La difficile reconversion à l'agriculture.
(Merci à Gérard Renaudet et Gabriel péquin pour leur contribution)
Après le douloureux épisode du phylloxéra, il fallut dans chaque ferme, en tout cas celles qui voulaient continuer, apprendre le métier d'agriculture, et aussi l'élevage.
Il
fallu tout d'abord arracher les ceps de vigne morts, labourer et semer,
tout en continuant à nourrir la famille sans avoir de revenus.
Heureusement chacun avait un potager et élevait quelques cochons et
volailles.
On
avait dû agrandir les écuries pour y accueillir du bétail, le commerce
du lait commençant à
se développer avec les gros bourgs tout proche, et puis le fumier
permettrait d'amender et enrichir ce sol calcaire, peu propice.
Peu à peu, avec les premières récoltes, le moral reprit dans les chaumières.
Il
avait fallu augmenter le nombre de bœufs et de chevaux, sachant qu'ils
étaient indispensables pour les travaux dans les champs,
Chaque ferme possédait plusieurs attelages qui étaient la fierté de leurs propriétaires.
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| André Giraud et ses bœufs dans la plaine de La Foye [source : Souvenirs de Beauvoir-sur-Niort et de son canton, André Chaigne] |
Dès l’automne on labourait les parcelles moissonnées. Ensuite, à
l’automne ou au printemps, c’était les semailles : blé, orge, avoine, seigle… il
fallait un peu de tout.
Ce ne sera qu'après la guerre de 14, que la mécanisation se développera.
On verra l'arrivée de charrues plus perfectionnées, de herses, et même
des moissonneuses-batteuses et lieuses dont les premiers modèles venaient des États-Unis, mais
ce n'était que des machines tirées par des chevaux.
Les premiers
tracteurs arriveront bien plus tard, au milieu des années 30, et encore
que dans les plus grosses fermes.
L'élevage, une importante source de revenus dans la région.
Il
faut savoir qu'en cette fin du XIXème siècle, un important commerce de
Chevaux, Ânes, Mulets et Baudets s'était développé dans tout le Poitou,
en particulier avec l'Espagne, et nombreux venaient les acheteurs de ce
pays aux foires régionales. D'ailleurs il en reste encore une race
spécifique "Le Baudet du Poitou", qui continue d'être élevé dans les
régions de marais.
Les
habitants de nos villages voulurent se lacer dans l'aventure, mais
l'élevage de ces animaux était très délicat, en particulier à cause des
nombreuses maladies.
Sous l'impulsion d'Alphonse Arnaud, Alphonse Martin et Émile Benoist, trois propriétaires important de La Foye, un syndicat agricole fut créé en Mars 1898, afin de partager les informations et s'entraider dans cet élevage.
Un livret fut distribué à chaque adhérent, et l'on peut y lire que la plupart des agriculteurs de la commune y adhérèrent.
Pour lire le contenu de ce livret, cliquer sur l'image ci-dessous (à droite la version ré-éditée en 1914)
Quand
on regarde la carte de Cassini de 1820, on s'aperçoit que les terres
viticoles étaient fragmentées en d'innombrables petites parcelles.
Beaucoup de vignerons n'en possédaient que quelques parcelles et
beaucoup étaient pauvres. 
Après
le Philloxéra et le passage à l'agriculture et l'élevage, les parcelles
resteront petites et souvent entourées de haies. Certaine seront
réservés à la culture de céréales, de betterave ou choux, d'autres
seront ensemencées de luzerne pour en faire des prairies. A l'époque
atour de La Foye on voyait partout des vaches, parfois chèvres, gardées
par des enfants ou jeunes bergers. On "allait au champ". La plaine
n'était pas déserte comme de nos jours.
Cette situation durera jusqu'au milieu des années 1950,
même si au fil des successions il y avait déjà eu de nombreux
regroupements. Ensuite ce sera l'époque des "remembrements" qui
permettront de créer de grandes parcelles pour répondre aux besoins de
la mécanisation.
Dans ce tableau ici, on a identifié 62 fermes dans la commune au début des années 60.
Il n'en reste plus que 4 actuellement, aucune ne produisant du lait.
A
cette époque, la plupart des fermes ne possédaient que 5 à 6 vaches, et
exploitaient à peine 7 à 8 hectares. On vivait chichement mais cela
suffisait à nourrir la famille.
La
plupart du temps, c'était des vaches de race Frisonne, noires et
blanches, de petite taille, moins exigeantes et plus productive en lait. Elles
avaient progressivement remplacé les Hollandaises, blanches et marron,
plus grandes, et qui avaient l'avantage de garder une mixité de
production, lait-viande.
Certaines
grosses fermes à cette époque possédaient des cheptels plus importantes
allant jusqu’à 40 vaches (Fermes Morin, Baud, Jamard...).
Une vie difficile, tous les jours de l'année
Semaine et jours fériés il fallait s'occuper du bétail.
La laiterie coopérative
Presque toute la commune alimentait la laiterie de Beauvoir. Celle-ci avait été créée en 1889 à l'initiative du docteur Henri Tille, suite à la crise du phylloxera.
hujh
Lorsque
celle-ci a fermé, une partie est partie a la laiterie d'Echiré, l'autre
à Surgères, puis plus tard à la Chapelle-Thireuil.
La fin d'une époque
Plus
tard, avec la disparition des fermes, les enfants ne voulant pas
reprendre car le métier était trop contraignant, on verra disparaitre
progressivement les troupeaux de vaches laitières. Il n'en reste plus
aucun sur la commune actuellement.
Ceux
qui resteront augmenteront leur surface cultivables au gré des
regroupements, et se concentreront sur la productions de céréales,
quelques-uns sur le bêtes à viande.



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