Au 7e siècle, à la fin de la dynastie mérovingienne, le Royaume Franc n’est guère plus qu’un conglomérat de principautés
religieuses ou familiales, partagé et affaibli par les rivalités
entre rois. La notion d’État subit une
véritable éclipse : les comtes, représentants locaux du roi, voient leur
pouvoir personnel croître au détriment de l’unité du royaume ; les
maires du palais, qui gouvernent et contrôlent le trésor royal, prennent
également du pouvoir, en tentant notamment de rendre leur charge
héréditaire.
Au début des années 1700, une nouvelle dynastie s'impose : les Carolingiens.
Pendant près de deux siècles, a la suite de nombreuses conquêtes ses membres, qui ont pour nom Pépin le
Bref, Charlemagne ou Louis le Pieux préparent, développent et
maintiennent leur domination sur un vaste territoire : l’Empire
carolingien.
Couronnement impérial de Charlemagne à Rome le jour de Noël 800
Mais à la mort de Charlemagne
en 814, son fils, Louis le Pieux, lui succède sur le trône. Lorsque ce
dernier s'éteint à son tour, le traité de Verdun entérine le partage de
l'Empire carolingien en trois royaumes.28
févr. 2023. L'affaiblissement du pouvoir royal verra le partage du
territoire en comtés et le morcellement en une multitude de seigneuries,
ce qui vaudra la construction de nombreux châteaux à la fois pour se
protéger et pour affirmer sa puissance. Dans notre région, ce sera le
règne des Comtes du Poitou et Ducs d'Aquitaine dont le territoire
s'étendra progressivement du sud de la Loire jusqu'aux Pyrénées.
A partir de 934, on verra régner la dynastie des "Guillaume" avec l'avènement de Guillaume Ier dit « Tête d’Étoupe ». Au moment de la création de La Foye, ce sera Guillaume VI (1025- Mort le e déplaçant entre ses deux capitales :
Bordeaux et Poitiers.Il règnera sous le nom de
Guillaume VIII
comme Comte de Poitiers et sous celui de Guillaume X comme Duc d’Aquitaine. Il décèdera à 38
ans lors d’un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle.
Mais c’est surtout l’ainée de ses
trois enfants qui sous le nom d’Aliénor d’Aquitaine passera à la postérité. En
effet « Alienor d’Aquitaine » (1137-1204), sera la seule de l’histoire à être successivement Reine de France et Reine d’Angleterre.
Aliénor dans un
vitrail de la cathédrale Saint-Pierre de Poitiers,
seule représentation d'elle
faite de son vivant.
Une époque de très grande ferveur religieuse
La dissolution de l'Empire carolingien au IXe siècle, et la « mutation féodale »
qui l'accompagne, se caractérisent par la croissance des exactions
commises par les seigneurs. Ceux-ci tentent d'imposer à la paysannerie
et au clergé leur protection en échange de revenus ou bien se livrent à
des guerres privées qui provoquent d’importants dégâts et engendrent de
nombreuses victimes.
Mais à l'approche de l'an mil, les religieux qui ont su conserver une conduite exemplaire dans le
contexte de désordres ont acquis une grande autorité spirituelle. C'est aussi en cette fin du Xème siècle que de nombreuses invasions dévastent nos campagnes et sèment la terreur. La ferveur religieuse se développe et le clergé prend de plus en plus de pouvoir. De nombreux ordres se développent sous l'impulsion de la papauté. De tous ceux-ci, Cluny connaîtra le développement et l'influence les plus remarquables. Sous la férule d'abbés dynamiques tels qu'Odon, Maïeul ou Odilon,
l'abbaye entraînera d'autres monastères qui lui sont rattachés, et
constitue bientôt un ordre très puissant. L'une des grandes forces de
Cluny est de recruter une bonne partie de
ses membres, et particulièrement ses abbés, dans la haute aristocratie.
Cluny, le relais de la papauté en France
Dans un contexte de déclin et d’invasions du royaume des Francs, Cluny est le symbole du
renouveau monastique en Occident.
Vers 900, la France est dirigée par la dynastie
carolingienne; mais sous la pression des attaques vikings et sarrasines,
l'autorité royale s'est fortement affaiblie et les princes territoriaux et les
seigneurs ont pris leur indépendance de fait.
C'est dans ce contexte que le 11 Septembre
909 (ou 910), Guillaumedit « le Pieux », duc d’Aquitaine et comte de Mâcon, pour s’assurer à lui et à ses proches le salut éternel, fait don d’une villa carolingienne à Cluny pour y édifier un monastère censé revenir aux valeurs de la rigueur de l’époque carolingienne. Celui-ci est placé sous la protection de Saint Pierre et Saint Paul (c'est-à-dire à l’Église romaine),
Les
premiers bâtiments conventuels y sont construits avec l'aide des moines des
abbayes environnantes.
Abbaye de Cluny
Dès le départ, l’abbaye de Cluny est placée sous la
protection directe du pape, et lors de la fondation, le comte y impose le
respect de la règle bénédictine (règle de Saint Benoît d'Aniane). Très vite,
l'Ordre de Cluny (à la tête duquel se trouve l'abbé de Cluny) acquiert une très
grande importance, et l’abbaye devient un centre intellectuel de premier plan
dans cette période portée par la foi.
