Pages

L'essor des Comtes-Ducs du Poitou

Sous l'Empire Carolingien
Au 7e siècle, à la fin de la dynastie mérovingienne, le Royaume Franc n’est guère plus qu’un conglomérat de principautés religieuses ou familiales, partagé et affaibli par les rivalités entre rois. La notion d’État subit une véritable éclipse : les comtes, représentants locaux du roi, voient leur pouvoir personnel croître au détriment de l’unité du royaume ; les maires du palais, qui gouvernent et contrôlent le trésor royal, prennent également du pouvoir, en tentant notamment de rendre leur charge héréditaire. 
 
Au début des années 1700, une nouvelle dynastie s'impose : les Carolingiens. 
Pendant près de deux siècles, a la suite de nombreuses conquêtes ses membres, qui ont pour nom Pépin le Bref, Charlemagne ou Louis le Pieux préparent, développent et maintiennent leur domination sur un vaste territoire : l’Empire carolingien. 
 
Couronnement impérial de Charlemagne 
Couronnement impérial de Charlemagne à Rome le jour de Noël 800
 
Mais à la mort de Charlemagne en 814, son fils, Louis le Pieux, lui succède sur le trône. Lorsque ce dernier s'éteint à son tour, le traité de Verdun entérine le partage de l'Empire carolingien en trois royaumes.28 févr. 2023. L'affaiblissement du pouvoir royal verra le partage du territoire en comtés et le morcellement en une multitude de seigneuries, ce qui vaudra la construction de nombreux châteaux à la fois pour se protéger et pour affirmer sa puissance. Dans notre région, ce sera le règne des Comtes du Poitou et Ducs d'Aquitaine dont le territoire s'étendra progressivement du sud de la Loire jusqu'aux Pyrénées.
 
Les Comtes du Poitou et Ducs d'Aquitaine
 Le comté de Poitou est un ancien comté (778-1422) du royaume de France, dont la capitale était Poitiers. Créé dès 778 par Charlemagne, il est réuni en 854 au duché d'Aquitaine dans le cadre du royaume de Francie occidentale des Carolingiens, puis du royaume de France des Capétiens. En 1152, par le mariage d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri Plantagenêt, il entre dans l'empire Plantagenêt, qui inclut à partir de 1154 le royaume d'Angleterre.

Description de cette image, également commentée ci-après 

A partir de 934, on verra régner la dynastie des "Guillaume" avec l'avènement de Guillaume Ier dit « Tête d’Étoupe ». Au moment de la création de La Foye, ce sera Guillaume VI (1025- Mort le 

Mais c’est surtout l’ainée de ses trois enfants qui sous le nom d’Aliénor d’Aquitaine passera à la postérité. En effet « Alienor d’Aquitaine » sera la seule de l’histoire à être successivement Reine de France et Reine d’Angleterre.

Aliénor dans un vitrail de la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers, 
seule représentation d'elle faite de son vivant.
 
Une époque de très grande ferveur religieuse
La dissolution de l'Empire carolingien au IXe siècle, et la « mutation féodale » qui l'accompagne, se caractérisent par la croissance des exactions commises par les seigneurs. Ceux-ci tentent d'imposer à la paysannerie et au clergé leur protection en échange de revenus ou bien se livrent à des guerres privées qui provoquent d’importants dégâts et engendrent de nombreuses victimes. 
Mais à l'approche de l'an mil, les religieux qui ont su conserver une conduite exemplaire dans le contexte de désordres ont acquis une grande autorité spirituelle. C'est aussi en cette fin du  Xème siècle que de nombreuses invasions dévastent nos campagnes et sèment la terreur.  La ferveur religieuse se développe et le clergé prend de plus en plus de pouvoir. De nombreux ordres se développent sous l'impulsion de la papauté. De tous ceux-ci, Cluny connaîtra le développement et l'influence les plus remarquables. Sous la férule d'abbés dynamiques tels qu'Odon, Maïeul ou Odilon, l'abbaye entraînera d'autres monastères qui lui sont rattachés, et constitue bientôt un ordre très puissant. L'une des grandes forces de Cluny est de recruter une bonne partie de ses membres, et particulièrement ses abbés, dans la haute aristocratie.  
 
