe. La découverte la plus remarquable est la plaquette des Dieux de fécondité trouvée en 1907 dans un jardin du nord du bourg et qui date du début du 1er siècle après J-C. (exposée au musée du Donjon à Niort).

Dans un terrain du bourg, on retrouvera en 1966 un bâtiment antique, de la céramique, de la monnaie du 1er siècle.

Mais ces sont surtout des fouilles archéologiques, effectuées le long de l’ancienne voie romaine de Saintes à Angers, au lieu dit « la Pointe de Faugeroux » qui ont mis au jour un cimetière d’incinération. Dans cet enclos funéraire d’une trentaine de mètres de côté, on a retrouvé des ossements humains et animaux calcinés, de nombreux tessons de céramique, de clous, de fragments de verre fondus. Ils ont été datés du 1er et 2ème siècle de notre ère.
 
La mer était très proche car on y a retrouvé des bancs d’huitres, des coquilles de moules et berniques.
Parmi les empierrements du tronçon de la voie romaine ont été recueillies des monnaies des empereurs Auguste, Claude et Tetricus (271-273), et, plus près de la surface des monnaies du Moyen-âge et une du XVIIIème siècle.
 Le pavage était encore présent au début du 20ème siècle. Une borne romaine a été retrouvée plus en amont.

La période Mérovingienne

Mais c’est surtout la nécropole mérovingienne qui fera l’objet de recherches approfondies et révèlera nombre de sarcophages. Du IIIème au XIIIème siècle, un grand cimetière sera créé de part et d’autre de la route menant à La Foye, au lieu dit le « Fief Dampierre ». C’est surtout la zone sud, sur l’emplacement d’un lotissement, qui sera fouillée dans les années 2001 à 2004, mettant à jour de nombreuses fosses contenant des sarcophages de pierre. On en dénombrera 81. Certains seront taillés de façon grossière, d’autres seront décorés de pilastres, et même végétaux et oiseaux. On identifiera 122 squelettes, essentiellement des adultes.

Usseau sarcophages avril 06_2012.JPG   

La nécropole du fief Dampierre 

Fief Dampierre Usseau.jpg 

 Usseau à la période médiévale

Plus tard, peu avant l’an mil, un nouveau cimetière sera créé autour d’une première église, remplacée au XIIème siècle par l’église actuelle. Ce cimetière médiéval, situé derrière l’église, fut fouillé en 1980-82. On a retrouvé une cinquantaine de sépultures don trente-cinq avec sarcophages. Certains sont d’époque Mérovingienne et Carolingienne et réutilisés dans ce cimetière. Quatre sont présentés dans la salle d’exposition du musée dans l’orientation qui était la leur. D’autres sont conservés dans l’église. On retrouvera également des bagues mérovingiennes et lames de couteaux.

On retrouvera également des fragments de poteries datables des XIème et XIIIème siècles.


Aucun commentaire: