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Le Tumulus de Péré

Le Tumulus de Péré
Pendant plusieurs années, les chercheurs et archéologues du CNRS Roger Joussaume, Luc Laporte et Chris Scarre ont entrepris il y a plusieurs années de fouiller de façon exhaustive le tumulus de Péré, situé au sud-est de La Foye. Une année, toute l’équipe de fouille fut hébergée à la Foye, et une conférence fut donnée.
 

 

 Le chantier de l'équipe de fouille du tumulus de Prissé-la-Charrière est situé au sud de la commune de La Foye, juste en bordure, à 4 kilomètres du bourg, sur le domaine du château de Péré.


 
Ce site néolithique a été développé entre 4500 et 4200 avant JC (2000 ans avant les pyramides). Il fait 110 mètres de long sur 20 de large. 
 
Vue aérienne du tumulus, long de 110m
[Tumulus de Péré : un site unique en Europe – Nouvelle République]
 
 
 
 Tumulus Prissé.jpg

On y a retrouvé plusieurs tombes :






 

 

 

Fouilles de 2004 :

En 2004, les fouilles de la troisième chambre funéraire d'un tumulus restée obstruée pendant 6000 ans, ont mis au jour quelques objets, peu nombreux : un vase-support classique datant d'environ 4200 av. J.-C. et un autre plus ancien, ainsi que deux objets de parure : une perle et une lamelle de défense de sanglier coupée dans le sens de la longueur, arrondie et perforée.

Et surtout, on mettra à jour les squelettes de six personnes, une femme, deux hommes et trois enfants, en parfait état pour certains, manifestement déplacés pour les autres. Ils sont datés de 4450 à 4400 av. J.-C.

 

Tumulus suite 4.jpg

   

 

Récit de fouille : 

 

 Le site a été occupé sur environ 4 siècles et montre la complexité de l'évolution de ce tumulus. Au départ, il n'y avait qu'un simple coffre mégalithique, entouré d'une chemise de pierre circulaire. Il y eut plusieurs réutilisations successives, dont une tardive entre 4450 av. J.-C. et 4200 av. J.-C. Toutes passaient par une entrée en entonnoir aménagée à cet effet. Le tout a ensuite été recouvert sous un talus de terre – de 23 m de côté – prélevée autour du monument. Le fossé d'excavation ainsi créé a été laissé vide. Un dolmen à couloir en pierre sèche et dalle mégalithique de couverture pesant 2,5 t a ensuite été édifié (4200 av. J.-C.). Il était entouré d'un cairn circulaire. Le fossé a été comblé à ce moment, et le coffre et le dolmen ont été recouvert sous un seul tumulus de 100 m de long, un peu plus large et haut autour du dolmen. Entre le coffre et le dolmen, fut enfin aménagée une nouvelle chambre funéraire mégalithique à couloir. C'est dans cette chambre que des squelettes ont été retrouvés.

 

Le tumulus comprend également plusieurs sépultures  individuelles en dehors des chambres funéraires.

Ces tombes étaient inviolées et on y a retrouvé une dizaine de squelettes (ou fragments) vieux de 6500 ans.  Juste à coté, il reste un autre Tumulus à fouiller. Ces fouilles, débutées il y a 18 ans, ont lieu l'été sous la conduite de chercheurs de l'Université de Rennes, et les équipes de fouille sont hébergées par la commune de La Foye.

Si l'on sait que ces sociétés néolithiques avaient depuis la fin du VIème millénaire avant J.-C., domestiqué dans cette région, bœuf, mouton, chèvre, porc et chien et qu'ils cultivaient des graminées comme le blé, l'orge ainsi que certaines légumineuses, on en sait moins sur leur organisation sociale. Comme peu d'individus ont été retrouvés dans ces tombes, les chercheurs ont plusieurs hypothèses : est-ce leur position, politique ou religieuse, dans la société qui leur valait une sépulture exceptionnelle ou bien existait-il des familles dominantes ? 

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Rapport d'analyse du Tumulus par Luc Laporte en 2010