Cluny, le relais de la papauté en France
 Dans un contexte de déclin et d’invasions du royaume des Francs, Cluny est le symbole du renouveau monastique en Occident.

Vers 900, la France est dirigée par la dynastie carolingienne; mais sous la pression des attaques vikings et sarrasines, l'autorité royale s'est fortement affaiblie et les princes territoriaux et les seigneurs ont pris leur indépendance de fait. 

C'est dans ce contexte que le 11 Septembre 909 (ou 910), Guillaume dit « le Pieux », duc d’Aquitaine et comte de Mâcon, pour s’assurer à lui et à ses proches le salut éternel, fait don d’une villa carolingienne à Cluny pour y édifier un monastère censé revenir aux valeurs de la rigueur de l’époque carolingienne. Celui-ci est placé sous la protection de Saint Pierre et Saint Paul (c'est-à-dire à l’Église romaine),

 Les premiers bâtiments conventuels y sont construits avec l'aide des moines des abbayes environnantes. 

 

L'abbaye de Cluny | Passerelles

Abbaye de Cluny

Dès le départ, l’abbaye de Cluny est placée sous la protection directe du pape, et lors de la fondation, le comte y impose le respect de la règle bénédictine (règle de Saint Benoît d'Aniane). Très vite, l'Ordre de Cluny (à la tête duquel se trouve l'abbé de Cluny) acquiert une très grande importance, et l’abbaye devient un centre intellectuel de premier plan dans cette période portée par la foi.

Cluny aura une puissance considérable pour l'époque. De nombreuses autre Abbayes y seront rattachées, chacune étant a la tête d'un réseau de Prieurés, possessions agricoles permettant d'assurer leurs revenus. 


Enluminure. Scène montrant la fondation d'une abbaye vers 1100.

 Jusqu’au milieu du moyen-âge, l’ordre recevra de nombreuses donations. Sous l'impulsion de brillants abbés, et de créations en rattachements indirects, le nombre d'établissements clunisiens s'élèvera jusqu'à 800 à la fin du Xème siècle, non seulement en France mais aussi en "Allemagne" (à l'époque, les régions de Besançon, Lausanne et Bâle), en Angleterre et en Écosse. Au début du XIIème siècle, l’ordre est constitué par l'abbaye-mère et 1 000 à 1 100 maisons abbatiales et prieurés clunisiens (monastères bénédictins), parmi lesquels 800 sont situés en France. Le prieuré de la Foye en fera partie.

  

Réunion du chapitre général dans un monastère clunisien (XVe siècle).
« Créée au début du Xe siècle, l'abbaye de Cluny va opérer une réforme en profondeur
de l'Église et de la société féodale, grâce à son privilège de ne plus dépendre
du seigneur ou de l'évêque du lieu mais seulement du pape qui siège à Rome.
Après l'An Mil, l'ordre comptera près de 1450 monastères et prieurés,
rassemblant dix mille moines. » [Moines et abbayes - Le cœur battant
de la société médiévale
, Herodote.net]

Les premiers prieurés apparaissent dans notre région au Xème siècle


A Usseau, à la fin du Xème siècle, on construit un prieuré. 
Ce Prieuré bénédictin, placé sous la protection de Saint Pierre, sera donné par Guillaume, seigneur d'Usseau à l'abbaye Saint-Florent de Saumur. Cette donation sera confirmée en 1197, par Henri, évêque de Saintes, Au XIIème siècle, une église abbatiale y sera construite. De style roman, présentant des chapiteaux romans à gros masques, elle sera remaniée plus tard avec construction d'un chœur gothique. Lors de la guerre de cent ans elle sera fortifiée et deux échauguettes encadrant la façade ouest. Elle sera dévastée et remaniée durant les guerres de religions.

Et un peu plus tard, un autre à Vallans.