Cluny aura
une puissance considérable pour l'époque. De nombreuses autre Abbayes y
seront rattachées, chacune étant a la tête d'un réseau de Prieurés,
possessions agricoles permettant d'assurer leurs revenus.
Enluminure. Scène montrant la fondation d'une abbaye vers 1100.
Jusqu’au milieu du moyen-âge, l’ordre
recevra de nombreuses donations. Sous l'impulsion de brillants abbés, et de
créations en rattachements indirects, le nombre d'établissements clunisiens s'élèvera
jusqu'à 800 à la fin du Xème siècle, non seulement en France mais
aussi en "Allemagne" (à l'époque, les régions de Besançon, Lausanne
et Bâle), en Angleterre et en Écosse. Au début du XIIème siècle, l’ordre
est constitué par l'abbaye-mère et 1 000 à 1 100 maisons abbatiales et
prieurés clunisiens (monastères bénédictins), parmi lesquels 800 sont situés en
France. Le prieuré
de laFoye en fera partie.
Réunion du chapitre général dans un monastère clunisien (XVe siècle).
« Créée au début du Xe siècle, l'abbaye de Cluny va opérer une réforme en profondeur
de l'Église et de la société féodale, grâce à son privilège de ne plus dépendre
du seigneur ou de l'évêque du lieu mais seulement du pape qui siège à Rome.
Après l'An Mil, l'ordre comptera près de 1450 monastères et prieurés,
Les premiers prieurés apparaissent dans notre région au Xème siècle
A Usseau, à la fin du Xème
siècle, on construit un prieuré.
Ce Prieuré bénédictin, placé sous la
protection de Saint Pierre, sera
donné par Guillaume, seigneur d'Usseau
à l'abbaye Saint-Florent de Saumur. Cette donation sera confirmée en 1197,
par Henri, évêque de Saintes, Au XIIème siècle, une église abbatiale y
sera construite. De style roman, présentant des chapiteaux romans à gros
masques, elle sera remaniée plus tard avec construction d'un chœur gothique.
Lors de la guerre de cent ans elle sera fortifiée et deux échauguettes encadrant
la façade ouest. Elle sera dévastée et remaniée durant les guerres de
religions.
Et un peu plus tard, un autre à
Vallans.
La terre de Vallans fut donnée en 1037 à l’abbaye de Saint-Jean-d’Angély par Guillaume le Gros, comte de Poitiers,
pour y créer un Prieuré (L’Abbaye de Saint Jean de Poitiers avait été fondée
vers 817
par Pépin, roi d’Aquitaine).
Il y avait déjà là une petite église,
proche de la rivière, la Courance.
Après la construction du prieuré, les moines de L’abbaye participeront au
défrichement de la région.
Mais ce sera aussi la période de nombreuses guerres féodales
Le XIe siècle est marqué par de nombreuses guerres féodales. Les petits
seigneurs locaux, représentants du roi, exercent alors le pouvoir sur
les territoires qu'ils ont à charge de surveiller et de défendre. Mais
avec leurs vassaux, ils sont aussi des rivaux qui guerroient constamment
entre eux.
C'est à cette époque qu'apparaissent dans la région des
buttes fortifiées, prototypes des premiers châteaux fort. La trace de
l'une de ces « mottes » subsiste encore au nord de la commune
L’essor des Comtes-Ducs de Poitou
A la
fin du VIIIème
siècleCharlemagne créera
des vassaux en charge de contrôler de vastes régions de son territoire. Pour le
sud-ouest de la France, il nommera Abbon
à la tête du comté de Poitiers, qui comprendra les villes de Poitiers, Saintes
et puis à partir du début du Xème siècle l'Aunis et Limoges. Ilsera le premier d’une lignée de comtes
qui se rendront progressivement autonomes par rapport au pouvoir Royal et
affermiront leur domination sur les vastes territoires devenus leurs fiefs
héréditaires.
Leur
histoire trouvera son achèvement avec l’arrivée d’Aliénor d’Aquitaine (1122
† 1204), dont le mariage avec Henri II Plantagenet permettra la
constitution de l'Empire
Plantagenet
au XIIème
siècle.
En même temps c'est à cette époque
que débutera l'intégration progressive de l'Aquitaine au Royaume de
France.Parmi leurs vassaux, il y aura de puissantes seigneuries qui auront
une grande influence dans toute la région au début du moyen-âge. Ce sont
les Parthenay, Thouars, Exoudun, Lusignan, et Brienne. En 1066, le vicomte
de Thouars est à la tète des 8 000 guerriers poitevins, qui participent à
la conquête de l'Angleterre avec Guillaume de Normandie. Il en ramènera une
grande fortune, grâce a laquelle il bâtira plusieurs édifices religieux.
Le Comté du Poitou (987 –
1314)
C’est Guy-Geoffroy-Guillaume,
qui sera à l’origine de la création de La Foye en 1077en donnant
ses terres à la nouvelle abbaye de
Montierneuf qu’il venait de fonder à Poitiers.
Né en 1023, il succèdera à son frère Guillaume Aigret en tant que comte de Poitiers de 1058 à 1086 sous le
nom de Guillaume VI, et duc d'Aquitaine sous le nom de Guillaume VIII. Il mourra de maladie le 25septembre1086 au château de Chizé. Construit vers l’an mil, ce château sera possession
des comtes du Poitou depuis le début, ainsi que la forêt.
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