Introduction
Dolmens et menhirs marquent, encore aujourd’hui, le paysage de nos campagnes : dans l’ouest de la France, la très grande majorité de ces grosses pierres ont été déplacées, érigées ou assemblées par quelques-unes parmi les premières populations d’éleveurs et d’agriculteurs.
La plupart de ces monuments mégalithiques, tels qu’ils nous apparaissent aujourd’hui, résultent de la ruine d’un dispositif souvent plus vaste, largement construit par l’homme ou intégrant parfois aussi quelques éléments naturels du paysage. Ils rendent compte d’une occupation relativement dense du territoire, à partir du milieu du Ve millénaire av. n. è., tant de certaines zones littorales comme le golfe du Morbihan que des grandes plaines calcaires qui bordent le Massif armoricain; celles des Charentes et du Poitou dans le nord du Bassin aquitain, comme celles de l’Anjou ou de la Normandie dans l’ouest du Bassin parisien. Pour un millénaire encore, et presque à eux seuls, ces monuments mégalithiques restent le principal type de vestiges que ces populations nous ont laissés. Les installations du quotidien contemporaines sont beaucoup plus éparses et souvent plus difficiles à détecter aussi; si bien qu’elles ont très longtemps échappé à l’analyse des archéologues. Elles ne seront guère prises en compte que lorsqu’elles sont associées à des dispositifs qui sont tout autant le fruit d’un investissement collectif très important. On pense 
à ces vastes enceintes fossoyées qui compartimentent l’espace accessible aux vivants au moment où, pour la première fois semble-t-il, on dépose les morts audessus du niveau du sol, dans un espace sépulcral pérenne construit en pierre, et en quelque sorte bâti pour l’éternité. Un peu comme si, peu après l’acquisition de nouveaux modes de subsistance qui supposent la domestication des plantes et des animaux, on assistait ici à une toute première tentative, singulière par ailleurs, pour « apprivoiser» l’espace et le temps.
Le milieu physique, lui aussi, est moins immuable que ne le laisserait supposer l’expérience de chaque individu. La configuration des rivages atlantiques de la France a été largement modifiée depuis cette époque ; de part et d’autre de l’estuaire de la Loire, en Brière, dans le golfe du Morbihan et du Mor-Braz, comme pour ce qui correspond aujourd’hui à l’île de Noirmoutier ; mais aussi pour ces larges dépressions, alors en cours de comblement, que sont le Marais poitevin ou la Baie du Mont-Saint-Michel et son marais de Dol-de-Bretagne. Nous avons eu la chance, collectivement, de pouvoir développer sur le long terme deux projets de recherche complémentaires ; le premier, sur un grand monument funéraire situé sur le bassin versant des affluents au Marais poitevin, à Prissé-la-Charrière dans les Deux-Sèvres ; le second, sur une vaste enceinte conservée en élévation, autour de la butte de Lillemer, dans le marais de Dol en Ille-et-Vilaine. Le premier de ces deux projets est indissociable de l’étude des très grands tumulus néolithiques dont les nécropoles de Tusson et de Luxé, en Charente, sont certainement parmi les meilleurs exemples, en France et en Europe. Le second de ces projets demande à être confronté aux résultats les plus récents, acquis notamment grâce à l’archéologie préventive, sur d’autres enceintes fossoyées (en plaine cette fois-ci) comme celle du Goulet, dans l’Orne. Ces quatre sites feront, chacun, l’objet d’un article séparé dans ce numéro. Une dizaine d’encadrés éclairent et complètent, notamment par quelques découvertes très récentes effectuées sur d’autres sites de la même région, les principales idées ou les principales démonstrations proposées dans chacun de ces quatre articles. 

 

Dans tous les cas, nous sommes ici confrontés aux tout premiers monuments de la façade atlantique de l’Europe. Quelle mouche a donc piqué ces sociétés agro-pastorales du Néolithique moyen, pour investir aussi massivement dans des travaux collectifs si imposants que leurs vestiges, aujourd’hui et six millénaires plus tard, nous frappent encore d’étonnement ? Les premiers découvreurs des grands tumulus néolithiques de Normandie, de Bretagne ou du Poitou, n’ont pas manqué d’y voir des « tombes de chef ». Pour peu qu’ils aient pu faire le lien avec les enceintes fossoyées, ils n’auraient pas manqué non plus d’ériger ces dernières en lieux de pou- voir et de résidence. Aujourd’hui, il est plus convenu de parler de hiérarchisation sociale ou de développement des inégalités. La question du pouvoir, comme celles de la propriété et de la valeur des biens, tiennent effectivement une place importante dans la réflexion sur nos sociétés contemporaines. Il n’est pas illégitime d’en rechercher les traces dans ce que nous pouvons essayer de déduire quant à l’organisation des sociétés du passé. Pour autant, n’y aurait-il pas un certain anachronisme à faire de ces questions, et d’elles seules principalement, un des éléments clefs pour comprendre et classer les sociétés préhistoriques et protohistoriques, notamment au travers de leurs réalisations les plus spectaculaires ? De tels critères sont-ils réellement les plus pertinents pour distinguer entre elles les premières sociétés agropastorales d’Europe occidentale, comme pour les différencier de leurs prédécesseurs et de leurs successeurs ? 
Bien entendu, de tels débats ne peuvent être appréhendés qu’à des échelles géo- graphiques nettement plus vastes ; les comparaisons qui sont parfois proposées entre le Mégalithisme atlantique, en particulier celui de l’ouest de la France, et des nécropoles partiellement contemporaines comme celles de Varna, en Bulgarie, n’ont pas d’autres fondements. Un véritable mégalithisme existe également sur les pourtours de la mer Noire, alliant monuments funéraires mégalithiques et files de pierres dressées. Ce mégalithisme-là ne semble pas être associé à la nécropole de Varna, ni dans le temps, ni dans l’espace. Tant sur les rives de l’Atlantique qu’en Europe orientale ou dans le Caucase, tout les oppose même pour ce qui est du traite- ment des corps comme pour la nature et la structuration des dépôts dans la tombe. L’investissement consenti par le groupe porte sur des réalisations de nature très différente, puisqu’il s’agit d’aménagements collectifs pour les premiers, d’objets manufacturés strictement attribués à un défunt en particulier, pour les seconds. Pour le mégalithisme atlantique, il y eu certes sélection d’un nombre limité de défunts, associés (différemment par-fois) à chaque monument funéraire : 
mais sur quels critères cette sélection a-t-elle  été  opérée ?  L’Europe  atlantique  ne  connaît  pas  non  plus  ces énormes tells qui parsèment le sud-est de l’Europe : la question du degré du sédentarisation – ou de mobilité – des groupes concernés est même au cœur des discussions sur les premiers développements du Néolithique dans les îles britanniques, comme il pour-rait l’être dans l’ouest de la France. 
Quant à la démographie de ces popu-lations, dans le détail, cela reste un sujet  bien  controversé  et  difficile  à appréhender. Les nouvelles pistes de recherche  sont  donc  extrêmement nombreuses.  Les  incertitudes  également.  Les  articles  proposés  dans ce  numéro  d’Archéo-Théma,  tente-ront  d’exposer  ce  que,  aujourd’hui, nous  pensons  avoir  acquis  comme connaissances sur le sujet, au travers de quelques exemples.
Par Luc Laporte

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Le Tumulus de Péré

 

 

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