La terre de Vallans fut donnée en 1037 à l’abbaye de Saint-Jean-d’Angély par Guillaume le Gros, comte de Poitiers, pour y créer un Prieuré (L’Abbaye de Saint Jean de Poitiers avait été fondée vers 817 par Pépin, roi d’Aquitaine).
Il y avait déjà là une petite église, proche de la rivière, la Courance. Après la construction du prieuré, les moines de L’abbaye participeront au défrichement de la région.

Mais ce sera aussi la période de nombreuses guerres féodales
Le XIe siècle est marqué par de nombreuses guerres féodales. Les petits seigneurs locaux, représentants du roi, exercent alors le pouvoir sur les territoires qu'ils ont à charge de surveiller et de défendre. Mais avec leurs vassaux, ils sont aussi des rivaux qui guerroient constamment entre eux.

C'est à cette époque qu'apparaissent dans la région des buttes fortifiées, prototypes des premiers châteaux fort. La trace de l'une de ces « mottes » subsiste encore au nord de la commune
 L’essor des Comtes-Ducs de Poitou
A la fin du VIIIème siècle Charlemagne créera des vassaux en charge de contrôler de vastes régions de son territoire. Pour le sud-ouest de la France, il nommera Abbon à la tête du comté de Poitiers, qui comprendra les villes de Poitiers, Saintes et puis à partir du début du Xème siècle l'Aunis et Limoges. Il sera le premier d’une lignée de comtes qui se rendront progressivement autonomes par rapport au pouvoir Royal et affermiront leur domination sur les vastes territoires devenus leurs fiefs héréditaires.

C’est sous la dynastie des Guillaume de 934 à 1137, que le comtes du Poitou seront au sommet de leur puissance. Ils étendront leur influence sur toute l'Aquitaine. Ils porteront un double numéro d'ordre : le premier pour le comté de Poitiers, le second pour le duché d'Aquitaine. Le premier sera Guillaume Ier Tête d'Étoupe  († 963) ou Guillaume III d'Aquitaine, suivi de Guillaume II Fièrebrace († 995), Guillaume III le Grand († 1030), Guillaume IV le Gros († 1038), Eudes († 1039), Guillaume V Aigret († 1058), Guy-Geoffroy-Guillaume VI († 1086), Guillaume VII le Troubadour († 1126), Guillaume VIII le Toulousain († 1137).

https://encrypted-tbn0.google.com/images?q=tbn:ANd9GcQLbGNYaQZ3n6d8R6VzvGlkz3mexgGq8IHc4bb4n6ZqPf4lijpKNA

Leur histoire trouvera son achèvement avec l’arrivée d’Aliénor d’Aquitaine (1122 † 1204), dont le mariage avec Henri II Plantagenet permettra la constitution de l'Empire Plantagenet au XIIème siècle.

 En même temps c'est à cette époque que débutera l'intégration progressive de l'Aquitaine au Royaume de France.Parmi leurs vassaux, il y aura de puissantes seigneuries qui auront une grande influence dans toute la région au début du moyen-âge. Ce sont les Parthenay, Thouars, Exoudun, Lusignan, et Brienne. En 1066, le vicomte de Thouars est à la tète des 8 000 guerriers poitevins, qui participent à la conquête de l'Angleterre avec Guillaume de Normandie. Il en ramènera une grande fortune, grâce a laquelle il bâtira plusieurs édifices religieux.


https://encrypted-tbn3.google.com/images?q=tbn:ANd9GcQrjw5awI-3qyY51z7pO60q_WieSYNXEvUrMHja4XCVo0c-haB7

Le Comté du Poitou (987 – 1314)

 

Comté Poitou.png

 

C’est Guy-Geoffroy-Guillaume, qui sera à l’origine de la création de La Foye en 1077 en donnant ses terres à la nouvelle abbaye de Montierneuf qu’il venait de fonder à Poitiers.   

Né en 1023, il succèdera à son frère Guillaume Aigret en tant que comte de Poitiers de 1058 à 1086 sous le nom de Guillaume VI, et duc d'Aquitaine sous le nom de Guillaume VIII. Il mourra de maladie le 25 septembre 1086 au château de Chizé. Construit vers l’an mil, ce château sera possession des comtes du Poitou depuis le début, ainsi que la forêt.


Aucun commentaire: